Hépatite B

La politique de vaccination contre l’hépatite B en France repose sur deux stratégies :

  • l’identification et la vaccination des personnes à risque élevé d’exposition ;
  • et, dans la perspective de contrôle à plus long terme de l’hépatite B, la vaccination des nourrissons et le rattrapage des enfants et adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus.

Recommandations générales

La vaccination contre l’hépatite B est recommandée chez tous les nourrissons.

Un rattrapage vaccinal est recommandé chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans révolus. Tout enfant ou adolescent âgé de moins de 16 ans, non antérieurement vacciné, devrait se voir proposer la vaccination contre l’hépatite B à l’occasion d’une consultation médicale ou de prévention. Dans ce contexte, pour les adolescents de 11 à 15 ans révolus, un schéma simplifié à deux injections séparées de six mois peut être utilisé (cf. schémas vaccinaux ci-dessous).

Pour les nourrissons, l’utilisation d’un vaccin combiné hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (vaccin acellulaire), la poliomyélite (vaccin inactivé), les infections à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B permet d’immuniser contre ces maladies en une seule injection aux âges de 2, 4 et 11 mois, selon le nouveau schéma vaccinal introduit en 2013.

Recommandations particulières

Bien que déjà ciblées par les recommandations générales, les catégories d’enfants et adolescents suivantes sont exposées à un risque particulier qu’il convient de souligner :

  • enfants et adolescents accueillis dans les services et institutions pour l’enfance et la jeunesse handicapées ;
  • enfants d’âge préscolaire accueillis en collectivité.

Sont en outre concernés les :

c. nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs ;
d. enfants et adultes accueillis dans les institutions psychiatriques ;
e. personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples ;
f. usagers de drogues par voie parentérale ;
g. voyageurs dans les pays de moyenne ou de forte endémie (cf. infra « Recommandations pour les voyageurs ») ;
h. personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie ;
i. personnes susceptibles de recevoir des transfusions massives et/ou itératives ou des médicaments dérivés du sang (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux…) ;
j. personnes candidates à une greffe d’organe, de tissu ou de cellules ;
k. personnes de l’entourage d’une personne infectée par le virus de l’hépatite B ou d’un porteur chronique de l’antigène HBs (personnes vivant sous le même toit) ;
l. partenaires sexuels d’une personne infectée par le virus de l’hépatite B ou d’un porteur chronique de l’antigène HBs ;
m. personnes détenues qui peuvent cumuler un certain nombre de facteurs d’exposition au virus de l’hépatite B.

Pour les personnes visées aux points i, j, l ainsi que pour les personnes immunodéprimées, la nécessité du contrôle de l’immunité est à apprécier au cas par cas1. La pratique de rappels systématiques n’est pas recommandée. Mais ceci ne s’applique pas aux patients insuffisants rénaux chroniques dialysés et aux personnes immunodéprimées exposées au risque chez lesquels une sérologie annuelle est recommandée avec rappel dès que le taux d’anticorps descend au-dessous du seuil protecteur (10 UI/l), quel que soit l’âge.

Recommandations pour les personnes immunodéprimées ou aspléniques :

Rapport du HCSP du 7 novembre 2014

En milieu professionnel

L’article L. 3111-4 du Code de la santé publique (CSP) rend obligatoire l’immunisation contre l’hépatite B pour les personnes exerçant une activité professionnelle les exposant à des risques de contamination et pour les élèves ou étudiants se préparant à l’exercice de certaines professions de santé, afin de les protéger de de cette infection. Cette immunisation des professionnels a également pour objectif de protéger les patients2 vis-à-vis de la transmission de ce virus par un soignant.

La liste des établissements ou organismes de soins ou de prévention, publics ou privés où l’obligation s’applique est précisée par l’arrêté du 15 mars 199117. Les personnes exerçant dans l’un de ces établissements et exposées à un risque de contamination doivent être immunisées contre cette infection si le médecin du travail évalue que l’exposition de cette personne à ce risque le justifie.

