Discours de Laurence Rossignol - Signature de la Charte « Mieux manger, moins jeter » EHPAD « Erik Satie »

Mardi 8 décembre 2015 à 11h - Bonneuil-sur-Marne (94)

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Maire,
Madame la Vice-Présidente du Conseil,
Monsieur le Directeur Territorial de l’ARS du Val de Marne,
Monsieur le Président du Groupe SOS Seniors,
Monsieur le Délégué régional de la FEHAP,
Madame la Directrice de l’EHPAD Erik Satie,
Mesdames, messieurs les professionnels,
Mesdames, messieurs les résidents,
Mesdames, messieurs,

Les échanges que nous avons pu avoir au cours de cette visite me font dire avec certitude que nous sommes aujourd’hui réunis dans un lieu dans lequel il fait bon vivre.

Le « bien vieillir » prend ici tout son sens, et je dirais même, tous ses sens. Vous avez mené ici un véritable travail qui touche à la fois au lien social, à la préservation de l’environnement, et bien évidemment, à la qualité des soins apportés aux résidents.

Je tiens donc à saluer le travail remarquable des équipes de cet établissement, ainsi que l’engagement du Groupe SOS dans la gestion de ce projet.

Je sais le groupe SOS particulièrement attaché à développer des projets d’innovation sociale et je tiens à vous apporter tout mon soutien dans cette démarche. Notre société voit aujourd’hui apparaître de nouveaux défis à commencer par celui du vieillissement de la population pour lequel nous sommes aujourd’hui réunis. Des besoins nouveaux voient le jour et appellent toute l’ingéniosité solidaire des citoyens, des entreprises, des associations, des pouvoirs publics, pour construire des réponses adaptées et ambitieuses.

Au fil des visites et des rencontres depuis mon arrivée à ce Secrétariat d’Etat, j’ai pu constater que l’on retrouve dans les EHPAD une formidable capacité à générer du lien social et à innover, une capacité d’ailleurs bien souvent insoupçonnée.

Les EHPAD souffrent des idées reçues qui voudraient en faire des lieux moroses et déconnectés du monde extérieur.

Aujourd’hui, une fois nouvelle fois, nous avons la preuve par l’exemple que ces établissements abritent aussi de belles initiatives citoyennes et conviviales et ont ainsi pleinement rejoint la mobilisation collective en faveur d’un développement durable. A l’heure de la COP 21, nous sommes amenés à réinterroger nos façons de consommer, de nous alimenter, et cela nous concerne tous : des tout petits jusqu’aux plus âgés !

C’est pourquoi j’ai annoncé, en octobre dernier, le lancement de la Charte « Mieux manger, moins jeter » en EHPAD. La lutte contre le gaspillage alimentaire et la promotion d’une alimentation de qualité constitue deux piliers complémentaires. L’enjeu est simple : offrir une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins des résidents est un objectif en soi, qui permet également de réduire la production de déchets alimentaires.
Cette démarche présente au moins trois intérêts majeurs :

  • Un intérêt écologique : Alors que la production annuelle d’ordures ménagères a doublé en 40 ans, nous participons ici à inverser la tendance.
  • Un intérêt économique : Adapter les quantités cuisinées permet également d’ajuster le coût de la restauration au plus proche des besoins.
  • Enfin, un intérêt du point de vue de la santé et du bien-être des résidents. Nous savons le rôle que joue l’alimentation dans la prévention de la perte d’autonomie. Nous connaissons également le plaisir de partager un repas et d’en apprécier toutes les saveurs.

Les initiatives autour de l’alimentation sont aussi de formidables vecteurs de lien intergénérationnel comme en témoigne le concours « Silver Fouchette » organisé par la FEHAP et le Groupe SOS
.
Il n’est donc pas étonnant que près de la moitié des résidents en EHPAD estiment que pour se sentir bien, il faut avant tout avoir une alimentation saine et équilibrée !

Cette nouvelle Charte « Mieux manger, moins jeter » permettra d’engager les établissements dans une démarche, de valoriser leurs actions et d’encourager leur développement. Elle a été élaborée en concertation avec les fédérations du secteur, à partir des remontées de terrain. A ce propos, je tiens à saluer tout particulièrement la contribution constructive de la FEHAP à la rédaction de cette Charte.

La démarche menée ici est exemplaire, et vous l’aurez compris, je suis ravie que cet établissement devienne aujourd’hui le premier signataire de la Charte « Manger mieux, moins jeter ». Et je souhaite que vous puissiez en inspirer bien d’autres !

