Foire aux questions : la stratégie de vaccination

La stratégie de vaccination

Quels sont les objectifs de la vaccination ?

Les vaccins permettent de prévenir, lors d’une contamination, le développement d’une forme grave de la maladie, et donc de protéger celles et ceux qui sont les plus à risque d’être hospitalisés ou de décéder. Il s’agit également de protéger les professionnels de santé les plus exposés aux risques.

Les résultats des études cliniques des candidats vaccins semblent converger pour démontrer que la vaccination permet de réduire massivement la mortalité due au virus et à ses formes graves.

La vaccination est-t-elle gratuite ?

Oui. Le vaccin est gratuit pour tous – y compris bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME) – et sans avoir à avancer des frais.

Étant donné l’enjeu de santé publique, l’absence de couverture médicale ne doit en aucun cas constituer un frein à la vaccination. Le décret n° 2020-1833 du 31 décembre 2020 publié au JORF du 1er janvier 2021 garantit l’absence de reste à charge sur les frais de vaccination y compris pour les personnes ne bénéficiant d’aucune couverture sociale.

Quels sont les grands principes de la stratégie vaccinale ?

La France s’est fixé 3 grands principes :
Le libre choix des patients  : le président de la République l’a dit, la vaccination ne sera pas obligatoire.
La gratuité du vaccin : aucun Français ne doit renoncer à se faire vacciner pour des raisons financières, le Gouvernement ayant budgété 1,5 milliard d’euros dans le PLFSS.
La sécurité : la vaccination se fera dans le strict respect de toutes les règles qui encadrent l’utilisation des produits de santé dans notre pays.

Quelle est la stratégie vaccinale contre la Covid-19 adoptée par le Gouvernement ?

Conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), la montée en puissance de la vaccination sur le territoire s’opère par étape, pour assurer que la protection qu’offre la vaccination profite en priorité aux personnes qui en ont le plus besoin.

À partir du lancement de la campagne le 27 décembre, la vaccination a été ouverte : :
- aux personnes âgées hébergées en établissement, en priorité dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et en unités de soins de longue durée (USLD) ;
- aux personnes en situation de handicap particulièrement vulnérables, hébergées en maisons d’accueil spécialisées (MAS), en foyers d’accueils médicalisés (FAM), en foyers pour personnes handicapées non médicalisés, ainsi qu’aux personnes hébergées dans les établissements médico-sociaux spécifiques ;
- aux professionnels de santé, aux professionnels exerçant dans des établissements de santé ou médico-sociaux, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables, et aux sapeurs-pompiers âgés de 50 ans et plus et/ou atteints de comorbidité(s).

À compter du 18 janvier 2021, il a été décidé d’élargir la cible vaccinale aux personnes âgées de 75 ans et plus, quel que soit leur lieu de vie, ainsi qu’aux personnes vulnérables à très haut risque de forme grave de Covid-19, telles que définies par le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (plus d’informations ici).

À compter du 6 février 2021, la vaccination a été ouverte à l’ensemble des professionnels de santé et du secteur médico-social, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables et sapeurs-pompiers, quel que soit leur âge.

À compter du 19 février 2021, la vaccination a été ouverte aux personnes de 50 à 64 ans inclus atteintes de comorbidité(s).

Le 25 février, la campagne de vaccination en médecine de ville a été lancée.

Depuis le 2 mars 2021, toutes les personnes de 65 à 74 ans inclus atteintes de comorbidité(s) peuvent également se faire vacciner chez un médecin de ville.

Le 15 mars 2021, la campagne de vaccination en pharmacie a été lancée.

Le 19 mars, la stratégie vaccinale a évolué pour tenir compte du changement de la population-cible du vaccin AstraZeneca. Dans son avis, la Haute Autorité de Santé réaffirme la sécurité et l’efficacité du vaccin AstraZeneca et recommande son utilisation pour les seules personnes âgées de 55 ans et plus.

Le 26 mars, la vaccination à domicile a été renforcée, avec la possibilité pour les infirmières et infirmiers de vacciner.

Depuis le 27 mars 2021, toutes les personnes de 70 ans et plus peuvent se faire vacciner en centre de vaccination, dans leur établissement de résidence, mais également chez un médecin de ville, en cabinet infirmier, en pharmacie ou à domicile.

Depuis le 8 avril, les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de la grossesse peuvent se faire vacciner.

Depuis le 12 avril, toutes les personnes de 55 ans et plus peuvent se faire vacciner chez un médecin de ville, en pharmacie, en cabinet infirmier ou à domicile. Depuis le 16 avril, toutes les personnes de 60 ans et plus peuvent également se faire vacciner en centre de vaccination.