Deux arrêtés complètent cet article :

  • l’arrêté du 6 mars 20073, relatif à la liste des élèves et étudiants des professions médicales et pharmaceutiques et des autres professions de santé, dresse la liste des élèves et étudiants soumis à une obligation d’immunisation. Cette liste est la suivante :
    • professions médicales et pharmaceutiques : médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien, sage-femme ;
    • autres professions de santé : infirmier, infirmier spécialisé, masseur-kinésithérapeute, pédicure-podologue, manipulateur d’électroradiologie médicale, aide-soignant, ambulancier, auxiliaire de puériculture, technicien en analyses biomédicales, assistant dentaire4.
  • l’arrêté du 2 août 20135, modifie les modalités de preuve de l’immunisation contre l’hépatite B qui sont détaillées dans les annexes I et II de cet arrêté, incluant :
    • la suppression des conditions d’âge pour le contrôle de l’immunisation,
    • l’établissement de la preuve de l’immunisation par un contrôle sérologique systématique,
    • la possibilité pour les personnes immunisées par la maladie d’intégrer les filières de formation aux professions listées dans l’arrêté du 6 mars 2007.

L’annexe I précise les conditions d’immunisation :

I. les personnes visées à l’article L.3111-4 sont considérées comme immunisées contre l’hépatite B si elles produisent une attestation médicale comportant un résultat, même ancien, indiquant la présence, dans le sérum, d’anticorps anti-HBs à une concentration supérieure à 100 UI/l ;

II. si les personnes susmentionnées ne présentent pas le résultat mentionné au I, il est effectué un dosage des anticorps anti-HBc et des anticorps anti-HBs en vue de la délivrance d’une attestation médicale attestant ou non de l’immunisation contre l’hépatite B. Un algorithme présenté dans le tableau 4.8 détaille les différentes situations sérologiques pouvant être rencontrées et la conduite à tenir pour chacune d’elle.

Si l’antigène HBs et/ou une charge virale VHB sont détectables dans le sérum, la personne est infectée par le virus de l’hépatite B, sa vaccination n’est pas requise pour la protéger contre cette infection.

L’annexe II détermine la conduite à tenir face à une personne « non répondeuse » à la vaccination contre l’hépatite B, bien qu’ayant reçu un schéma complet de vaccination. Si malgré les injections complémentaires (correspondant généralement à un total de 6 doses, sauf cas particuliers), la personne présente toujours un taux d’anticorps anti-HBs inférieur à 10 UI/l elle est considérée comme « non répondeuse » à la vaccination. Elle pourra être admise dans un établissement d’enseignement ou en poste, mais elle sera soumise à une surveillance au moins annuelle des marqueurs sériques du virus de l’hépatite B.

En outre, la vaccination contre l’hépatite B est recommandée pour les personnes qui, dans le cadre d’activités professionnelles ou bénévoles, sont susceptibles d’être en contact direct avec des patients et/ou d’être exposées au sang et autres produits biologiques, soit directement (contact direct, projections), soit indirectement (manipulation et transport de dispositifs médicaux, de prélèvements biologiques, de linge, de déchets). A titre indicatif et non limitatif sont concernés : les professionnels de santé libéraux, les secouristes, les gardiens de prison, les éboueurs, les égoutiers, les policiers, les tatoueurs… Le contrôle de l’immunité doit être effectué pour ces personnes.

Enfin, l’article L. 3111-4-1 et le décret d’application du 16 décembre 2016 prévoient une obligation de vaccination contre l’hépatite B pour les thanatopracteurs en formation ainsi qu’en exercice6, non immunisés et non porteurs du virus.

Recommandations pour les voyageurs

Cf. « Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2016 » : BEH hors série du 31 mai 2016 (prochaine publication fin du 1er semestre 2017).

