Apport des organismes du secteur médico-social à l’inclusion des personnes handicapées

Rapport de J-Y Hocquet sur l’apport des organismes du secteur médico-social à l’inclusion des personnes handicapées

Contribution à la réflexion sur l’apport des organismes du secteur médico- social à l’inclusion des personnes handicapées : des clefs pour la cité

La mission confiée par Madame Marie-Anne Montchamp secrétaire d’État aux Solidarités et à la Cohésion Sociale avait pour but de fournir une contribution à l’élaboration des orientations de l’État sur l’évolution du secteur médico-social intervenant dans le champ du handicap à l’appui de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). La concertation devait alimenter trois chantiers qui ont vocation à être lancés selon des échéances différentes :

-  fournir dès 2012, aux agences régionales de santé des éléments pour leur action territoriale,
-  évaluer le bien-fondé d’une réforme des supports juridiques sur lesquels s’appuie l’activité quotidienne des structures ainsi que leurs règles de tarification.
-  proposer des orientations en matière de tarification.

Le cadre juridique établi par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées n’a pas encore épuisé ses potentialités. Si des principes sous-jacents doivent être précisés, il fournit au secteur médico-social un support suffisant à son action en faveur de l’inclusion des personnes handicapées.
L’action du secteur médico-social sera d’autant plus pertinente qu’il fera preuve d’une porosité accrue avec la société -et pas seulement dans ses relations avec le social et le sanitaire- et qu’il consolidera ce qui a fait jusqu’à présent sa force, c’est-à-dire une contribution particulière au lien social. Du coté de l’État le souhait d’une visibilité plus forte au niveau local notamment comme pivot de l’élaboration de réels diagnostics territoriaux et la hiérarchisation des priorités s’accompagne de la nécessité de définir un mode d’action basé sur la suggestion et un dialogue continu avec ses partenaires. Le management par la seule norme dans un domaine où il ne s’agit pas de réaliser un acte ponctuel mais de prendre en considération l’ensemble de la personne 24 heures sur 24 et 365 jours par an constitue un facteur inflationniste. De même la notion de place n’est plus adaptée à la mise en œuvre de réponses personnalisées. Le dialogue continu est donc la condition nécessaire pour établir les compromis souhaitables. Les conventions pluriannuelles d’objectifs et de gestion peuvent en être l’instrument. Par ailleurs un effort particulier devra être réalisé pour donner aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) les moyens d’assumer pleinement le rôle d’interface qui leur a été attribué par la loi entre le médicosocial et la personne handicapée.

Sommaire

1 ) Pourquoi le secteur médico-social dans le domaine du handicap et les politiques qui lui sont appliquées doivent-ils changer ? Approfondir l’ambition collective de la loi de 2005.

1-A Les principes de la loi de 2005 ne sont pas encore entièrement mis en œuvre.

1-B Des changements qualitatifs modifient le contexte de la réponse aux besoins des personnes handicapées avec le risque d’approches réductrices.

1-C Le secteur médico-social répond à une demande encore mal définie et toujours plus complexe.

1-C-1 Les éléments minimaux de pilotage ne sont toujours pas disponibles.

1-C-2 Les principes qui président à l’action administrative évoluent.

1-C-3 En l’absence de réforme territoriale aboutie et stable l’organisation locale ne peut être que déséquilibrée.

2) Mettre en place les conditions d’adaptation du secteur médico-social pour une politique du handicap plus efficace

2-A Placer la satisfaction des besoins au centre des préoccupations.

2-B Les concepts de projet de vie, de parcours et d’accompagnement doivent servir à améliorer la connaissance des besoins et la pertinence des réponses.

2-C Que le médico-social diffuse sa compétence.

2-D L’évolution des associations notamment implique un chantier sur la gestion des hommes et sur la structuration de la gouvernance.

3) Quelle évolution pour l’État ? Un pilotage plus orienté sur la clarification des objectifs partagés et sur la suggestion.

3-A Un État animateur.

3-B Renforcer la capacité de l’échelon administratif à s’adapter aux besoins locaux.

3-C Restaurer le dialogue.

4) Des mesures d’application immédiate.

4-A Affirmer les compétences prévues par la loi de 2005 pour les MDPH.

4-B Recentrer et simplifier la procédure d’appel à projet.

4-C Subordonner les rapprochements à une analyse territoriale.

4-D Faire de la formation comme facteur de fluidité des parcours.