Professionnels de santé

Conduites à tenir par les professionnels de santé libéraux et hospitaliers devant une personne susceptible d’être atteinte : diagnostic, prise en charge, alerte…

Le risque de survenue en France d’un cas de maladie à virus Ebola (MVE) importé d’Afrique devenant symptomatique dans les trois semaines qui suivent le retour est jugé faible mais ne peut être totalement exclu.

L’existence d’une épidémie dans une zone géographique identifiée ne doit cependant pas faire oublier que d’autres pathologies infectieuses fébriles peuvent se déclarer au retour, avec une probabilité supérieure à celle de la MVE.

- Consulter les recommandations sanitaires 2018 du Haut conseil de la Santé publique (HCSP) pour les voyageurs

Voies de Transmission de la maladie à virus Ebola

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec :

- des fluides corporels tels que le sang, la salive, l’urine, le lait maternel, le sperme, la sueur, les selles et les vomissures des personnes infectées, vivantes ou non. La présence du virus a été constatée dans le sperme jusqu’à plusieurs mois après la guérison de personnes contaminées. Bien que la transmission ne soit pas avérée, une protection des rapports sexuels est fortement recommandée ;

- le corps des personnes décédées de la maladie à virus Ebola ; des cérémonies funéraires ont été à plusieurs reprises le point de départ de cas groupés ; pensez à interroger vos patients ;

- des objets et surfaces contaminés par les fluides corporels de patients infectés (par exemple, des aiguilles) ;

- la viande de brousse (issue de la faune sauvage) (antilope, éléphant, chauve-souris, serpent, singe, etc.) est également une des sources de contamination.

La transmission par voie aérienne n’a jamais été documentée lors d’une épidémie chez l’homme. Le risque de transmission demeure néanmoins lors des manœuvres de soin de patients générant des aérosols, en l’absence de protections adaptées.

Les personnels prenant en charge les malades ou leur environnement (ménage, déchets) et le personnel de laboratoire constituent donc un groupe particulièrement à risque.

REPERES


Une personne qui ne présente aucun des symptômes de la maladie n’est pas contagieuse, la contagiosité apparaissant avec les symptômes. Le risque de transmission est faible dans la première phase de la maladie.

Aucune mesure d’éviction n’est requise tant qu’il n’y a pas de symptôme.

En l’absence de contact, le fait d’être assis à proximité d’un malade atteint de maladie à virus Ebola ne constitue pas une situation à risque de transmission.

Les personnes asymptomatiques ayant eu une exposition à risque doivent surveiller quotidiennement leur température jusqu’à 21 j après la fin de l’exposition. Toute fièvre supérieure ou égale à 38,5°C doit être considérée comme suspecte et la personne doit immédiatement se signaler au SAMU- Centre 15 en mentionnant son exposition.

Présentation clinique

- La MVE débute après 2 à 21 jours d’incubation (en moyenne 8 jours).

- Dans sa forme habituelle, elle débute par un syndrome pseudo-grippal (fièvre ≥ 38,5°C, myalgies, pharyngite, arthralgies, céphalées) accompagné de signes généraux (asthénie, anorexie).

- En 3-4 jours, apparaissent des signes cutanéomuqueux (odynophagie conjonctivite, exanthème maculeux ou maculo-papuleux) et digestifs (diarrhée, vomissements).

- L’évolution initiale peut être continue avec une altération progressive de l’état général (asthénie croissante, fièvre persistante, perte de poids) ou biphasique avec un intervalle libre de quelques jours au cours duquel l’état général s’améliore et la fièvre disparaît.

- La phase d’état est marquée par des signes d’encéphalite (agitation, épilepsie, troubles de conscience de l’obnubilation au coma) et des signes hémorragiques (principalement aux points de ponction, gingivorragies, hématémèse, mélaena, selles sanglantes ; plus rarement épistaxis, hémoptysie, hémorragie génitale ou hématome).

On peut observer plus inconstamment les symptômes suivants : hoquet, paresthésies, acouphènes, trismus, hépatomégalie, splénomégalie, pancréatite, uvéite, parotidite, orchite, et douleur thoracique.

Dans les formes hémorragiques, le décès survient dans 80 % des cas en moyenne 8 jours après l’apparition de la fièvre. Sinon la guérison est sans séquelle au prix d’une convalescence longue avec une asthénie prolongée pendant plusieurs semaines et des arthralgies fluctuantes et migratrices.

