Don et greffe d’organes, de tissus et de cellules

Du nouveau-né à la personne âgée, nombreux sont les patients dont la vie est sauvée ou considérablement améliorée grâce à une greffe d’organes, de tissus ou de cellules. Les besoins ne cessent de croître, et cette augmentation découle en premier lieu du succès de la greffe, une technique médicale de mieux en mieux maîtrisée. En conséquence, les situations dans lesquelles une greffe est recommandée sont de plus en plus nombreuses et diversifiées.

L’état du droit :
Comme tous les autres dons d’éléments et produits du corps humain, le don d’organes, de tissus et de cellules est un acte de solidarité, régi par les grands principes éthiques : anonymat, gratuité et consentement.

En France, au nom de la solidarité nationale, c’est le principe du consentement présumé qui a été choisi.

Il n’existe pas de registre de donneurs. La loi indique que nous sommes tous donneurs potentiels d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus d’être prélevé. Le refus au prélèvement des organes et des tissus peut s’exprimer principalement par l’inscription au registre national des refus, géré par l’Agence de la biomédecine. Il peut aussi être exprimé par écrit ou oralement à un proche.

S’agissant du don du vivant d’organes de son vivant (rein) ou de cellules souches hématopoïétiques dans certaines situations, il ne peut être effectué que dans l’intérêt thérapeutique direct du receveur. Le donneur doit avoir un lien de parenté ou affectif stable avec le receveur, et doit exprimer son consentement au tribunal de grande instance après avoir été informé des risques et conséquences. Le prélèvement doit ensuite être autorisé par un comité d’experts.

Le don croisé est une possibilité supplémentaire de recourir au don du vivant pour augmenter les possibilités d’appariement entre donneurs et receveurs pour les greffes de rein introduite par la loi de bioéthique du 7 juillet 2011. Cette solution peut être envisagée lorsque le proche qui souhaite donner n’est pas compatible avec le patient en attente de greffe. Par exemple : un donneur D1 souhaite donner à son proche, mais le receveur R1n’est pas compatible avec lui. Par ailleurs, un donneur D2 souhaite également donner à son proche, mais le receveur R2n’est pas compatible avec lui. Si le donneur D1 est compatible avec le receveur R2 et que le donneur D2 est compatible avec le receveur R1, une greffe peut être envisagée entre le donneur D1 et le receveur R2 et une autre entre le donneur D2 et le receveur R1. C’est cela que l’on appelle le don croisé entre deux paires de donneurs/receveurs.

Greffes réalisées par organe de 2014 à 2018

2014 2015 2016 2017 2018
Greffes cardiaques 423 471 477 467 448
Greffes cardio-pulmonaires 13 8 13 6 9
Greffes pulmonaires 327 345 371 378 372
Greffes hépatiques (dont à partir de donneurs vivants) 1280(12) 1355(15) 1322(5) 1374(18) 1323(14)
Greffes rénales (dont à partir de donneurs vivants) 3232(514) 3486(547) 3615(576) 3782(611) 3543(537)
Greffes pancréatiques 79 78 90 96 78
Greffes intestinales 3 3 3 2 3
TOTAL (dont à partir de donneurs vivants) 5357(526) 5746(562) 5891(581) 6105(626) 5781(551)

Source : Agence de la Biomédecine

Source : rapport médical et scientifique de l’Agence de la Biomédecine 2017