Expérimenter et innover pour mieux accompagner et soigner pendant les 1000 premiers jours.

Le projet des 1000 premiers jours fait la part belle à l’expérimentation afin de concevoir des dispositifs les plus à même de répondre aux besoins de l’enfant et de ses (futurs) parents.

Le projet des 1000 premiers jours fait un principe de la nécessité de toujours (re)partir des besoins de l’enfant et de ses (futurs) parents.

Cela implique une démarche associant étroitement les professionnels et les parents à la conception de toute action ou dispositif, comme pour l’application mobile ou le Livret de nos 1000 premiers jours par exemple.

Cela justifie aussi un encouragement à associer les parents, par exemple dans l’élaboration des projets d’établissement dans les crèches et autres modes d’accueil, en application de la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant.

Cela milite enfin pour l’expérimentation : afin de co-construire à partir de besoins bien étayés, de tester, d’affiner ou de corriger, puis de décider d’une possible pérennisation.

Le projet des 1000 premiers jours fait la part belle aux expérimentations.

Depuis l’instruction 1000 premiers jours du 1er avril 2021, le projet comporte trois expérimentations majeures :

  1. Le sac des 1000 premiers jours, bébé box à la française expérimentée à grande échelle en 2022 ;
  2. Les groupes de parents, expérimentés par 8 CAF dans le cadre du « parcours naissance » avec les CPAM ;
  3. Le Référent Parcours Périnatalité (RéPAP), expérimenté par 4 territoires.

L’évaluation de ces expérimentations permettront d’éclairer demain de possibles décisions de pérennisation et de financement.

Plusieurs expérimentations dites « article 51 » du périmètre 1000 premiers jours sont suivies avec attention.

Le décloisonnement des dispositifs et l’accompagnement global étant au cœur du projet des 1000 premiers jours, les expérimentations « article 51 » sont de bons outils.

Introduit par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, l’ « article 51 » est un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits. Et ce, dès lors que ces nouvelles organisations contribuent à améliorer le parcours des patients, l’efficience du système de santé, l’accès aux soins ou encore la pertinence de la prescription des produits de santé.

Il s’agit là d’une véritable opportunité pour tester de nouvelles approches puisque ce dispositif permet de déroger à de nombreuses règles de financement de droit commun, applicables en ville comme en établissement hospitalier ou médico-social.

Plusieurs expérimentations en cours relèvent du périmètre des 1000 premiers jours. Leurs résultats éclaireront les décisions à venir.

- BASE – Besoin d’Attachement et Santé de l’Enfant. Objet ? Accompagner les futurs parents et jeunes parents à s’ajuster aux besoins psychoaffectifs essentiels de l’enfant, en période anténatal/périnatale (0-3 ans) et pendant la petite enfance (3-6 ans), en déployant des parcours de soins préventifs universels et pluridisciplinaires. Où ? Déployé en Nouvelle-Aquitaine. Qui ? Fédération des Praticiens de la Parentalité. Quand ? Expérimentation de 4 ans ; fin de l’expérimentation en mars 2026.

- COPA – Coaching Parental. Objet ? Mettre en place un accès à un accompagnement post-natal par des auxiliaires de puériculture, complémentaire et coordonné avec les dispositifs déjà existants. Les objectifs poursuivis sont d’améliorer la satisfaction des parturientes, leur état de santé ainsi que celle du nouveau-né et l’efficience des prises en charge. Où ? Territoire du GHT Cœur Grand Est (Grand-Est). Qui ? Groupement hospitalier de territoire Cœur Grand Est. Quand ? Expérimentation de 3 ans ; fin de l’expérimentation en janvier 2024.

- RéPAP – Référent Parcours Périnatalité. Objet ? Proposer à toutes les femmes enceintes et, en particulier aux plus vulnérables, un accompagnement personnalisé et gradué par un référent parcours périnatalité, de la grossesse aux trois mois de l’enfant, en complémentarité et en coordination avec les dispositifs et professionnels existants (ville/hôpital/PMI). Où ? Déployé en Guyane, dans la Drôme (Auvergne-Rhône-Alpes), en Pays Loire Touraine (Centre-Val-de-loire) et sur le territoire de la CPTS Centre Essonne (Île-de-France). Qui ? Piloté par la Direction générale de la santé. Quand ? Expérimentation d’1,5 an ; fin de l’expérimentation en juillet 2023.

