Thème 2 : Promouvoir la santé au quotidien

"Lutter contre le sida, c’est certes mobiliser des moyens à la hauteur de l’épidémie, mais c’est également réinventer une morale, rappeler que l’homme est homme, pleinement homme, et ne peut se réduire à une maladie, un nombre de globules, ou à un qualificatif, comme « séropositif » ou « séronégatif ». La réponse sera humaniste ou elle ne sera pas. Elle doit se manifester au sein du couple, de la famille, de l’école, de l’hôpital, de l’entreprise, de la société tout entière"
Déclaration lors de la conférence de presse du 13 mai 1993 consacrée à l’annonce du plan d’urgence de lutte contre le sida

Convictions

Consciente des risques pour la santé de certains comportements, Simone Veil est convaincue que l’État a une responsabilité essentielle dans l’information et l’éducation à la santé. La ministre est ainsi à l’initiative des premières grandes campagnes de prévention, relayées par les médias et le personnel éducatif, afin de sensibiliser et responsabiliser les individus.

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Actions

Entre 1974 et 1979, la prévention contre le tabagisme et l’alcoolisme constitue une priorité de l’action de Simone Veil.

• Dès 1975 est mise en place la première campagne de prévention contre le tabagisme.
• La loi du 9 juillet 1976 réglemente la publicité pour le tabac. La ministre, consciente de son influence et de son image, s’abstient dès lors de fumer en public.
• En 1977 est lancée une campagne pour lutter contre l’alcool au volant.

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Entre 1993 et 1995, la prise en charge des malades du sida et la lutte contre la contamination représentent pour Simone Veil et son ministre délégué à la Santé, Philippe Douste-Blazy, une véritable urgence sociale et sanitaire.
• Ils consacrent leur première conférence de presse du 13 mai 1993 au plan de lutte contre le sida.
• La ministre mène une action humaniste au service des malades du sida et de leurs familles, à une époque où la trithérapie n’existant pas encore, cette infection est mortelle. Et ainsi, les crédits pour le maintien des malades à domicile sont doublés, des mesures de soutien psychologique sont financées et le réseau « ville-hôpital » est renforcé.

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• Des actions de prévention importantes sont mises en oeuvre, notamment chez les personnes toxicomanes. Cette politique dite de réduction des risques est à l’époque très novatrice :
- L’opération « préservatif à 1 franc » est lancée en décembre 1993.
- En 1994 est introduit le Stéribox®, une trousse vendue 5 francs en pharmacie et contenant des cotons et des seringues stériles.
- La délivrance de deux produits de substitution à l’héroïne, la méthadone et le subutex, est légalisée en 1995.
• Au plan international, la France organise, le 1er décembre 1994 à Paris, à l’initiative de Simone Veil, un sommet sur le sida qui réunit 42 pays et dont la déclaration finale préconise un renforcement de la coopération en faveur des pays les plus démunis.

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Les convictions humanistes de Simone Veil marquent également la politique menée dans le domaine de l’hôpital. Convaincue qu’il faut considérer le malade avant tout comme une personne, la ministre accentue le mouvement d’humanisation des hôpitaux officiellement lancé en 1958 : éditée en septembre 1974, la première charte du malade hospitalisé, distribuée à toute personne hospitalisée, affirme le droit pour le malade au respect de sa dignité.
Plus largement, la ministre cherche à améliorer la qualité des soins en modernisant la gestion hospitalière et en mettant en place des outils de planification de l’offre de soins. Ainsi, la loi du 18 janvier 1994 développe les structures de coopération inter-hospitalière et regroupe des services hospitaliers, tandis que 26 schémas régionaux d’organisation sanitaire sont adoptés.

Héritage

• Approfondissant la loi du 9 juillet 1976, la loi du 10 janvier 1991 interdit de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif.
• La politique de réduction des risques initiée par Simone Veil a été amplifiée par la suite.
• Dans la continuité de la politique hospitalière menée par Simone Veil, de nouveaux droits sont conférés aux malades. La loi du 4 mars 2002 instaure ainsi le droit à l’information et le droit à « l’indemnisation en cas d’intervention médicale ayant engendré un dommage ».