La mise en oeuvre de la recertification

Les membres du comité de pilotage sur la recertification des médecins se félicitent du lancement de leurs travaux par Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, et Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Conscient de l’importance de la démarche de recertification des médecins et de l’attente qu’elle suscite, ils entendent mener ses travaux de façon transparente et concertée avec l’ensemble des acteurs, dans la continuité de la Grande conférence de la santé.

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La recertification des médecins est un concept en application dans de nombreux pays. Il s’agit d’un processus qui devra tenir compte de la grande diversité des modes d’exercice médical, de la multiplicité des acteurs et d’une évolution accélérée des connaissances et compétences médicales. Il doit également intégrer la volonté de maitrise de leurs perspectives de carrière par les nouvelles générations, d’une transformation de notre système de santé, et de nouvelles attentes des usagers. Malgré la complexité de ce processus, le comité de pilotage entend proposer aux ministres en charge de la santé et de l’enseignement supérieur, des propositions allant dans le sens d’une procédure simple et compréhensible.

Le comité de pilotage, dans le cadre d’une approche pragmatique, pourrait propose que la future procédure ne concerne que les médecins diplômés au terme du 3e cycle rénové des études médicales. Ainsi, la première promotion concernée serait celle des diplômés de 2021. En effet, la réforme du 3ème cycle des études médicales a instauré une diplomation (et une certification) basée sur l’évaluation des compétences. Ainsi, pour chaque spécialité, chaque médecin disposera d’un niveau de référence de ses compétences. Dans la continuité, il sera légitime de lui proposer un schéma de maintien et d’amélioration de ses compétences tout au long de sa carrière professionnelle, avec pour objectif principal d’orienter et de mettre en valeur son parcours professionnel.

Concernant les médecins actuellement en exercice, qu’ils soient libéraux ou non, ils pourraient s’inscrire dans le processus de recertification, sur le mode du volontariat.

A la lumière de ces réflexions liminaires, la recertification, devrait s’entendre comme un processus de « certification et de valorisation périodique » des compétences permettant à chaque médecin d’orienter son parcours professionnel.
C’est pour aboutir à ce difficile exercice de simplicité, de transparence, et d’accompagnement des médecins sur le chemin de la confiance avec leurs patients, que les opinions de tous les acteurs seront indispensables et garantes de la réussite de la démarche.

Le comité de pilotage souhaite échanger dès la mi-mars avec toutes les institutions représentatives, au premier rang desquelles figurent les organismes professionnels ; il renouvellera ces rencontres autant que de nécessaire pour disposer au quatrième trimestre 2018 de propositions partagées par tous et ouvrant des voies multiples pour que chacun puisse « construire » sa recertification.
Des enjeux qu’il paraît important de prendre en compte dans le cadre des consultations qui seront engagées, et surtout des propositions qui seront formulées, ont d’ores et déjà été identifiés. Il s’agit notamment d’être attentif à ce que la recertification :

- ne soit pas un exercice de contrôle, mais un exercice de promotion et de valorisation ;
- ne soit pas un examen, un concours à une date couperet, mais plutôt un accompagnement tout au long de leur carrière, des médecins vers la satisfaction de bien faire leur métier dans une perspective d’amélioration continue de la qualité des soins et de la sécurité des patients, et ce à travers l’ensemble des dispositifs et moyens actuels de formation continue et d’analyse des pratiques ;
- puisse intègrer les innovations pédagogiques (en particulier numériques) et les évolutions professionnelles.

Cette démarche volontariste témoignera d’un véritable « idéal déontologique » de tous les Médecins renforçant ainsi la confiance que leur portent les citoyens.