Foire aux questions : la stratégie de vaccination

La stratégie de vaccination

Quels sont les objectifs de la vaccination ?

Les vaccins permettent surtout de prévenir, lors d’une contamination, le développement d’une forme grave de la maladie, et donc de protéger celles et ceux qui sont les plus à risque d’être hospitalisés ou de décéder, c’est-à-dire les 15 millions de personnes âgées ou atteintes d’une pathologie chronique. Il s’agit également de protéger les professionnels de santé les plus exposés aux risques. Les résultats des études cliniques des candidats vaccins semblent converger pour démontrer un fait principal : la vaccination permet de réduire massivement la mortalité due au virus et à ses formes graves.

Quels sont les grands principes de la stratégie vaccinale ?

La France s’est fixé 3 grands principes :

- Le libre choix des patients : le président de la République l’a dit, la vaccination ne sera pas obligatoire ;
- La gratuité du vaccin : aucun Français ne doit renoncer à se faire vacciner pour des raisons financières. Le Gouvernement ayant budgété 1,5 milliard d’euros dans le PLFSS ;
- La sécurité : la vaccination se fera dans le strict respect de toutes les règles qui encadrent l’utilisation des produits de santé dans notre pays.

Quelle est la stratégie vaccinale en France ?

La vaccination a débuté le 27 décembre et montera en puissance tout au long du mois de janvier. Conformément aux recommandations de la Haute autorité de santé, la montée en puissance de la vaccination sur le territoire s’opère par étapes progressives pour assurer que la protection qu’offre la vaccination profite en priorité aux personnes qui en ont le plus besoin.

PHASE 1
Dans le cadre de la première phase de vaccination qui est en cours, les autorités sanitaires ont décidé d’élargir la cible de la vaccination.

Celle-ci a donc été étendue à l’ensemble des professionnels de santé de ville et d’hôpital âgés de 50 ans et plus ou avec des comorbidités. La vaccination a également été étendue aux pompiers et aux aides à domiciles, âgés de 50 ans et plus ou atteints de comorbidités.

Par ailleurs, à partir du 18 janvier, les personnes âgées de 75 ans et plus qui ne sont pas en établissement pourront également se faire vacciner.

[Depuis le 27 décembre 2020]
- Les résidents d’établissements accueillant des personnes âgées et résidents en services de longs séjours (EHPAD, USLD, foyers-logements, résidences autonomie)
- Les personnes en situation de handicap vulnérables qui sont hébergées en maisons d’accueil spécialisées et en foyers d’accueils médicalisées
- Les personnels exerçant au sein des établissements précédemment citées (employés directs ou employés d’entreprises prestataires), âgés de 50 ans et plus ou porteurs de maladies les exposant à des formes graves de Covid-19
- Les professionnels de santé de ville et d’hôpital et du secteur médico-social âgés de 50 ans et plus ou porteurs de maladies les exposant à des formes graves de Covid-19
- Les ambulanciers âgés de 50 ans et plus ou porteurs de maladies les exposant à des formes graves de Covid-19
- Les aides à domicile âgées de 50 ans et plus ou porteurs de maladies les exposant à des formes graves de Covid-19
- Les pompiers, âgés de 50 ans et plus ou porteurs de maladies les exposant à des formes graves de Covid-19

[Dès le 18 janvier 2021]
- Les personnes âgées de 75 ans et plus qui ne sont pas en établissement mais qui sont à domicile, soit 5,2 millions de français
- Les personnes vulnérables à très haut risque, telles que définies par le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (pour plus d’informations).

PHASE 2
- Les personnes âgées de 65 à 74 ans, soit 14 millions de français

PHASE 3
Au cours du Printemps 2021 : Elargissement aux autres tranches de la population, susceptibles d’être infectées, non ciblées antérieurement et ayant plus de 18 ans.

Qui élabore la stratégie de vaccination en France ?

La stratégie de vaccination est élaborée par le ministère chargé de la santé après avis de la Haute autorité de santé (HAS), autorité publique indépendante à caractère scientifique. L’avis de la HAS rendu le 30 novembre 2020 a précisé les recommandations sur la priorisation des populations à vacciner contre la Covid-19 qui avaient été élaborées en juillet dernier.

