Discours de Pascale Boistard - « Adaptation de la société au vieillissement »

4 octobre 2016

Madame la Ministre,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui, en ce début de Semaine Bleue, pour saluer la mobilisation de la société française face au défi majeur de la transition démographique. Mais aussi pour rappeler que cette mobilisation ne doit pas faiblir. Au contraire, elle doit s’amplifier.

Nous impulsons une vraie révolution dans l’ensemble de la société. Elle consiste à redonner toute leur place, sociale, humaine et citoyenne à nos aînés. Faut-il rappeler que les plus de 65 ans contribuent encore à la richesse de notre pays ? Ils sont 4 millions à être bénévoles associatifs actifs. Par ailleurs, ils assurent la moitié des heures de gardes d’enfants dans le pays.

A travers les missions qui m’ont été confiées par Monsieur le Président de la République, je vois les mentalités évoluer, les problématiques avancer, et les acteurs s’engager. C’est bien pour cela que nous sommes investis, chacune et chacun à notre niveau.

C’est parce que nous avons décidé d’être ambitieux, de regarder en face ces nouveaux défis et de les traduire en actes, que nous pouvons avancer ensemble. Alors bien sûr, tout changement engendre parfois des réticences. Mais il libère dans le même temps, les volontés, les innovations et les imaginations. Sachons alors rassurer, construire et mobiliser.

Vous êtes toutes et tous ici conscients de la nature des enjeux qui sont liés au vieillissement de la société.

Dès 2012, la question de l’adaptation de la société au vieillissement a été une priorité pour le gouvernement. Il fallait mobiliser la société pour que la France soit au rendez-vous de la transition démographique à l’œuvre.

Nous avons mis tous les acteurs concernés autour de la table, dans la concertation, en nous appuyant sur les expertises de chacun.

La loi d’adaptation de la société au vieillissement a été élaborée pour les personnes âgées, pour leur famille, pour leur entourage, pour toutes celles et ceux, professionnels et bénévoles, qui les accompagne.

En France, les personnes âgées veulent dans leur grande majorité vieillir chez elles le plus longtemps possible. C’est pourquoi la question du domicile est centrale dans la loi. Les volontés de nos aînés sont ainsi réellement prises en compte.

Il était de notre devoir de mobiliser tous les moyens nécessaires, qu’ils soient financiers, institutionnels ou humains.

Ce sont désormais 740 millions d’euros supplémentaires qui sont affectés par l’Etat aux départements pour répondre aux besoins des personnes âgées. Les départements ont été confirmés comme chef de file de l’action sociale sur leurs territoires, ils ont reçu début avril les financements pour mettre en œuvre les mesures de la loi.

Ils ont désormais les moyens d’élaborer et de conduire des politiques plus ambitieuses. La revalorisation de l’allocation personnalisée d’autonomie à hauteur d’un demi-milliard d’euros, l’augmentation des salaires pour la branche d’aide à domicile et le droit au répit pour les aidants sont trois avancées importantes, qui étaient attendues et que nous sommes en train de réaliser.

Permettre à nos aînés de bien vieillir, c’est également prendre en compte les difficultés financières auxquelles certains peuvent être confrontés.

Nous ne sommes pas tous égaux face au vieillissement. Et nous devons, dans un esprit de justice sociale, permettre à chacune et chacun d’envisager l’avancée en âge de la manière la plus sereine.

En complément de la loi, et dans quelques jours, nous allons étendre aux retraités non imposables le crédit d’impôt pour les emplois à domicile : c’est un milliard d’euros supplémentaires pour 1,3 millions de ménages qui sont mobilisés pour le bien vieillir en France.

Là aussi, nous rétablissons une mesure de justice sociale et fiscale. Les personnes retraitées non imposables, les plus modestes, avaient été exclues de ce dispositif créé en 2007. Ils pourront ainsi bénéficier d’aides à domicile pour soulager leur quotidien et celui de leur famille, tout en soutenant ces emplois.

Par ailleurs, nous travaillons actuellement sur la diminution de la taxe sur les salaires pour les associations du médico-social.

Enfin, nous avons créé le droit au répit. Un droit nouveau. Pour la première fois dans notre pays, le statut des aidants est reconnu.

Les aidants, ce sont ces millions de personnes : des conjoints, des proches, dont la vie est bouleversée. Je tiens à les saluer. Ils font preuve de dévouement, souvent, au détriment d’eux-mêmes, de leur santé. Car venir en aide quotidiennement à une personne dépendante est un engagement lourd de conséquences.

Dès le 1er janvier 2017, les aidants qui sont salariés vont pouvoir bénéficier du « congé proche aidant », afin de mieux articuler vie professionnelle et vie privée.

Ce congé, d’une période de trois mois, renouvelable, est une mesure de justice sociale qui était très attendue.

Vous le voyez, la volonté politique est au rendez-vous depuis 4 ans. Les actes sont là.

Au-delà de la loi, c’est à la société toute entière de se mobiliser. C’est pourquoi la grande enquête « Heureux dans ma ville », pilotée par Notre Temps et le Réseau Francophone Villes amies des Aînés s’inscrit dans cette dynamique qui invite nos aînés à s’exprimer sur leurs territoires. Ce qui ressort de tous les témoignages, c’est qu’ils souhaitent être des acteurs à part entière des projets qui les concernent.

Alors, continuons ensemble à construire une société bienveillante et solidaire. Une République du respect.

Pour que, tout simplement, la vie soit plus douce.