Thème 6 : Simone Veil au quotidien

"Ce que j’ai obtenu dans la vie, je l’ai souvent obtenu précisément parce que j’étais une femme. […] Ma position actuelle ne saurait être interprétée comme une revanche personnelle. Elle tient en une seule phrase : les chances, pour les femmes, procèdent trop du hasard, et pas assez de la règle du jeu."
Une Vie, éditions Stock, Paris, 2007, pp. 300-301

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Lorsqu’elle prend ses fonctions au ministère de la Santé en mai 1974, Simone Veil fume. Que ce soit en réunion de travail, en conférence de presse ou en Conseil des ministres, on la voit régulièrement une cigarette à la main. Cependant, après avoir fait voter, en juillet 1976, la loi réglementant la publicité pour le tabac et lancé la première campagne de prévention antitabac, la ministre s’abstient de fumer
en public. Elle convainc même le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, de faire retirer les cendriers de la salle du Conseil des ministres.

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En mars 1993 Édouard Balladur propose à Simone Veil d’être ministre d’État dans le gouvernement qu’il est en train de constituer : après avoir évoqué le ministère de la Justice avec le Premier ministre, Simone Veil choisit finalement de retourner avenue de Ségur, pour être ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville.

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La première femme ministre de plein exercice de la Ve République

Simone Veil est la seule femme ministre du gouvernement dirigé par Jacques Chirac entre mai 1974 et août 1976, qui comprend trois femmes secrétaires d’État : Hélène Dorlhac (Justice), Françoise Giroud (Condition féminine) et Annie Lesur (Éducation). A noter que, la ministre s’est entourée de nombreuses femmes dans son cabinet, qu’elle avait, pour la plupart, rencontrées lorsqu’elle était magistrate.

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La vie de cabinet

« Au quotidien, elle était gaie et drôle. L’idée que les gens se font généralement d’elle est celle d’une femme d’une grande autorité et d’une grande hauteur de vue. Mais au fond, elle était rieuse. Une des joies de la vie de cabinet, c’était les moments de détente. La journée, elle assumait son rôle, y compris dans ses dimensions contraignantes : être aimable, polie, à l’écoute. Et puis de temps en temps, le soir, elle se lâchait ».


Bertrand Fragonard, membre du cabinet entre 1974 et 1979 et chargé de mission auprès de Simone Veil entre 1993 et 1995, interviewé le 31 janvier 2018.

Simone Veil a gardé des relations régulières avec ses anciens collaborateurs, longtemps après avoir quitté ses fonctions de ministre. Pour diriger son cabinet, elle a fait appel, en 1974 comme en 1993, à Dominique Le Vert.

« Dominique Le Vert était l’un de ces hauts fonctionnaires qui incarnent les valeurs les plus hautes qu’exige la nation de ses serviteurs et, en premier lieu, le désintéressement. […] Je n’ai jamais mis en doute que les arguments lui étaient inspirés à la fois par le souci de l’intérêt général et par celui de donner à l’action que nous conduisions la plus grande efficacité possible, tout en protégeant le ministre dont il était le premier des collaborateurs ».


Simone Veil in Hommage à Dominique Le Vert (1936- 1998), éditions Hervas, Paris, 2000.

La ministre et son administration

Connue pour son sens du contact et l’intérêt qu’elle portait à tous ses interlocuteurs, Simone Veil était en particulier très attentive aux membres de son administration. Il lui arrivait ainsi de leur écrire elle-même des mots de remerciement.

Les voyages de la ministre à l’étranger

Entre 1974 et 1979, Simone Veil a effectué de nombreux voyages officiels : en URSS, en Algérie, en Israël, à Cuba, en Chine, en Pologne, en Suisse, au Niger, au Royaume-Uni, en Roumanie et en Tchécoslovaquie.

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