Développer les équipes mobiles psychiatrie-précarité

Pour améliorer les réponses à la souffrance psychique des personnes en situation de précarité et/ou d’exclusion, la Stratégie pauvreté entend renforcer le développement d’équipes mobiles spécialisées en psychiatrie.

De quoi s’agit-il ?

Ces équipes mobiles n’ont pas vocation à se substituer aux missions des équipes de psychiatrie dans le champ de la prévention, du diagnostic, du soin, de la réinsertion et de la réadaptation sociale. En raison des problématiques d’accès aux soins spécificiques aux personnes en situation de précarité et d’exclusion, ces équipes sont chargées :
 

  • « D’aller vers » ces publics, quel que soit le lieu où leurs besoins s’expriment ou sont repérés, afin de faciliter la prévention, le repérage précoce et l’identification des besoins, l’orientation et l’accès au dispositif de soins lorsqu’il est nécessaire ;
  • D’assurer une fonction d’interface entre les secteurs de psychiatrie et les équipes sanitaires sociales œuvrant dans le domaine de la lutte contre la précarité et l’exclusion, afin de faciliter l’élaboration de prises en charge coordonnées autour d’un projet sanitaire et social pour les personnes en situation de précarité.

A ce titre, les actions doivent être intégrées dans un partenariat formalisé, associant les divers secteurs, les établissements de santé généraux, les praticiens libéraux et les intervenants sociaux et médico-sociaux du territoire.

Pourquoi cette mesure ?

L’amélioration de la réponse aux besoins en santé mentale des publics en situation de précarité et d’exclusion a constitué un objectif de la plupart des programmes régionaux d’accès à la prévention et aux soins, ainsi que la plupart des schémas régionaux de psychiatrie.

Les formes de précarité se caractérisent par leur variété : populations précarisées dans un quartier ou dans une structures d’aides sociales, publics jeunes, à la rue, désocialisés… Mais face à l’afflux des demandes de soins, les professionnels spécialisés et en première ligne se sentent impuissants et isolés. Ils ont alors insisté sur la nécessité d’étayer le repérage des problématiques, l’analyse des demandes, la mise en place des premiers temps d’écoute et de soutien thérapeutique.
C’est pourquoi ces équipes mobiles s’adressent aux personnes en situation de précarité ou d’exclusion. Dans tous les cas, leurs souffrances psychiques sont symptomatiques d’une perte de l’identité sociale de l’individu.

Le rôle des équipes mobiles de psychiatrie auprès des publics précaires et exclus répond à trois enjeux :
 

  • Réintroduire la parole et l’écoute au centre de la relation entre ces publics et ces équipes ;
  • Favoriser le repérage des troubles psychiques et des besoins d’intervention, d’orientation et d’accompagnement vers un dispositif spécialisé ou non en formant davantage les intervenants sociaux ;
  • Identifier plus rapidement les pathologies psychosociales (dépendance, comportements suicidaires, dépression…).

Où en est-on ? Comment procède-t-on ?

En raison de l’ampleur de leur champ d’intervention, les équipes mobiles de psychiatrie doivent être composées d’intervenants divers : infirmiers, médecins, psychologues, secrétaires… Autant que possible, les personnels doivent être expérimentés dans les pratiques de liaison au sein du secteur social et devront, être formés et connaître les modes d’intervention dans ce secteur.

La prise en charge des publics devant être globale et continue à la fois sur le plan sanitaire et social, un autre enjeu est d’impliquer les professionnels membres de ces équipes mobiles. A ce titre, il faut d’une part articuler ces équipes mobiles avec les autres acteurs des établissements de santé grâce à la désignation d’un psychiatre référent chargé de coordonner cet ensemble. D’autre part il est nécessaire de formaliser le cadre général du projet, sur la base d’un accord préalable définissant les rôles, les modalités de relais entre les différents intervenants et les modalités d’orientation vers les dispositifs de droit commun.

Les relations avec les partenaires de première ligne et les établissements de santé généraux (notamment les services d’urgences et les PASS) feront également l’objet d’une formalisation définissant les modalités de recours, de relais et d’intervention réciproques, dans le cadre de conventions. Les formes les plus abouties de ces coopérations pourront se concrétiser au sein de réseaux de santé.

Enfin, l’équipe mobile dispose d’un règlement intérieur établissant ses modalités d’intervention et le rôle des différents intervenants.