Plan de formation des professionnels de la petite enfance

L’accueil formel des jeunes enfants, par les assistants maternels, dans les crèches ou en garde à domicile, constitue un levier efficace de réduction des inégalités liées à l’origine sociale parce qu’il favorise le développement et l’éveil de l’enfant. C’est pourquoi la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté porte l’ambition d’un renforcement de la qualité des modes d’accueil, notamment par un plan de formation continue à destination des 600 000 professionnels de la petite enfance.

De quoi s’agit-il ?

Annoncée par le Président de la République le 13 septembre dernier, la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté prévoit parmi ses objectifs l’amélioration de la qualité de tous les modes d’accueil, en articulation avec l’instauration de l’instruction obligatoire dès 3 ans. Stimuler le développement langagier des enfants de 3 à 36 mois est un exemple de levier d’égalité des chances en matière de réussite scolaire. Le plan de formation permettra aussi de valoriser les compétences de professionnels qui ont parfois du mal à accéder à la formation professionnelle continue.

Pourquoi cette mesure ?

À l’entrée comme à la sortie du collège, un élève sur cinq – soit 150 000 enfants – ne maîtrise pas la lecture, ce qui signifie que les écarts créés antérieurement ne sont plus rattrapés après l’école élémentaire. Par ailleurs, les études internationales ont montré que les écarts sont le plus souvent créés dès la petite enfance : à l’entrée en CP, il y a un écart de 1000 mots maîtrisés entre les enfants selon leur origine sociale. Il existe aujourd’hui 600 000 professionnels de la petite enfance d’horizons très divers et sans vision partagée du développement de l’enfant. Ces métiers sont trop souvent perçus comme peu attractifs avec une faible évolution de carrière et un manque de professionnalisation. C’est pourquoi l’État a décidé la mise en place de formations communes à l’ensemble des professionnels de la petite enfance pour les former aux enjeux sociaux de l’accueil formel des jeunes enfants et les aider à progresser dans l’accompagnement de l’ensemble des besoins des jeunes enfants, d’ordre affectif ou social, culturel, artistique, cognitif et sensoriel.

Où en est-on ? Comment procède-t-on ?

Où en est-on ? Comment procède-t-on ?
Afin de mettre en place une formation commune des professionnels de la petite enfance, sur des bases consensuelles, le Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age (HCFEA) a été saisi pour proposer des déclinaisons opérationnelles du cadre national pour l’accueil du jeune enfant. C’est le sens du rapport qui a été remis par Sylviane Giampino, Vice-Présidente du HCFEA, aux secrétaires d’État de la ministre des Solidarités et de la Santé le 25 avril 2019. Ce rapport propose ainsi des orientations pour la formation continue des professionnels et la montée en qualité des modes d’accueil individuels et collectifs. Ses 24 propositions et ses 24 recommandations serviront à la construction de la maquette pédagogique du plan de formation continue et permettront de mettre en place, dès 2020, des formations continues communes à l’ensemble des professionnels de la petite enfance.
Au total, ce sont plus de 600 0000 professionnels de la petite enfance et du soutien à la parentalité qui seront formés d’ici 2022 dans une logique de continuum éducatif, en lien avec les Assises de la maternelle et l’entrée en vigueur de l’instruction obligatoire à 3 ans. Enfin des expérimentations de nouvelles approches pour l’éveil et le développement complet des enfants seront effectuées dans le cadre du Fond d’Investissement Social.