Thème 3 : Renforcer les solidarités et moderniser la politique de la ville

"La politique de la ville constitue une approche originale de la lutte contre l’exclusion. Cette politique a pour objet d’améliorer la vie de tous les habitants des quartiers qui connaissent des difficultés particulières, en s’appuyant sur ce formidable vivier de solidarité et d’invention que constitue la vie des cités. Il est bien clair pour moi que les opérations de réhabilitation, si nécessaires, ne sont pas un simple ravalement, mais bien des actions entreprises pour et avec les habitants, des actions qui doivent donner envie de rendre la ville plus accueillante, et moins dure à vivre. Pour tous"
Discours du 11 avril 1994 à Troyes

Convictions

Le fait que Simone Veil demande elle-même, en 1993 à Édouard Balladur, d’adjoindre à ses fonctions de ministre des Affaires sociales et de la Santé celles de ministre de la Ville révèle son intérêt pour ce champ d’action et souligne combien elle est consciente à la fois de l’importance des enjeux dans ce domaine et de la nécessité d’y mener une politique ambitieuse et forte.

Simone Veil s’intéresse à la politique de la ville à travers le prisme du social, de l’éducation, de l’emploi mais aussi de l’intégration. Elle poursuit l’objectif général de préservation des solidarités et de lutte contre l’exclusion.

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Actions

Durant ses deux périodes d’exercice comme ministre, Simone Veil mène une politique sociale qui vise à garantir un niveau élevé de solidarité et de cohésion dans la société, au service notamment des personnes handicapées et des personnes âgées.

• À l’initiative de son secrétaire d’État à l’action sociale, René Lenoir, est votée la loi du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées, qui représente une importante avancée sociale en reconnaissant les droits des personnes handicapées dans la société.
• À son retour au ministère en 1993, Simone Veil met l’accent sur le développement des structures de travail et d’hébergement pour les personnes handicapées et sur l’amélioration de leur vie quotidienne ; un fonds interministériel d’accessibilité des bâtiments et des transports est ainsi créé.
• Elle décide en 1995 que l’autisme doit devenir une priorité de santé publique.
• Consciente des enjeux médicaux, sociaux et économiques soulevés par le vieillissement de la société, la ministre lance des expérimentations relatives à la dépendance dans un certain nombre de départements.

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La lutte contre la pauvreté et l’exclusion constitue un autre axe important de l’action de Simone Veil, à l’origine d’interventions en faveur de l’accès aux soins des plus démunis et de mesures pour répondre à l’urgence sociale. La ministre crée des plans départementaux d’urgence en faveur des personnes sans abri ainsi que des « Boutiques de Solidarité », dédiées à l’accueil de jour. Elle relance la lutte contre l’illettrisme.

Pour favoriser l’insertion par l’emploi, Simone Veil développe, avec le ministre du Travail et de l’Emploi, Michel Giraud, les contrats emploisolidarité pour les allocataires du RMI.

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C’est probablement dans la politique de la ville que Simone Veil met en oeuvre la vision la plus innovante.

• Tournant le dos à des décennies centrées sur la rénovation urbaine, la ministre privilégie une approche transversale. Pour la première fois, elle obtient un fléchage des mesures en matière d’emploi et d’insertion sociale au bénéfice des quartiers de la politique de la ville, avec par exemple des quotas d’emplois aidés.
• À sa demande, une part substantielle des crédits du plan de relance de 1994 - 1995 est consacrée à la rénovation des services publics et à l’implantation d’équipements de proximité : écoles, crèches, centres sportifs, ANPE, missions locales, commissariats de police, antennes de justice.
• Entre 1993 et 1995, la ministre effectue 35 déplacements dans les quartiers.

Enfin, dans le contexte de la réforme du droit de la nationalité en 1993, Simone Veil porte une attention particulière à l’intégration des femmes immigrées, pour lesquelles sont réservés des contrats emploi-solidarité.

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Héritage

En matière sociale, Simone Veil a donné des impulsions décisives :

• La loi de 1975 sur le handicap est restée la pierre angulaire de la politique du handicap.
• Depuis 1995, les actions menées en matière de politique de la ville prennent en compte le social et intègrent les questions de l’ éducation, de l’emploi et de l’insertion.