Soutenir les revenus des plus précaires et modestes

Le constat : Les personnes qui sont dans les deux premiers déciles n’ont pas épargné pendant le confinement et la crise. Avec la crise, le risque de perte d’emploi est fortement accru et les perspectives d’en retrouver un sont à l’inverse diminuées, laissant les personnes concernées face à des dépenses du quotidien à assumer avec un moindre revenu.

Les mesures

Le gouvernement a soutenu fortement le revenu des personnes précaires pendant le confinement :
- Aide exceptionnelle de solidarité versée automatiquement le 15 mai à 4,1 millions de foyers en difficulté (880 M d’euros).
- Aide de 200 euros versée en juin à 800 000 jeunes en difficulté (160 M d’euros).
- Soutien au secteur de l’aide alimentaire (94 M d’euros).
- Les restaurants universitaires sont désormais à 1 euro pour les étudiants boursiers.
- Revalorisation exceptionnelle de l’allocation de rentrée scolaire de 100 euros par enfant pour soutenir les familles en anticipation de la rentrée de septembre (530 M d’euros).

Cet effort va être encore poursuivi pour limiter dès à présent les effets de la crise :

Mesure 1 : comme l’a annoncé le président de la République, une nouvelle aide de solidarité sera versée automatiquement le 27 novembre, sur le modèle de l’aide versée en mai dernier (150 euros aux bénéficiaires du RSA et de l’ASS, plus 100 euros/enfant aux personnes au RSA, à l’ASS et aux APL). Plus de 4 millions de foyers pourront bénéficier de cette aide.

Mesure 2 : les jeunes sont les premières victimes de la crise. Une aide de 150 euros sera donc aussi versée aux 560 000 jeunes de moins de 25 ans non-étudiants touchant les allocations logement et aux 740 000 étudiants boursiers de l’enseignement supérieur. Plus de 1,3 million de jeunes seront concernés et l’aide sera versée automatiquement fin novembre/début décembre.

Sur l’année 2020, une famille au RSA avec 3 enfants aura donc bénéficié d’une aide qui lui aura été directement versée de 1 200 euros.

Le gouvernement a pris des mesures pour mieux accompagner les personnes précaires au quotidien et favoriser l’accès à leurs droits :

Le plan France Relance consacre 100 millions d’euros au soutien des associations engagées dans la lutte contre la pauvreté. Ce fonds prendra la forme d’un appel à projet déployé sur deux ans qui permettra à ces associations de déployer des actions spécifiques exceptionnelles en mobilisant de façon très réactive les réseaux et les dispositifs existants. Il s’agit d’irriguer un tissu associatif qui pourra de manière réactive apporter un soutien aux personnes précaires jusqu’au « dernier kilomètre ».

Avec le Ségur de la santé, la lutte contre les inégalités de santé passera par le renforcement en temps médicaux et paramédicaux des 400 permanences d’accès aux soins de santé prenant en charge les patients sans droit dans les hôpitaux, par la création de 60 centres de santé « participatifs » avec une offre adaptée aux populations des territoires défavorisés, basée sur leur participation au projet du centre et le recours à des services de médiation sanitaire et d’interprétariat, par la création de 500 nouveaux « lits haltes soin santé » pour atteindre 2 600 places d’ici 2022 offrant un accompagnement sanitaire et social aux personnes sans domicile fixe.

Cet effort est poursuivi et amplifié, pour protéger nos concitoyens précaires dans le contexte de crise sanitaire que nous vivons et pour renforcer l’accès aux droits :

Mesure 3 : des masques gratuits sont distribués aux personnes précaires (bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale d’État). Un premier envoi de 53 millions de masques lavables a été réalisé par La Poste en août pour 9 millions de personnes. Un deuxième envoi est en cours et sera finalisé mi-novembre. 52 millions de masques jetables ont été confiés aux préfectures pour qu’elles en assurent la fourniture aux personnes sans-abri. Un nouvel envoi est en cours de préparation et sera finalisé dans les prochaines semaines.

Mesure 4 : 100 points conseils budgets supplémentaires vont être déployés afin d’atteindre 500 sites labellisés d’ici 2022, permettant d’accompagner gratuitement plus de 75 000 personnes en situation de fragilité financière pour prévenir leur surendettement et favoriser l’éducation budgétaire.

Mesure 5 : l’offre de domiciliation va être accrue afin de permettre aux personnes n’ayant pas de domicile stable de recevoir du courrier et surtout d’accéder à leurs droits (délivrance d’un titre national d’identité, inscription sur les listes électorales, par exemple) et à des prestations sociales légales. L’objectif est de passer de 400 structures à 700 d’ici 2023.

Mesure 6 : la lutte contre le non-recours, c’est-à-dire le fait de ne pas recevoir une prestation ou une aide sociale alors qu’on y est éligible, va être renforcée pour s’assurer que les personnes aient bien accès à leurs droits : datamining pour cibler et contacter des allocataires potentiellement éligibles à certains droits, renseignement automatique des formulaires avec les informations déjà transmises.

Mesure 7 : un groupe de travail sur la simplification administrative va être lancé pour permettre aux associations de concentrer leurs ressources sur l’accompagnement des personnes précaires.