Foire aux questions : l’approvisionnement, le stockage et l’acheminement des vaccins

L’approvisionnement en vaccins par la France

Comment la France a-t-elle anticipé l’acquisition de vaccins ?

Précurseur en Europe, la France, dès le printemps dernier, avait proposé à ses voisins européens d’acquérir ensemble les vaccins (alliance inclusive avec l’Italie, les Pays-Bas et l’Allemagne) pour peser plus dans les négociations avec les laboratoires et pour éviter la logique du « premier arrivé, premier servi » engendrant une compétition inutile et contre-productive.

6 contrats d’approvisionnement ont été signés au niveau européen, avec des quantités fixées au prorata des populations des États de l’Union européenne, soit 15% pour la France. Ces contrats ont été passés avec les fabricants BioNTech-Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Janssen/J&J, CureVac, Sanofi-GSK.
Notre pays disposera d’un potentiel de 309 millions de doses, ce qui permettrait de vacciner un nombre de personnes supérieur à nos besoins ; il s’agit d’une marge de sécurité.

Une sécurisation industrielle des approvisionnements a également été assurée avec une production quasi intégrale sur le sol européen et français, avec des sites de production en Eure-et-Loir et en Indre-et-Loire.

Combien de doses de vaccin ont été commandées ?

En comptant l’ensemble des 6 vaccins du portefeuille européen, la France devrait recevoir 309 millions de doses. Ce chiffre peut être amené à évoluer en fonction des décisions des autorités sanitaires et d’éventuelles nouvelles commandes.

Combien de doses ont été livrées ?

Au 27 mai, la France a reçu environ 42 millions de doses de vaccin en cumulé.

Comment sont financés ces vaccins ?

Les moyens financiers engagés par la France pour réserver des doses sont d’abord des moyens européens. C’est l’Instrument d’aide d’urgence (le fonds ESI), qui intervient pour préfinancer les capacités de production des sociétés avec lesquelles des accords sont signés. L’usage de ces fonds obéit à des règles très précises qui ont été validées par les 27 États membres sous la forme d’un mandat donné à la Commission, en juin dernier. La France a participé à cette enveloppe européenne avec les autres États membres.

L’Europe n’en est pas néanmoins prudente et s’assure que ces prépaiements (qui ne représentent qu’un pourcentage du coût global d’achat des vaccins) ne s’effectuent pas à fonds perdus.

Si le vaccin de ces laboratoires échoue, une partie de ces financements seront remboursés. Le laboratoire devra ensuite fournir, en nature, les composants, les matières premières et les réservations de lignes de production qu’ils ont financées avec l’acompte européen versé. Ils seront réutilisés pour le ou les vaccins qui fonctionneront, afin de les produire à plus grande échelle.

En revanche, si un vaccin est considéré sûr et efficace et peut être distribué chez nous, la France paiera le prix restant par dose, soit le montant total de la commande, moins l’acompte déjà financé par l’Europe.

D’autres vaccins seront-ils bientôt autorisés en France ?

Les vaccins développés par Curevac et Novavax ont débuté leur processus de revue des données à l’Agence européenne des médicaments (EMA) depuis février. Les deux vaccins devraient ainsi obtenir une AMM d’ici juin au niveau européen et être autorisés dans la foulée en France.

Le processus de revue du vaccin Sputnik V a commencé début mars. L’EMA devrait donner plus de visibilité prochainement sur le calendrier d’études du vaccin.

D’autres vaccins du portefeuille européen sont encore dans une phase amont et auront vocation à entrer dans le processus de revue réglementaire en fonction des avancées de leurs essais notamment le vaccin de Sanofi-GSK ou celui de Valneva (pour lequel l’accord d’achat européen est en phase finale de négociation).

Où sont produits les vaccins utilisés en France ?

La France s’est assurée que, pour chacun des vaccins, la production puisse être réalisée en Europe. L’essentiel des doses qui sont acheminées actuellement vers la France sont produites en Europe.

La France contribue à la production des vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna sur son territoire. Elle contribuera bientôt à la production des vaccins Janssen et CureVac (après autorisation de mise sur le marché).

Ceci est le fruit d’un travail entamé dès juin 2020 par le Gouvernement, s’agissant des vaccins Moderna, Pfizer-BioNTech et Curevac puisque la France a accompagné et financé les lignes de production dans trois sites industriels français qui vont accueillir ces productions.

Le Gouvernement continue à mobiliser les laboratoires et les industriels pour mettre en place de nouvelles capacités de production.

Que va changer la production

Que va changer la production de vaccins sur le territoire français  ?

La production de vaccins sur le territoire français va permettre d’accélérer le rythme de production de vaccins au sein de l’Union européenne et donc de sécuriser l’approvisionnement en doses de vaccins dans le cadre des contrats signés avec les laboratoires. Cela permettra aussi d’obtenir des doses de vaccin plus rapidement. Toutefois, étant donné que la répartition des doses de vaccin s’effectue au niveau européen, cela ne signifie pas que parce qu’elle produit des vaccins sur son territoire, la France disposera de davantage de doses que ses voisins : la répartition des doses se fait au prorata de la population de chaque pays.


Le stockage et l’acheminement des vaccins

Connait-on une pénurie ?

La France ne connait pas de pénurie de vaccin mais elle est logiquement dépendante des capacités de production des fabricants et a adapter sa stratégie de vaccination en fonction, tout comme nos voisins européens.

En comptant l’ensemble des 6 vaccins du portefeuille européen, la France devrait recevoir 309 millions de doses. Ce chiffre peut être amené à évoluer en fonction des décisions des autorités sanitaires et d’éventuelles nouvelles commandes. 

L’acheminement des différents vaccins expliqué en vidéo