Discours de Marisol Touraine - Conférence de presse pour la présentation du 1er comparateur des prix des maisons de retraite - Mercredi 14 décembre 2016

Seul le prononcé fait foi

Madame la ministre, Pascale Boistard,
Monsieur le directeur général de la cohésion sociale,
Madame la directrice générale de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), Geneviève Gueydan,
Mesdames, Messieurs,

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L’allongement de l’espérance de vie est l’un des plus beaux progrès des décennies écoulées. En l’espace d’un siècle, nous avons ajouté une génération à nos familles. Le grand défi auquel nous faisons face, c’est de permettre à chacun d’en profiter en bonne santé.

Aujourd’hui, une personne de plus de 85 ans sur trois est en perte d’autonomie et nécessite un soutien, une aide, un service ou une prise en charge. Pour nos grands aînés, c’est souvent une nouvelle étape de la vie qui commence, qui doit s’inscrire dans la continuité avec les précédentes, sans rupture, sans césures.

I. C’est pour permettre à chacun d’appréhender cette étape de vie dans la sérénité que depuis 2012, nous sommes mobilisés pour construire, ensemble, une société du « bien vieillir »

Depuis près de 5 ans maintenant, nous avons pris toute la mesure du changement démographique que connaît notre pays en prenant des mesures fortes pour répondre à toutes les attentes de nos aînés et de leurs proches.

Mieux vieillir, c’est d’abord pouvoir vivre sa retraite dignement. C’est ce qu’a permis la loi garantissant l’avenir et la justice de notre système de retraites : nous avons renforcé les droits de nos aînés. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) a été revalorisée à 800 euros, le pouvoir d’achat des retraités modestes a été revalorisé par la baisse ou la suppression de la CSG, par le virement d’une prime d’exception, et nous avons – enfin – pris en compte la pénibilité de l’activité professionnelle pour permettre à ceux qui ont eu des conditions de travail pénibles de partir plus tôt à la retraite.

Mieux vieillir, c’est aussi être mieux accompagné au quotidien, dans les tâches les plus simples lorsque l’on devient moins autonome. C’est le sens de la loi d’adaptation de la société au vieillissement qui a permis de renforcer les droits des personnes âgées et de les aider concrètement au quotidien. Dans un contexte budgétaire contraint, ce sont 740 millions d’euros supplémentaires par an qui sont alloués à l’accompagnement de l’autonomie des personnes âgées. Pascale Boistard a réalisé un travail considérable pour que les mesures attendues entrent effectivement en vigueur, malgré des résistances locales injustifiables.

Nous leur avons donné la possibilité de rester à domicile le plus longtemps possible en augmentant de manière considérable l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Aujourd’hui, plus d’1,2 million de personnes perçoivent cette aide, qu’elles résident à leur domicile ou en établissement. Les personnes d’âgées avec une perte d’autonomie réduite bénéficient désormais d’une heure supplémentaire d’aide à domicile par semaine ; quant aux personnes âgées les plus dépendantes, c’est une heure supplémentaire par jour.

Avec cette loi, nous avons aussi voulu mieux considérer le travail de celles et ceux qui, au quotidien, accompagnent les personnes âgées à leur domicile en instaurant un droit au répit pour les aidants afin qu’eux aussi, puissent « souffler ».

Pour aller plus loin, nous avons également introduit dans la dernière loi de finances le crédit d’impôt au titre de l’emploi à domicile pour les personnes âgées dès 2017. Cela permettra de réparer une injustice puisque, jusqu’à présent, seules les personnes âgées dépendantes qui payaient l’impôt sur le revenu pouvaient avoir une réduction. Aujourd’hui toutes les personnes, quel que soit leur niveau de revenu, bénéficieront d’un crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile.

II. Répondre aux besoins de nos aînés, c’est aussi apporter une information fiable et des réponses concrètes sur le logement, la prise en charge

Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr que nous avons mis en place en juin 2015 répond à l’exigence de service public d’information que j’ai voulu garantir à tous les citoyens. Chacun, quels que soient son âge, son origine, son parcours, son statut, doit pouvoir accéder à une information claire et lisible sur ses droits. Cela concerne le domaine de la santé bien sûr, mais aussi celui de la protection sociale.Nous avons ainsi lancé récemment le compte personnel retraite qui connaît un grand succès et, au cours du premier trimestre de l’année 2017, nous lancerons le nouveau portail numérique des droits sociaux qui permettra à chacun de se repérer et d’exercer au mieux ses droits.

Ce portail pour les personnes âgées contribue à cette dynamique de simplification.

Avec ce portail nous avons facilité le quotidien des personnes âgées et de leurs proches qui peuvent désormais trouver « à portée de clic » des informations sur l’aide à domicile, l’aménagement d’un logement, les droits des aidants. Un annuaire très complet permet de recenser les coordonnées de 12 000 établissements et services s’adressant aux personnes âgées. Mis en ligne en juin 2015, le site rencontre un grand succès : il recense déjà 2 000000 de visites depuis son lancement.

III. Aujourd’hui, avec le lancement du premier comparateur des prix des maisons de retraite, nous franchissons une étape supplémentaire pour simplifier les démarches des personnes âgées et de leurs proches et pour renforcer la transparence sur les prix

Pour la première fois, nous mettons à disposition de tous les Français un comparateur officiel des tarifs de près de 7000 maisons de retraite

Concrètement, chacun peut sélectionner jusqu’à trois établissements à la fois et comparer les prix des chambres et les prestations, qu’elles soient obligatoires (restauration, entretien de la chambre) ou facturées en supplément, comme la mise à disposition d’une télévision. L’internaute sait alors précisément ce que recouvre le tarif indiqué et ce qui lui sera facturé. Il peut, par la suite, directement télécharger son dossier de demande d’admission.

Par ailleurs, grâce à la nouvelle version du simulateur de reste-à-charge, les Français peuvent calculer ce qu’il leur reste à payer à la fin du mois, après déduction des différentes aides. Avec ce comparateur, nous répondons aux besoins concrets des personnes âgées et de leurs proches.

Pour que ces services bénéficient à tous, nous allons faire connaître le portail en lançant au début de l’année 2017 une campagne d’information.

Mesdames, Messieurs,

Avant de terminer, je veux saluer le travail qui a été mené pour concevoir et actualiser ce site. Il n’aurait pu voir le jour sans un partenariat efficace entre le ministère – en particulier la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) - et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Je n’oublie pas non plus la coopération des départements, des associations de personnes âgées, d’usagers, d’aidants, les fédérations d’établissements et de services, ainsi que les caisses de sécurité sociale.

Ce portail, dans sa version actualisée, marque une étape importante pour le service public d’information à destination de nos aînés. C’est donner à chacun le pouvoir de choisir une prise en charge en toute connaissance de cause et dans le respect de ses convictions. C’est le droit de pouvoir comparer pour trouver la solution qui convient le mieux selon ses besoins et ses envies.

Je vous remercie.

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