Que faire en cas de tension d’approvisionnement du BCG ?

Point du 17 juin 2016

Les approvisionnements en BCG sont insuffisants en ce moment en France et dans le monde. Depuis plusieurs mois la capacité de fabrication de BCG ne suffit plus à répondre à la demande mondiale à cause de difficultés techniques survenues dans deux grands laboratoires pharmaceutiques fabriquant ce vaccin, dont le fournisseur habituel des BCG utilisés en France. Cette pénurie mondiale impacte sérieusement la France et il n’est actuellement plus possible de fournir les pharmacies d’officine en BCG, donc les médecins de ville ne peuvent pratiquement plus assurer cette vaccination depuis plusieurs mois.

La stratégie vaccinale a été adaptée pour tenir compte de ces durables problèmes d’approvisionnement

Le BCG lui-même n’est absolument pas en cause car c’est un vaccin très utile pour la prévention des tuberculoses graves de l’enfant, aussi les doses disponibles doivent-elles être réservées en priorité aux enfants qui sont le plus à risque de contracter la tuberculose. Il faut rappeler que depuis 2006 ce vaccin n’est plus obligatoire (ni pour entrer en crèche, ni à l’école) mais il reste très recommandé aux enfants identifiés à risque face à la tuberculose.
Les flacons disponibles –qui contiennent plusieurs doses individuelles de vaccin- doivent donc servir pour vacciner plusieurs enfants au cours d’une séance, afin d’optimiser leur utilisation sans gâcher de vaccins. Le BCG est actuellement administré principalement dans les centres de PMI, les Centres de lutte contre la Tuberculose, les centres de vaccination et certaines maternités. D’autres dispositions peuvent être proposées localement par les Agences Régionales de Santé.

La qualité des vaccins mis à disposition du public est assurée y compris pour les nouveaux produits

Tous les vaccins mis à disposition du public sont rigoureusement évalués par nos Agences de Sécurité Sanitaire : Le BCG importé actuellement depuis mai 2016 est fabriqué en Europe (Pologne) par la Société Biomed-Lublin et son efficacité et sa tolérance sont jugées tout à fait satisfaisantes par l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et produits de Santé. Sa présentation et son utilisation lui sont propres et les praticiens s’y sont adaptés.

Y a-t-il des conséquences pour les personnes qui ne peuvent pas actuellement recevoir de BCG ?

Comme la tuberculose est devenue très rare au cours des dernières années chez les personnes nées en France, les petits enfants qui ne sont pas exposés à un risque particulier et qui ne peuvent pas recevoir de BCG aujourd’hui, faute d’approvisionnement suffisant, ont une probabilité extrêmement faible de contracter cette maladie en France actuellement. Ils pourront être vaccinés dès que les approvisionnements seront redevenus suffisants car cette vaccination n’est habituellement pas urgente.

La protection conférée par le BCG, quel qu’il soit, n’est d’ailleurs pas totale. Le BCG en lui-même a peu d’effet pour diminuer la transmission de la tuberculose dans la population. Les services de santé et les médecins sont particulièrement en alerte –en particulier chez les enfants non vaccinés-pour le dépistage et le diagnostic de la tuberculose dont le traitement médical est aujourd’hui extrêmement efficace. Le traitement précoce constitue le meilleur moyen d’empêcher la transmission de cette maladie.

Les professionnels de santé, les administrations sanitaires et les Agences travaillent avec beaucoup de bonne volonté à utiliser au mieux les vaccins existants et a trouver une solution satisfaisante pour importer ce vaccin et permettre ainsi un retour à la normalité dans les meilleurs délais possibles.

Qui doit recevoir en priorité les vaccins BCG disponibles ?

C’est un médecin qui connaît bien chaque enfant qui saura préciser aux familles la priorité de cette vaccination selon les indications des experts du Haut conseil de la santé publique et du calendrier vaccinal : les vaccins disponibles sont actuellement à réserver aux enfants les plus exposés et réceptifs à une éventuelle contagion de/par une tuberculose, c’est-à-dire surtout les enfants, âgés de moins de cinq ans qui présentent un facteur de risque lié à leur environnement ou leurs proches/ entourage (notamment un antécédent familial de tuberculose ou des liens avec un pays où la tuberculose est très fréquente). Les petits enfants nés à Mayotte ou en Guyane doivent recevoir ce vaccin de manière prioritaire.