Schémas vaccinaux



En population générale : le schéma préférentiel comporte trois injections chez le nourrisson pour qui le vaccin hexavalent est utilisé, la vaccination sera ainsi effectuée à l’âge de 2 mois (8 semaines), 4 mois et 11 mois (intervalle de 0, 2, 7 mois). En cas d’utilisation d’un vaccin autre que l’hexavalent, un intervalle d’au moins 5 mois devra être respecté entre la deuxième et la troisième injection (intervalle de 0, 1 à 2 mois, 6 mois).
Au-delà des trois injections de ce schéma initial, les rappels systématiques de vaccin contre l’hépatite B ne restent recommandés que dans
des situations particulières.

Pour les adolescents âgés de 11 à 15 ans révolus, non antérieurement vaccinés, la vaccination est réalisée en suivant :

  • soit le schéma classique à trois doses (cf. ci-dessus) ;
  • soit un schéma à deux doses, avec le vaccin ayant l’AMM pour cette indication (ENGERIX® B20 µg) en respectant un intervalle de six mois entre les deux doses, et en l’absence de risque élevé d’infection par le virus de l’hépatite B dans les six mois qui séparent les deux injections.



Pour les nouveau-nés de mère porteuse de l’antigène HBs, la vaccination doit être pratiquée impérativement à la naissance, selon un schéma en trois injections (une dose à la naissance, puis à 1 et 6 mois) avec le vaccin HBVAXPRO 5µg® ou le vaccin ENGERIX® B10 µg ; la première dose étant associée à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs. Un schéma à quatre doses (une dose à la naissance, puis à 1, 2 et 6 mois) est recommandé pour les prématurés de moins de 32 semaines ou de poids inférieur à 2 kg.

Pour certains cas particuliers7 chez l’adulte, où l’obtention très rapide d’une protection vaccinale est souhaitable (personnes détenues, personnes en situation de départ imminent en zone d’endémie moyenne ou forte…), et conformément à l’AMM du vaccin ENGERIX® B20 µg, un schéma accéléré peut être proposé. Il comporte l’administration en primo-vaccination de 3 doses en 21 jours (J0, J7, J21)8, suivies d’un rappel 12 mois après, indispensable pour assurer une protection au long cours. (Si un contrôle d’anticorps anti-HBs post-immunisation est jugé nécessaire du fait d’un risque élevé d’exposition, celui-ci devra être effectué 4 à 8 semaines après l’administration de la dose de rappel à 12 mois).


1Avis du HCSP du 7 novembre 2014 relatif à la problématique des non répondeurs dans le cadre de la vaccination contre l’hépatite B
2Modification de l’article L. 3111-4 du CSP par l’article 129 de la loi 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (LMSS) pour prendre en compte la vaccination altruiste des professionnels de santé.
3 Arrêté du 15 mars 1991 fixant la liste des établissements ou organismes publics ou privés de prévention ou de soins dans lesquels le personnel exposé doit être vacciné
4Arrêté en cours de modification pour inclure les assistants dentaires visés par les dispositions de l’article 120 de la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.
5Avis du HCSP des 12 et 18 janvier 2016 relatif aux risques de contamination par le VHB liés à la formation initiale des étudiants ou élèves s’engageant dans les études paramédicales et pharmaceutiques mentionnées dans l’arrêté du 6 mars 2007.
6L’instruction n° DGS/RI1/RI2/2014/21 du 21 janvier 2014, relative aux modalités d’application de l’arrêté du 2 août 2013 fixant les conditions d’immunisation des personnes mentionnées à l’article L.3111-4 du code de la santé publique, vise à expliciter les modalités d’application de cet arrêté.
7Les thanatopracteurs en exercices devront être vaccinés au plus tard au 01/01/2018 selon le décret n° 2016-1758 du 16 décembre 2016 relatif à la vaccination contre l’hépatite B des thanatopracteurs
8Avis du HCSP du 20 février 2014 relatif aux schémas vaccinaux accélérés contre l’hépatite B par les vaccins Engerix® B20 µg et vaccin Genhevac B Pasteur 20 µg® :