Vous avez mis en oeuvre des actions concrètes qui justifient pleinement la reconnaissance de votre engagement qui pourra être apprécié par les résidents et leurs familles. Ces derniers seront les garants de l’effectivité de cette Charte qui constitue une première étape avant la mise en place d’un dispositif plus contraignant comme le label.
Les 3 objectifs de la Charte sont pleinement poursuivis ici :

  • Mieux manger : C’est l’objectif que vous vous fixez en disposant d’une cuisine sur place, et en étant vigilant à la présentation des aliments, leur qualité et à l’environnement dans lequel les repas sont servis.
  • Moins jeter : C’est précisément ce que vous faites en organisant la collecte des biodéchets mais également, en initiant une expérimentation « zéro déchets » qui permettra d’adapter les quantités consommées et d’encourager les circuits courts.
  • Informer, former, évaluer : C’est la démarche que vous avez entreprise auprès des équipes en les sensibilisant à la réduction de consommation d’eau, d’énergie et la production de déchets.
  • Votre engagement autour de l’alimentation et des déchets prolonge l’effort plus global que vous avez entrepris dans le fonctionnement de cet établissement, en cherchant à mieux isoler ces locaux au travers de toitures végétalisées ou encore à réduire votre consommation énergétique au travers de l’installation de panneaux solaires. J’évoquais au début de mon intervention une mobilisation de votre établissement en faveur du bien vieillir sous tous ses angles. Un an après le lancement du plan maladies neurodégénératives, je tenais tout particulièrement à saluer votre engagement à accompagner au mieux les personnes atteintes de troubles neurodégénératifs et de venir en soutien de leurs proches aidants.

J’étais d’ailleurs ce matin à l’ouverture des 9èmes rencontres de France Alzheimer, une association qui a grandement participé à ce que les pouvoirs publics reconnaissent le rôle des 4 millions de proches aidant une personne âgée, mais également à ce que ces derniers se reconnaissent eux-mêmes en tant que tel.

Le projet de loi relatif à l’adaptation au vieillissement que je porte constitue une avancée sociale majeure. Grâce à cette loi, le statut de proche aidant sera désormais reconnu en droit. Et pour eux, nous créons un droit nouveau : le « droit au répit ». Il s’agit d’une aide financière, pouvant s’élever jusqu’à 500 euros par an, qui donnera aux aidants les moyens de prendre du repos, en finançant une semaine d’hébergement temporaire, 15 jours en accueil de jour ou un renforcement de l’aide à domicile.

Les places dédiées à l’accueil temporaire au sein de cet établissement constituent de précieux relais pour des aidants dévoués et bien souvent épuisés. Avec la création du droit au répit, je souhaite que ces places puissent être de plus en plus sollicitées.

Je tiens aussi à vous féliciter pour votre longueur d’avance sur le sujet puisque vous expérimentez d’ores et déjà l’accueil de résidents durant la nuit. Ces places répondent à un véritable besoin, mais encore insuffisamment pris en compte. L’accueil de nuit permet de soulager les aidants de proches dont les déambulations nocturnes les empêchent souvent de pouvoir véritablement se reposer.

Je souhaite donc que votre expérience puisse participer à améliorer le fonctionnement de l’accueil temporaire, notamment au niveau de l’accueil de nuit et d’urgence, afin que nous répondions au mieux aux attentes des personnes âgées et de leurs familles.

Le défi du vieillissement de notre population est l’un des plus beaux que notre société ait à relever. Pour y répondre, une loi a été attendue pendant des années. C’est désormais chose faite avec le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement qui arrive au terme de son parcours parlementaire et pourra ainsi entrer en vigueur au 1er janvier 2016 comme s’y était engagé le Gouvernement.

Cette loi est le symbole d’un engagement financier soutenu en faveur de l’accompagnement du vieillissement. C’est un choix politique : celui de continuer d’élargir nos protections collectives et de créer des droits sociaux nouveaux.

Cette loi mobilise également l’ensemble de la société et des politiques publiques autour du défi du vieillissement. Et je suis donc ravie de pouvoir signer avec vous dans quelques instants la Charte « Mieux manger, moins jeter » qui est une traduction concrète de cette mobilisation, tant au regard des différents acteurs qu’elle réunit, que des divers champs d’intervention à la fois sociaux, sanitaires et environnementaux qu’elle interpelle.

Je vous remercie.

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