Lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales

Ce rapport, réalisé par ECPAT France et International, permet d’évaluer les progrès accomplis quant à la réalisation des engagements pris par la France. De manière générale, il note le manque d’information chronique dans le domaine du rétablissement et de la réinsertion des victimes et préconise des actions en faveur d’un plan national d’action contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales.

Éléments de Kathleen Speake, executive director ECPAT Internationl

La Déclaration et le Plan d’action de Rio de Janeiro pour prévenir et éradiquer l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents de 2008 sont le résultat de vingt années d’actions entreprises à l’échelle mondiale par une large alliance créée au sein de la société. Le premier Congrès Mondial contre
l’Exploitation Sexuelle des Enfants et Adolescents s’est tenu à Stockholm, Suède en 1996. Lors de ce Congrès, les gouvernements présents ont pour la première fois reconnu publiquement l’existence de
l’ESEC (l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales). Le premier Congrès Mondial s’est achevé par l’adoption d’un Agenda pour l’action par 122 gouvernements.

Depuis 1996, plusieurs acteurs à travers le monde ont concentré leurs efforts autour d’une même stratégie, l’Agenda pour l’action, et davantage d’entités gouvernementales et non gouvernementales ont uni leurs forces afin d’assurer des changements positifs pour les enfants et de protéger leur droit de vivre à l’abri de toute exploitation sexuelle.

Cependant, des méthodes de plus en plus sophistiquées sont à la portée de ceux qui cherchent à exploiter des enfants et elles se sont depuis développées de manière exponentielle. Répondre à ces défis et plus particulièrement aux nouvelles formes d’ESEC telles que l’exploitation à travers l’utilisation de l’Internet ou de la téléphonie mobile nécessite de nouveaux partenariats et une action davantage coordonnée et ciblée afin d’éradiquer ces crimes sans frontières.

L’expérience a montré que le niveau d’engagement, les responsabilités prises et le rôle que joue un gouvernement dans l’établissement et le maintien des normes de protection, telles que les initiatives mises en oeuvre pour protéger les droits des enfants, déterminent la nature, la quantité et la qualité des progrès réalisés par un pays en faveur de ces enfants. Cependant, tous les pays n’ont pas encore d’actions suffisamment coordonnées et il reste encore beaucoup de progrès à accomplir. En effet, la Déclaration de Rio souligne la vulnérabilité croissante des enfants dans un monde de plus en plus instable.

C’est pourquoi, je salue la publication de cette deuxième édition des rapports basés sur l’Agenda pour l’action d’ECPAT International permettant ainsi d’assurer le suivi de la mise en oeuvre des actions en matière de lutte contre l’ESEC dans les pays examinés.

Nous sommes confiants que ces publications, uniques en leur genre, vont inciter les gouvernements à prendre des mesures adéquates pour protéger les enfants contre des violations aussi odieuses, perpétrées encore aujourd’hui en toute impunité dans de nombreux pays. Un autre objectif important de ces rapports est de stimuler l’échange d’expériences et de connaissances entre les pays et les différents acteurs afin de créer un dialogue propice à la lutte contre l’ESEC.

Au fil des ans, les rapports « Agenda pour l’action » d’ECPAT sont devenus une référence en matière d’information concernant les actions mises en oeuvre dans le cadre de la lutte conte l’ESEC. Ces rapports, développés selon le cadre de référence fourni par l’Agenda pour l’action, ont atteint leur but en permettant d’évaluer de manière systématique les progrès accomplis quant à la réalisation des engagements pris par chaque pays. Ils visent également à contribuer aux travaux des mécanismes internationaux de suivi des instruments de protection des droits de l’enfant tels que la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) et le Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants (PFVE). Aujourd’hui, 193 pays ont ratifié la CDE et 150 le PFVE.

La production de ces publications détaillées n’a pu être réalisée que grâce à une étroite et vaste collaboration à l’échelle mondiale. ECPAT International tient à remercier tous ceux qui ont participé à ce projet et ont contribué à sa réalisation. Cela comprend en particulier les groupes membres d’ECPAT, les experts et organisations locales, ainsi que le personnel du Secrétariat d’ECPAT International et ses stagiaires. Nous tenons également à remercier nos partenaires financiers pour leur généreux soutien. Sans un tel appui et une telle solidarité, ces rapports n’auraient pu être réalisés.