Questions-Réponses sur « Pourquoi rendre les vaccins obligatoires »

Pourquoi rendre les vaccins recommandés obligatoires ?

La vaccination est un geste de prévention simple et efficace. Selon l’Organisation mondiale de santé, la vaccination permet d’éviter, chaque année dans le monde, deux à trois millions de décès pour les seules maladies de la diphtérie, du tétanos, de la coqueluche et de la rougeole.
Pour une protection collective contre les maladies infectieuses, la cible de la couverture vaccinale de la population est de 95 %. En France, cette couverture est atteinte pour les 3 maladies contre lesquelles la vaccination est actuellement obligatoire (diphtérie, tétanos et poliomyélite). En revanche pour d’autres vaccins (hépatite B, méningocoque C, rougeole-oreillons-rubéole) dits recommandés, les couvertures vaccinales sont très insuffisantes et à l’origine d’épidémies et/ou de décès/handicaps évitables.
Pourtant, ces vaccins sont tout aussi importants et nécessaires que ceux obligatoires.
L’extension des obligations vaccinales a donc pour seul objectif la santé de tous. Il s’agit de protection individuelle et collective : la vaccination de l’enfant permet de le protéger, et de le protéger longtemps. La vaccination agit aussi et surtout comme un bouclier, notamment pour les personnes les plus fragiles qui nous entourent comme les très jeunes nourrissons, trop jeunes pour être vaccinés, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées.

Pourquoi rendre obligatoire la vaccination alors que les nombres de cas des maladies sont relativement peu importants ?

Pour certains vaccins actuellement recommandés (hépatite B, méningocoque C, rougeole-oreillons-rubéole), les couvertures vaccinales sont très insuffisantes et à l’origine d’épidémies et/ou de décès/handicap évitables.
A partir du moment où ces maladies sont évitables par un geste simple et efficace, ce sont toujours trop de cas graves et de décès dus à l’insuffisance de la couverture vaccinale.

Pourtant, le chemin n’est pas long à parcourir, concrètement, dans le cas du vaccin contre le méningocoque C, dont la couverture est la plus faible, il faut passer de 70% à 95% pour atteindre les objectifs fixés par la loi de santé publique de 2004. Pour le vaccin contre l’hépatite B, la couverture doit passer de 88% à 95%.

Pourquoi rendre obligatoires des vaccins dont la couverture vaccinale atteint déjà 95% voire plus comme la coqueluche ou l’Haemophilus influenzae de type b ?

Aujourd’hui, la couverture vaccinale est très satisfaisante contre la coqueluche ou l’Haemophilus influenza de type B car ces vaccins sont intégrés dans les vaccins dit combinés et contenant également les vaccins obligatoires protégeant contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.
En revanche, pour d’autres vaccins (hépatite B, méningocoque C, rougeole-oreillons-rubéole) simplement recommandées, les couvertures vaccinales sont très insuffisantes.

Les maladies disparaitront-elles définitivement avec la vaccination obligatoire ?

L’obligation vaccinale ne fera pas disparaître totalement l’ensemble des maladies.
La variole a été éradiquée et l’éradication de la rougeole et de la poliomyélite sont des objectifs de l’Organisation mondiale de la santé qui impliquent une démarche mondiale.
Par ailleurs, la bactérie responsable du tétanos par exemple est, elle, omniprésente dans l’environnement. L’éradication du tétanos ne peut donc être envisagée.
Avec une couverture vaccinale de 95% de la population, les risques de contamination seront contrôlés et une protection individuelle et collective des personnes sera assurée. Tel est l’objectif de la vaccination.

L’obligation est-elle le seul moyen pour atteindre les taux de vaccination nécessaires à la protection de tous ?

Aujourd’hui pour arriver à une couverture vaccinale de 95%, il reste peu de chemin à parcourir.
Le professionnels de santé soutiennent la vaccination ; ils savent à quel point elle est indispensable pour protéger les enfants, à court terme et à long terme car la vaccination du jeune enfant protège le futur adulte qu’il sera aussi mais protège également l’entourage de ces enfants.
Concrètement, dans le cas du vaccin contre le méningocoque C, dont la couverture est la plus faible, il faut passer de 70% à 95%. Pour d’autres vaccins comme celui contre l’hépatite B la couverture doit passer de 88% à 95%.
Pour y parvenir, dans un contexte où les recommandations seules n’ont pas permis d’obtenir des couvertures vaccinales satisfaisante, la seule solution est de rendre obligatoires les 8 vaccins actuellement recommandés.
L’obligation renvoie à la notion de nécessité pour protéger le plus grand nombre d’enfants possible.

D’autres pays appliquent-ils également l’obligation vaccinale ?

Chaque État décide librement de sa politique vaccinale.
Douze autres pays que la France ont rendu au moins une vaccination obligatoire. L’Italie a récemment rendu 10 vaccins obligatoires. Les 8 vaccins qui vont devenir obligatoires en France au 1er janvier 2018 en plus du DTP, sont très largement utilisés dans les pays de l’Union européenne, que ce soit via une obligation ou une recommandation.

L’extension vaccinale ne sert-elle pas avant tout les intérêts économiques des laboratoires pharmaceutiques ?

Dans la mesure où plus de 70% des enfants sont déjà vaccinés contre ces 11 maladies, l’obligation vaccinale élargie n’entraînera pas une augmentation significative du chiffre d’affaires des laboratoires.

Les vaccins pour les 11 vaccinations préconisées seront-ils disponibles en quantité suffisante ?
Comment lutter contre les ruptures d’approvisionnement ?

Les laboratoires pharmaceutiques ont été prévenus en amont de la mise en œuvre de cette nouvelle mesure. L’obligation vaccinale n’entrant en vigueur qu’au 1er janvier 2018, les laboratoires auront eu le temps de se préparer et d’avoir les stocks suffisants pour répondre à la demande.
Enfin, la France a mis en place un système lui permettant de lutter contre les ruptures d’approvisionnement à l’échelle nationale en vue de garantir l’accès de tous aux médicaments. Ce dispositif est basé sur des plans de gestion des pénuries qui concernent notamment les vaccins.

Cette nouvelle loi ne va-t-elle pas au final coûter très cher ?

La grande majorité des enfants (plus de 70%) sont déjà vaccinés contre ces 11 maladies.
Le coût de l’extension de l’obligation vaccinale est d’environ 12 millions d’euros pour l’Assurance maladie, ce qui représente un coût limité au regard des enjeux de santé publique et des bénéfices de ce changement.

Pourquoi ne trouve-t-on plus de vaccin uniquement DTP ?

Ces trois vaccins sont les plus anciens. Depuis, il est devenu possible de vacciner contre davantage de maladies, les vaccins combinés ont été développés pour limiter le nombre d’injections et sont utilisés dans tous les pays du monde.