Le pilotage stratégique de la campagne, quant à lui, est assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, en lien avec plusieurs ministères, dont le ministère de l’Intérieur pour la sécurisation des convois. Santé publique France gère, pour le compte de l’État, l’achat des vaccins et du matériel nécessaire à la vaccination (seringues et aiguilles en particulier) ainsi que la logistique associée. Les agences régionales de santé jouent un rôle déterminant de coordination de la campagne au niveau régional, en lien avec les collectivités locales. Enfin, le suivi opérationnel de la campagne est assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, Santé publique France et les ARS, en lien étroit avec le centre interministériel de crise.

Quelles sont les garanties en termes de transparence de la stratégie vaccinale ?

Le Gouvernement souhaite que les Français aient accès à toute l’information disponible. C’est pourquoi la stratégie vaccinale a été présentée au Parlement dans le cadre d’un débat prévu par l’article 50-1 de la Constitution au cours du mois de décembre.

Par ailleurs, le président de la République a voulu que les citoyens puissent avoir connaissance des débats scientifiques, qu’ils puissent dialoguer avec les experts et aider les pouvoirs publics à être plus pertinents, plus clairs, plus attentifs à leurs préoccupations. Dans cette perspective, un conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, présidé par le Professeur Alain Fischer et placé auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, est chargé d’appuyer le Gouvernement dans ses choix.

Ce conseil comprend des représentants des différentes parties prenantes que le Gouvernement associe à la mise en œuvre de cette politique vaccinale : experts scientifiques, y compris des sciences humaines et sociales, professionnels de santé, représentants des collectivités locales, associations de patients, citoyens eux-mêmes au travers du cadre de dialogue mis en place par le Conseil économique, social et environnemental. Le collectif de citoyens comprend 35 citoyens tirés au sort.

À quoi va servir le collectif de citoyens appelés à se prononcer sur la vaccination ?

Le collectif de citoyens comprend 35 citoyens tirés au sort. Sa composition a vocation à être la plus représentative possible de la société française. A partir du 16 janvier, ses membres sont invités à émettre et à adresser au gouvernement et au Conseil d’orientation pour la stratégie vaccinale présidé par le Professeur Fischer à l’exécutif leurs questionnements relatifs à la vaccination, que ceux-ci soient d’ordre scientifiques, sanitaires, techniques ou financiers. Ils peuvent également exprimer les craintes, les résistances ou encore les questions liées aux enjeux éthiques de la campagne nationale de vaccination. Le collectif n’a pas vocation à définir la stratégie vaccinale ou à se substituer au travail quotidien de lien avec les élus et les professionnels de santé, mais constitue un outil complémentaire pour assurer la réussite de la politique vaccinale.

La vaccination sera-t-elle gratuite ?

Oui. La vaccination sera gratuite pour tous.

Pourquoi ne pas vacciner les soignants de moins de 50 ans ?

Dans le cadre de la stratégie vaccinale, le facteur priorisant est l’âge. L’âge avancé est le facteur de risque le plus important. Le vaccin protège des formes graves pulmonaires or le risque de développer des formes graves pulmonaires est plus faible quand on a moins de 50 ans. Il faut donc privilégier d’abord les personnes qui risquent de développer des formes graves plutôt que des personnes qui risquent de développer des formes bénignes de la maladie et n’ont pas forcément besoin d’être vaccinées dans l’urgence.

À noter que les soignants de moins de 50 ans porteurs d’une comorbidité font partie des publics prioritaires et peuvent dès à présent se faire vacciner.

Y aura-t-il des avantages pour les personnes vaccinées, en matière de liberté de circulation par exemple ("Passeport Covid") ?

Non, la vaccination n’étant pas obligatoire, elle n’ouvrira pas de droits supplémentaires aux personnes vaccinées.

À ce stade, pour plusieurs raisons il n’a pas été mis en place un « passeport sanitaire » :
- Le vaccin permet d’éviter les formes graves mais, à ce stade, l’effet du vaccin sur la transmission du virus est incertain. Ainsi il demeure nécessaire, même quand on est vacciné, de limiter ses contacts et de respecter les gestes barrières jusqu’à la fin de la crise sanitaire.
- De plus, certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées car elles ont des contre-indications médicales.

Pourquoi vacciner contre un virus qui ne cesse de muter ?

Des recherches sont en cours afin de déterminer le niveau d’efficacité des vaccins contre les nouvelles variantes.

Étant donné la circulation importante de la souche initiale de SARS COV 2, il demeure essentiel de protéger la population des formes graves de Covid-19 par la vaccination.