Discours de Laurence Rossignol - Journée Maman Travaille

Mardi 8 Décembre – Ministère des Affaires Sociales - Salle Laroque

Seul le prononcé fait foi

Madame la Présidente de Maman Travaille (Marlène SCHIAPPA),
Madame la Directrice de Parole de Maman (Leslie SAWICKA, organisatrice du Spot E-fluent Mum),
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs, les représentants des associations,
Mesdames, Messieurs

Je suis heureuse que le Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes ait accueilli cette journée d’échanges féconds, d’interventions surprenantes, et d’initiatives prometteuses.
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Nous savons que le modèle familial a profondément évolué au cours des dernières années. Il s’est diversifié et complexifié. Des formes de vie conjugale, peu connues de la génération précédente, se sont généralisées. Pour autant, la famille, sous quelque forme qu’on la considère, demeure le lieu privilégié de la solidarité, la valeur fondamentale partagée par tous les Français.

Dans cette extraordinaire pluralité, la France tient une place unique en Europe, puisqu’elle parvient à concilier une natalité dynamique et un fort taux d’activité des femmes. C’est cette articulation, entre la vie familiale et la vie professionnelle, le rôle de mère et le rôle de femme, que je m’efforce de promouvoir au Secrétariat d’Etat. En bref : « maman travaille ! ».

On se souvient de la phrase de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. » Je crois pouvoir en dire autant de la parentalité.

Les ateliers au cours de cette journée ont montré combien il n’est pas inné d’être parent. Combien la naissance d’un enfant est une expérience unique, formidable, l’accomplissement de toute une vie. Mais c’est aussi, souvent, une expérience bouleversante, une immense remise en question, qui suppose des repères stables et des soutiens solides.

C’est pourquoi le Gouvernement a fait du soutien à la parentalité une priorité. Cette politique familiale volontaire, c’est évidemment des aides financières. Mais c’est aussi, et surtout, le développement des modes d’accueil du jeune enfant. Modes d’accueil diversifiés, adaptés aux besoins et aux attentes des parents : les crèches, les assistantes maternelles, les « nounous » à domicile, l’école maternelle pour les enfants de moins de 2 ans.
Ce sont tous ces modes d’accueil que le Gouvernement a souhaité développer, en étroite collaboration avec les collectivités locales. Les crèches, mode d’accueil privilégié des Français, ont fait l’objet d’une attention toute particulière.

Depuis 2012, nous sommes parvenus à créer 42 700 places de crèches, dans un contexte budgétaire très contraint.

Pour prolonger cette dynamique, je suis ravie que l’univers associatif propose des solutions innovantes, comme le « Pacte transparence crèche ». J’adhère pleinement à ses principes de transparence, de visibilité et d’accessibilité. Trop souvent, les parents ne sont pas informés des places disponibles qui existent à leur portée. Accroître la communication autours des lieux d’accueil, grâce aux nouvelles technologies notamment, sera un grand défi des prochaines années.

Bien entendu, réunir des commissions d’attribution de places en crèche relève de la compétence des collectivités locales. Mais la démarche du Gouvernement est de co-construire, avec les villes et les départements, les dispositifs de soutien à la parentalité, ou le développement des modes d’accueil. C’est pourquoi j’encourage toutes les collectivités à s’engager avec vous, et à signer ce pacte de transparence.

Le développement des modes d’accueil, c’est aussi permettre aux parents de confier leurs enfants à des professionnels qualifiés, en toute sérénité. Pour susciter confiance et sérénité, pour déculpabiliser les parents, le Gouvernement a engagé un mouvement de professionnalisation des métiers de la petite enfance. Une mission a été confiée à Syviane GIAMPINO, un débat scientifique et technique sera organisé ici même le 15 janvier et une première restitution me sera faite dans la foulée.

Mais je suis convaincue que nous pouvons faire davantage encore, et vos initiatives en apportent la preuve. Par exemple, pour offrir plus de flexibilité aux parents, et notamment aux parents éloignés de l’emploi, j’ai souhaité développer des crèches à vocation d’insertion professionnelle. Elles permettent de concilier un accueil adapté du jeune enfant et un accompagnement des parents, par un personnel du service public de l’emploi.

Le soutien à la parentalité, c’est aussi une attention toute particulière aux situations de fragilité. Je pense évidemment aux familles monoparentales, constituées à 85% de mères qui élèvent seules leurs enfants. Ce sont elles qui connaissent le plus de difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle. Elles qui sont le plus vulnérables, le plus touchées par l’isolement et la précarité. Pour répondre à ces situations difficiles, le Gouvernement a tenu à revaloriser les prestations qui les concernent directement. Mais les aides financières ne résolvent pas tout.

Ces mères cumulent souvent plusieurs emplois, elles gèrent seules les tâches quotidiennes, l’éducation des enfants. Ce qui leur manque cruellement, c’est le temps. Du temps pour soi.

C’est pourquoi j’ai réuni il y a quelques semaines plusieurs associations de parrainage de proximité, de lutte contre les inégalités, d’éducation populaire. Je souhaite impulser un réseau national qui organise localement des solidarités autour des familles monoparentales, pour leur permettre de trouver du temps et de retisser du lien social.

L’action de l’Etat ne pourra jamais se substituer aux associations, aux innovations citoyennes, individuelles et collectives. Les réseaux sociaux, les blogs ou les journaux comme « Parole de Mamans » fondé par vous-même chère Marlène SCHIAPPA, et dont la direction de la publication est assurée par Leslie SAWICKA, sont des outils formidables au développement illimité. Pour consolider la dynamique initiée par le nouveau dispositif en faveur des familles monoparentales que je porte, j’ai besoin de m’appuyer sur des démarches avec un impact aussi fort que les vôtres.

Je vous remercie.

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