Tuberculose

La vaccination par le BCG est fortement recommandée pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose dans leur entourage ou dans leur environnement.

Depuis la publication du décret de suspension de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et des adolescents et de la circulaire d’application1, la vaccination par le BCG ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité.

Recommandations particulières

Pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée à partir de l’âge de 1 mois, idéalement au cours du 2ème mois. Toutefois pour les enfants originaires de Guyane, de Mayotte ou ayant un membre de l’entourage atteint d’une tuberculose récente (moins de 5 ans), la vaccination est recommandée avant la sortie de la maternité. Le vaccin peut être coadministré avec les vaccins prévus à l’âge de 2 mois. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans.

Il n’est plus indiqué de pratiquer une intradermoréaction (IDR) à la tuberculine préalablement à la vaccination pour les enfants de moins de 6 ans, à l’exception de ceux ayant résidé ou effectué un séjour de plus d’un mois dans un pays de forte incidence de la tuberculose . La vaccination ne s’applique qu’aux personnes ayant une intradermoréaction à la tuberculine négative. Seule la forme intradermique du BCG est disponible en France.

Les contre-indications médicales temporaires à la vaccination BCG sont constituées par les dermatoses étendues en évolution et les contreindications définitives par les déficits immunitaires congénitaux ou acquis, notamment dus au VIH2.

Sont considérés comme enfants à risque élevé de tuberculose les enfants qui répondent au moins à l’un des critères suivants :

  • enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse ;
  • enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays ;
  • enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ;
  • enfant ayant un antécédent familial de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs) ;
  • enfant résidant en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte ;
  • enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d’exposition au bacille tuberculeux, notamment enfant vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou socioéconomiques défavorables ou précaires (en particulier parmi les bénéficiaires de la CMU, CMUc, AME…) ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie.

Les zones géographiques à forte incidence tuberculeuse, selon les estimations de l’OMS3, et en tenant compte de certaines imprécisions liées aux difficultés du recueil fiable des données épidémiologiques dans certains pays, sont :

  • le continent africain dans son ensemble ;
  • le continent asiatique dans son ensemble à l’exception du Japon et de la Turquie, y compris les pays du Proche et Moyen-Orient à l’exception du Liban, de l’Iran et de l’Arabie Saoudite ;
  • les pays d’Amérique centrale et du Sud à l’exception de Cuba et du Costa Rica ;
  • les pays d’Europe centrale et de l’Est y compris les pays de l’ex-URSS ;
  • dans l’Union européenne : Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Portugal, Roumanie. Rappel : la revaccination par le BCG, en population générale et chez les professionnels exposés à la tuberculose, n’est plus indiquée depuis 2004. En conséquence, l’IDR à la tuberculine à 5 Unités (Tubertest®) n’a pas lieu d’être pratiquée à titre systématique, notamment après la vaccination par le BCG.

Recommandations pour les personnes immunodéprimées ou aspléniques :

Rapport du HCSP du 7 novembre 2014

En milieu professionnel4

Une intradermoréaction à 5 unités de tuberculine liquide (IDR) est recommandée5 pour certaines études et professions. Le résultat de sa mesure doit être noté, il servira de test de référence.

Une vaccination par le BCG, même ancienne, reste exigée à l’embauche pour les étudiants et les professionnels mentionnés aux articles R. 3112-1 (alinéa C.) et R. 3112-2 du Code de la santé publique (en l’absence d’IDR positive). La recommandation sur ce point est susceptible d’évoluer prochainement ; il convient donc de se rapporter aux textes les plus récents.

Sont considérées comme ayant satisfait à l’obligation vaccinale par le BCG :

  • les personnes apportant la preuve écrite de cette vaccination ;
  • les personnes présentant une cicatrice vaccinale pouvant être considérée comme la preuve de la vaccination par le BCG6 .

Recommandations pour les voyageurs

Cf. « Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2016 » : BEH hors série du 31 mai 2016 (prochaine publication fin du 1er semestre 2017).

Schéma vaccinal



Le vaccin BCG SSI® n’est actuellement plus disponible, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a donc mis en place une procédure d’importation afin d’assurer la mise à disposition de vaccin contre la tuberculose en France, le vaccin utilisé est le vaccin Biomed® Lublin

1Circulaire n° DGS/RI1/2007/318 du 14 août 2007 relative à la suspension de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et des adolescents.
2Arrêté du 13 juillet 2004 relatif à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et aux tests tuberculiniques (Journal officiel n° 174 du 29 juillet 2004).
3Les données d’incidence par pays sont accessibles sur http://www.who.int/tb/country/data/profiles/fr/ ou sous forme de carte : sur http://gamapserver.who.int/gho/interactive_charts/tb/cases/atlas.html. On peut considérer que les pays ayant une incidence annuelle supérieure à 20 nouveaux cas pour 100 000 habitants ont une incidence élevée de tuberculose ; ce n’est plus par exemple le cas du Liban, de l’Arabie Séoudite ou de la Turquie, de Cuba et du Costa Rica, de l’Iran ou du Japon.
4Vaccinations obligatoires pour les étudiants, personnels des établissements de santé et autres établissements, services et structures visés par les articles L.3112-1, R.3112-1 alinéa C. et R.3112-2 du CSP.
5Modification de l’article R4626-23 du code du travail au 1er janvier 2017.
6Arrêté du 13 juillet 2004 relatif à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et aux tests tuberculiniques, qui détermine les conditions dans lesquelles la cicatrice pourra être considérée comme une preuve d’une vaccination par le BCG.