Depuis le 17 avril et pour une période de deux semaines, si vous avez 55 ans et plus et faites partie des professionnels prioritaires à la vaccination, vous pouvez bénéficier de créneaux réservés en centre de vaccination pour une vaccination avec AstraZeneca. La liste des professions concernées est la suivante :

  • les professeurs des écoles, collèges et lycées ;
  • les ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) ;
  • les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) ;
  • les professionnels de la petite enfance – dont les assistants maternels ;
  • les professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse et les professionnels de la protection de l’enfance ;
  • les professionnels de l’hébergement d’urgence ;
  • les policiers nationaux et municipaux ;
  • les gendarmes ;
  • les douaniers de la branche surveillance ;
  • les surveillants pénitentiaires ;
  • les conducteurs de véhicule : conducteurs de bus, de ferry et de navette fluviale, conducteurs et livreurs sur courte distance, conducteurs routiers ;
  • les chauffeurs de taxis et chauffeurs VTC ;
  • les contrôleurs des transports publics ;
  • les agents d’entretien : agents de nettoyage, agents de ramassage de déchets, agents de centre de tri des déchets, agents de gardiennage et de sécurité ;
  • les employés de commerces d’alimentation : caissières, employés de libre-service, vendeurs de produits alimentaires dont bouchers, charcutiers, traiteurs, boulangers, pâtissiers (chefs d’entreprise inclus) ;
  • les professionnels des pompes funèbres ;
  • les ouvriers non qualifiés de l’industrie agroalimentaire : salariés des abattoirs, salariés des entreprises de transformation des viandes.

Depuis le 26 avril, la vaccination en ville est renforcée, avec la possibilité pour les sages-femmes de commander des doses. Tout comme les proches (à savoir les personnes vivant sous le même toit ou apportant une aide dans la vie quotidienne) de 16 ans et plus de personnes, adulte ou enfant, immunodéprimées (dialysée, ayant reçu une transplantation, d’organe ou de moëlle osseuse, traitée par des médicaments immunosuppresseurs forts).

Depuis le 1er mai, les personnes âgées de 18 à 49 ans atteintes de comorbidité(s) peuvent se faire vacciner en centre de vaccination.

Depuis le 6 mai, les personnes de 16 à 17 ans inclus présentant une pathologie à haut risque de forme grave de Covid-19 peuvent se faire vacciner en centre de vaccination.

Depuis le 10 mai, toutes les personnes de 50 ans et plus peuvent se faire vacciner en centre de vaccination.

À compter du 12 mai, toutes les personnes de 18 ans et plus, à travers la prise de rendez-vous en centre de vaccination pour des injections ayant lieu le jour même et le lendemain, peuvent être vaccinées dans le cadre du dispositif visant à aller le plus vite possible dans la vaccination et à utiliser au mieux les doses reçues sur le territoire national.

Ainsi, toutes les personnes de 50 ans et plus, toutes les personnes de 18 ans et plus atteintes de comorbidité(s), les femmes enceintes (à partir du deuxième trimestre de grossesse), les personnes de 16 ans et plus présentant une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19, les proches (vivant sous le même toit ou apportant une aide quotidienne) de 16 ans et plus d’une personne fortement immunodéprimée, les personnes en situation de handicap hébergées en maisons d’accueil spécialisées, foyers d’accueil médicalisés, foyers pour personnes handicapées non médicalisés et en établissements médico-sociaux spécifiques, ainsi que les professionnels de santé et d’établissements médico-sociaux (dont les ambulanciers), les aides à domicile auprès de personnes vulnérables, les sapeurs-pompiers et les vétérinaires sont éligibles à la vaccination.

La cible sera élargie par la suite aux autres tranches de la population majeure. Le Gouvernement ambitionne de proposer la vaccination à tous les Français de 18 ans et plus à partir du 15 juin.

À ce jour, quatre vaccins sont autorisés en France (Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Janssen/Johnson & Johnson). Chacun a des propriétés de transport et de conservation différentes qui conditionnent les lieux où ils peuvent être administrés. Au regard des informations disponibles sur chacun de ces vaccins, la Haute Autorité de Santé a par ailleurs formulé des avis qui ont conduit à proposer à chaque population ciblée le vaccin le mieux adapté à ses caractéristiques, et en particulier à son âge.

Pour rappel, la liste des comorbidités ouvrant droit à la vaccination pour les personnes de 18 à 54 ans inclus est à retrouver en cliquant ICI.

Les particuliers concernés

Les professionnels concernés

Qui élabore la stratégie de vaccination en France ?

La stratégie de vaccination est élaborée par le ministère chargé de la Santé après avis de la Haute autorité de Santé (HAS), autorité publique indépendante à caractère scientifique. L’avis de la HAS rendu le 30 novembre 2020 a précisé les recommandations sur la priorisation des populations à vacciner contre la Covid-19 qui avaient été élaborées en juillet dernier.