- TLS diabète gestationnelObjet ? Améliorer la prise en charge du diabète gestationnel par la télésurveillance. Où ? Deux expérimentations, l’une en Bretagne et l’autre dans 14 départements (répartis dans 8 régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire, Grand-Est, Hauts-de-France, Ile-de-France, Occitanie, Pays-de-Loire, PACA). Qui ? les CHU de Brest et de Rennes en Bretagne et la société MDHC dans les 8 autres régions. Quand ? Expérimentations de 18 mois (Bretagne) et 3 ans (8 autres régions) ; fin de l’expérimentation en juillet 2022.

- Pégase – Protocole de santé standardisé pour les enfants ayant bénéficié avant leurs 5 ans d’une mesure de protection de l’enfance (ASE). Objet ? Renforcer et structurer le suivi de santé des jeunes enfants bénéficiant d’une mesure de protection de l’enfance jusqu’à l’âge de 7 ans par la mise en place de protocole de santé portant sur la santé physique, psychologique et le développement de l’enfant. Où ? 15 pouponnières dans 8 régions : Chambéry et La Tronche en Auvergne-Rhône-Alpes ; Chantepie en Bretagne ; Charleville-Mézières, Epinal, Mulhouse et Strasbourg dans le Grand-Est ; Dainville dans les Hauts-de-France ; Poitiers en Nouvelle-Aquitaine ; Nîmes et Perpignan en Occitanie ; La Roche-sur-Yon, Avrillé et Saint-Sébastien-sur-Loire en Pays-de-Loire ; Marseille en PACA). Qui ? Dr Rousseau du CHU d’Angers, médecin coordinateur du programme PEGASE. Quand ? Expérimentation de 5 ans ; fin de l’expérimentation en août 2024.

- Cocon. Parcours de soins préCOces et COordonnés du Nouveau-né vulnérable. Objet ? Mettre en place un repérage ultra précoce, dès la naissance ou dès la période anténatale si besoin, des nouveau-nés vulnérables à haut risque de développer un handicap ou un surhandicap. Où ? Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Nouvelle Aquitaine ; Occitanie. Qui ? Le projet est porté par trois réseaux de périnatalité : Réseau de Périnatalité Occitanie (RPO), Réseau Périnat Nouvelle Aquitaine et Réseau de Périnatalité Méditerranée. Quand ? En cours d’autorisation

Retrouvez toutes les informations sur les expérimentations « article 51 » sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

En Corse, la Collectivité et l’Agence Régionale de Santé travaillent sur le repérage précoce des vulnérabilités dans le cadre de l’appel à défi de la DITP.

Lancé en septembre 2021 par la Direction interministérielle de la transformation publique, l’appel à défis a pour objectif de promouvoir les méthodes permettant de concevoir avec les usagers et les agents les services publics, afin de mieux prendre en compte leurs besoins et attentes dans un contexte de transformation numérique.

Parmi les 27 lauréats se trouve le projet portés par la Collectivité de Corse et l’Agence Régionale de Santé de Corse.

« Repérer les vulnérabilités dans le cadre des 1000 premiers jours de l’enfant en Corse » a pour but la création d’un outil d’aide au repérage de la vulnérabilité dans les 1 000 premiers jours de l’enfant pour les agents de la Collectivité et les partenaires de la petite enfance et de la famille.

La Collectivité s’appuiera sur des ateliers, des immersions terrains ou encore une cartographie des principaux acteurs afin de co-construire l’outil.

Concrètement, l’outil à créer devra permettre à chaque professionnel de renseigner des observations pertinentes et utilisables dans l’objectif d’améliorer les accompagnements et les parcours des familles en situation de vulnérabilité dès la grossesse.

Quels sont les bénéfices attendus pour les agents et les usagers ? Un repérage précoce des situations de vulnérabilité des familles d’enfants de moins de 6 ans et ainsi la mise en place d’un accompagnement adapté et pluriprofessionnel.

Le projet permet également d’organiser un partenariat jusque-là informel et une cohésion entre les différents acteurs territoriaux qu’ils soient institutionnels, associatifs ou libéraux.