La présence du virus a été constatée dans le sperme jusqu’à plusieurs mois après la guérison de personnes contaminées. Bien que la transmission sexuelle ne soit pas avérée, une protection des rapports sexuels est fortement recommandée.

Évaluation et prise en charge de cas suspects

Les cas suspects ou confirmés de MVE rentrent dans le cadre de la déclaration obligatoire des fièvres hémorragiques virales. Dès lors, tout cas suspect doit être signalé sans délai et par tout moyen approprié par les professionnels de santé à l’ARS s’il répond à la définition suivante : « tableau clinique évocateur de fièvres hémorragiques chez une personne ayant séjourné dans une zone de circulation de ces virus, ou ayant été en contact avec une personne malade suspectée de fièvre hémorragique virale ».

Conformément aux recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) du 10 avril 2014, tout cas suspect doit être :
- immédiatement isolé ;
- signalé au Samu centre 15 pour évaluation et prise en charge adaptée.

En pratique

L’exposition est-elle compatible (pays et villes fréquentées, activités à risque) ?

  • Si oui, la chronologie est-elle compatible (incubation de 3 semaines) ?
  • Si oui, la symptomatologie est-elle évocatrice ?
    • Si oui isolement, masque chirurgical et hygiène des mains du patient. Hygiène des mains du soignant ; appel au 15.
    • Si non, conseils au patient de surveiller sa température chaque jour jusqu’à 21 jours après le retour ; en cas de symptômes appeler le 15 en mentionnant l’exposition à risque (ne pas se présenter aux urgences ou chez un médecin)

>> Consulter la procédure Coreb pour les Samu et autres soignants de première ligne

Le ministère établit la liste des établissements de santé de référence (ESR) pour la prise en charge des patients cas possibles ou confirmés de maladie à virus Ebola (sur la base des évaluations sur site menées par les Agences régionales de santé). Cette liste est actualisée en tant que de besoin.

pdf Liste des établissements de santé de référence habilités (ESR) Téléchargement (286.9 ko)

Tous ces établissements ont été évalués et inspectés. Ils sont opérationnels et pré-alertés pour un isolement de haut niveau de sécurité en maladie infectieuse ou réanimation).

En fonction de l’évolution de la situation et du risque d’importation de cas en France, vous serez informés de ce dispositif via des messages d’alerte ("DGS-Urgent" pour les professionnels inscrits, messages d’information spécifiques pour les établissements hospitaliers).

Des consignes vous seront adressées sur la conduite à tenir devant une personne susceptible d’être atteinte par la maladie, aussi bien sur les modalités de diagnostic biologique, que sur la procédure d’alerte des autorités sanitaires et le dispositif de prise en charge médicale. Les procédures à respecter pour assurer leur propre protection vous seront également rappelées comme précisé dans le Plan national de préparation et de lutte « maladie à virus Ebola » du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

Avis du haut conseil de la santé publique

> 14/01/2015 - Avis Maladie à virus Ebola - Nettoyage et désinfection des surfaces
> 09/12/2014 - Avis Maladie à virus Ebola : Équipements de protection individuels
> 04/12/2014 - AvisMaladie à virus Ebola : recommandations en cas d’accident d’exposition au sang ou au virus
> 18/11/2014 - Avis Maladie à virus Ebola : conduite à tenir après guérison clinique
> 31/10/2014 - Avis Maladie à virus Ebola - Recommandations pour les professionnels des établissements de santé non ESRH
> 24/10/2014 - Avis Maladie à virus Ebola - Conduite à tenir vis-à-vis des personnes contact
> 10/09/2014 - Avis Cas suspects de maladie Ebola : données complémentaires à l’avis du HCSP du 10 avril 2014
> 10/04/2014 - Avis Conduite à tenir autour des cas suspects de fièvre hémorragique à virus Ebola

COREB - Comment dépister et prendre en charge un patient suspect de MVE ?

Ressources utiles

pdf Équipement de protection individuel face à une fièvre hémorragique – option (...) Téléchargement (2.5 Mo)
pdf Équipement de protection individuel face à une fièvre hémorragique – option (...) Téléchargement (2.3 Mo)

pdf Affiche technique Habillage avec Écran facial Téléchargement (1002.9 ko)
pdf Affiche technique déshabillage Lunettes/masque/seul Téléchargement (1.2 Mo)
pdf Affiche technique déshabillage Écran facial/seul Téléchargement (1.2 Mo)
pdf Affiche technique déshabillage Écran facial/en binôme Téléchargement (1.1 Mo)
pdf Affiche technique déshabillage Lunettes/masque/en binôme Téléchargement (1.1 Mo)