Le pilotage stratégique de la campagne est assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, en lien avec plusieurs ministères, dont le ministère de l’Intérieur pour la sécurisation des convois. Santé publique France gère, pour le compte de l’Etat, l’achat des vaccins et du matériel nécessaire à la vaccination (seringues et aiguilles en particulier) ainsi que la logistique associée. Les Agences Régionales de Santé (ARS) et les préfets jouent un rôle déterminant de coordination de la campagne au niveau régional, en lien avec les collectivités locales. Enfin, le suivi opérationnel de la campagne est assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, Santé publique France et les ARS, en lien étroit avec le centre interministériel de crise.

Quelles sont les garanties en termes de transparence de la stratégie vaccinale ?

Le Gouvernement souhaite que les Français aient accès à toute l’information disponible. C’est pourquoi la stratégie vaccinale a été présentée au Parlement dans le cadre d’un débat prévu par l’article 50-1 de la Constitution au cours du mois de décembre.

Par ailleurs, le président de la République a voulu que les citoyens puissent avoir connaissance des débats scientifiques, qu’ils puissent dialoguer avec les experts et aider les pouvoirs publics à être plus pertinents, plus clairs, plus attentifs à leurs préoccupations. Dans cette perspective, un Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, présidé par le Professeur Alain Fischer et placé auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, est chargé d’appuyer le Gouvernement dans ses choix.

Ce Conseil comprend des représentants des différentes parties prenantes que le Gouvernement entend associer à la mise en œuvre de cette politique vaccinale : experts scientifiques, y compris des sciences humaines et sociales, professionnels de santé, représentants des collectivités locales, associations de patients, citoyens eux-mêmes au travers du cadre de dialogue mis en place par le Conseil économique, social et environnemental. Le collectif de citoyens comprend 35 citoyens tirés au sort.

En outre, les données chiffrées relatives aux stocks de vaccins, aux lieux de vaccination, aux livraisons de vaccins, aux personnes vaccinées, ainsi qu’aux rendez-vous pris dans les centres, sont disponibles en open data sur le site data.gouv.fr.

À quoi sert le collectif de citoyens appelés à se prononcer sur la vaccination ?

Le collectif de citoyens comprend 35 citoyens tirés au sort. Sa composition a vocation à être la plus représentative possible de la société française. Depuis le 16 janvier, ses membres sont invités à émettre et à adresser au Gouvernement et au Conseil d’orientation pour la stratégie vaccinale, présidé par le Professeur Fischer, leurs questionnements relatifs à la vaccination, que ceux-ci soient d’ordre scientifique, sanitaire, technique ou financier. Ils peuvent également exprimer les craintes, les résistances ou encore les questions liées aux enjeux éthiques de la campagne nationale de vaccination. Le collectif n’a pas vocation à définir la stratégie vaccinale ou à se substituer au travail quotidien de lien avec les élus et les professionnels de santé, mais constitue un outil complémentaire pour assurer la réussite de la politique vaccinale.

Qu’est-ce que la Haute autorité de Santé ?

La Haute Autorité de Santé (HAS) est une autorité publique indépendante à caractère scientifique. Elle travaille aux côtés des pouvoirs publics dont elle éclaire la décision, avec les professionnels pour optimiser leurs pratiques et organisations, et au bénéfice des usagers dont elle renforce la capacité à faire des choix. La HAS accomplit trois grandes missions :
- Évaluer les médicaments, les dispositifs médicaux et les actes professionnels en vue de leur remboursement ;
- Recommander les bonnes pratiques professionnelles, élaborer des recommandations vaccinales et de santé publique ;
- Mesurer et améliorer la qualité dans les hôpitaux, cliniques, en médecine de ville, dans les structures sociales et médico-sociales.

Pourquoi ne pas mettre en place un passeport vaccinal pour permettre de lever les restrictions ?

La vaccination n’étant pas obligatoire, elle n’ouvre pas de droits supplémentaires aux personnes vaccinées.

Par ailleurs, dès la fin du mois d’avril, vous pourrez en toute sécurité importer et conserver vos certificats de vaccination de manière numérique dans votre application «   TousAntiCovid ». Ce certificat pourrait servir en cas de voyage dans un pays exigeant une preuve de vaccination pour s’y rendre. Un dispositif d’assistance téléphonique gratuit est mis à la disposition des utilisateurs 7j/7, de 9h à 20h au 0 800 08 71 48.

Cette fonctionnalité est alignée avec les travaux de la Commission européenne, qui a présenté le 17 mars 2021 sa proposition de « certificat vert numérique » afin de permettre la reprise de l’activité touristique cet été.

Quel est le rôle des médecins généralistes dans la stratégie vaccinale ?

Le médecin généraliste est au cœur du dispositif, en particulier le médecin traitant. Les médecins généralistes ont commencé à vacciner le 25 février avec le vaccin AstraZeneca, et peuvent désormais vacciner avec le vaccin Janssen. Ils peuvent vacciner toutes les personnes de 55 ans et plus. Chacun doit pouvoir se faire vacciner par un professionnel de santé à côté de chez lui, qu’il connaît, et en qui il a confiance.

Par ailleurs, il convient de rappeler que les médecins généralistes sont également engagés dans les centres de vaccination.