Foire aux questions : la stratégie de vaccination

La stratégie de vaccination

Quels sont les objectifs de la vaccination ?

Les vaccins permettent de prévenir, lors d’une contamination, le développement d’une forme grave de la maladie, et donc de protéger celles et ceux qui sont les plus à risque d’être hospitalisés ou de décéder. Il s’agit également de protéger les professionnels de santé les plus exposés aux risques.
Les résultats des études cliniques des candidats vaccins semblent converger pour démontrer un fait principal : la vaccination permet de réduire massivement la mortalité due au virus et à ses formes graves.

Quels sont les grands principes de la stratégie vaccinale ?

La France s’est fixé 3 grands principes :

- Le libre choix des patients : le président de la République l’a dit, la vaccination ne sera pas obligatoire.
- La gratuité du vaccin : aucun Français ne doit renoncer à se faire vacciner pour des raisons financières. Le Gouvernement ayant budgété 1,5 milliard d’euros dans le PLFSS.
- La sécurité : la vaccination se fera dans le strict respect de toutes les règles qui encadrent l’utilisation des produits de santé dans notre pays.

Quelle est la stratégie vaccinale en France ?

Conformément aux recommandations de la Haute autorité de Santé, la montée en puissance de la vaccination sur le territoire s’opère par étape, pour assurer que la protection qu’offre la vaccination profite en priorité aux personnes qui en ont le plus besoin.

Dans un premier temps, à partir du lancement de la campagne le 27 décembre 2020, la vaccination a ainsi été ouverte :
- aux personnes âgées hébergées en établissement, en priorité dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et en unités de soins de longue durée (USLD) ;
- aux personnes en situation de handicap particulièrement vulnérables, hébergées en maisons d’accueil spécialisées (MAS) et en foyers d’accueils médicalisées (FAM) ;
- aux professionnels de santé, aux professionnels exerçant dans des établissements de santé ou médico-sociaux, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables, et aux pompiers ayant de plus de 50 ans et ou étant à risque de formes graves de Covid-19, comme par exemple le diabète ou l’obésité.

À compter du 18 janvier 2021, il a été décidé d’élargir la cible de la vaccination aux personnes âgées de plus de 75 ans, quel que soit leur lieu de vie, ainsi qu’aux personnes vulnérables à très haut risque, telles que définies par le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (plus d’informations ici).

À compter du 6 février 2021, la vaccination a été ouverte à l’ensemble des professionnels de santé et du secteur médico-social, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables et aux pompiers quel que soit leur âge.

À compter du 19 février 2021, la vaccination est ouverte aux personnes de 50 à 64 ans inclus à risque de formes graves de Covid-19, comme par exemple le diabète ou l’obésité, qui peuvent être vaccinées dans leurs structures de soins, notamment à l’hôpital.

Depuis le 25 février 2021, elles peuvent se faire vacciner directement chez un médecin de ville ou dans un service de santé au travail.

Les professionnels concernés :

Les particuliers concernés :

Dès que cela sera possible au regard de l’approvisionnement en vaccins, la vaccination sera ouverte aux personnes ayant entre 65 et 74 ans inclus.

Enfin, la cible sera élargie aux autres tranches de la population majeure. Le Gouvernement ambitionne de proposer la vaccination à tous les Français adultes d’ici la fin de l’été.

Au 19 février 2021, trois vaccins sont autorités en France (Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca). Chacun a des propriétés de transport et de conservation différentes, qui conditionnent les lieux où ils peuvent être administrés. Au regard des informations disponibles sur chacun de ces vaccins, la Haute autorité de Santé a par ailleurs formulé des avis qui ont conduit à proposer à chaque population ciblée le vaccin le mieux adapté à ses caractéristiques, et en particulier à son âge.

Pour rappel, La liste des comorbidités est la suivante :

  • L’obésité (IMC>30), particulièrement chez les plus jeunes.
  • La BPCO et l’insuffisance respiratoire,
  • L’hypertension artérielle compliquée,
  • L’insuffisance cardiaque,
  • Le diabète (de type 1 et de type 2)
  • L’insuffisance rénale chronique,
  • Les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans,
  • Le fait d’avoir une transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques,
  • La trisomie 21.
    La HAS actualisera cette liste en fonction de l’évolution des connaissances.

Qui élabore la stratégie de vaccination en France ?

La stratégie de vaccination est élaborée par le ministère chargé de la Santé après avis de la Haute autorité de santé (HAS), autorité publique indépendante à caractère scientifique. L’avis de la HAS rendu le 30 novembre 2020 a précisé les recommandations sur la priorisation des populations à vacciner contre la Covid-19 qui avaient été élaborées en juillet dernier.

Le pilotage stratégique de la campagne, quant à lui, est assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, en lien avec plusieurs ministères, dont le ministère de l’Intérieur pour la sécurisation des convois.
Santé publique France gère, pour le compte de l’État, l’achat des vaccins et du matériel nécessaire à la vaccination (seringues et aiguilles en particulier) ainsi que la logistique associée.
Les agences régionales de santé (ARS) jouent un rôle déterminant de coordination de la campagne au niveau régional, en lien avec les collectivités locales.
Enfin, le suivi opérationnel de la campagne est assuré par le ministère des Solidarités et de la Santé, Santé publique France et les ARS, en lien étroit avec le centre interministériel de crise.

Quel est le délai maximal entre la première et la seconde injection du vaccin ?

La France a fait le choix de respecter le délai de 3 à 4 semaines entre les deux injections des vaccins Pfizer et Moderna. D’autres pays, peu nombreux, ont cherché au contraire à vacciner un maximum de personnes en décalant à plus tard le rappel dont dépend pourtant l’efficacité finale de la protection vaccinale.
Ce choix périlleux sur le plan sanitaire n’a pas été fait par la France, sur la base des recommandations scientifiques.

Quelles sont les garanties en termes de transparence de la stratégie vaccinale ?

Le Gouvernement souhaite que les Français aient accès à toute l’information disponible. C’est pourquoi la stratégie vaccinale a été présentée au Parlement dans le cadre d’un débat prévu par l’article 50-1 de la Constitution au cours du mois de décembre.

Par ailleurs, le président de la République a voulu que les citoyens puissent avoir connaissance des débats scientifiques, qu’ils puissent dialoguer avec les experts et aider les pouvoirs publics à être plus pertinents, plus clairs, plus attentifs à leurs préoccupations. Dans cette perspective, un Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, présidé par le Professeur Alain Fischer et placé auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, est chargé d’appuyer le Gouvernement dans ses choix.

Ce conseil comprend des représentants des différentes parties prenantes que le Gouvernement associe à la mise en œuvre de cette politique vaccinale : experts scientifiques, y compris des sciences humaines et sociales, professionnels de santé, représentants des collectivités locales, associations de patients, citoyens eux-mêmes au travers du cadre de dialogue mis en place par le Conseil économique, social et environnemental. Le collectif de citoyens comprend 35 citoyens tirés au sort.

En outre, les données chiffrées relatives aux stocks de vaccins, aux lieux de vaccination, aux livraisons de vaccins, aux personnes vaccinées, ainsi qu’aux rendez-vous pris dans les centres, sont disponibles en open data sur le site data.gouv.fr.

Quel sera le rôle des médecins généralistes dans la stratégie vaccinale ?

Le médecin généraliste sera au cœur du dispositif, en particulier le médecin traitant. Cela d’autant plus à partir de la phase 2, qui concernera près de 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou une pathologie chronique.
Les médecins généralistes pourront commencer à vacciner à partir ddu 25 février, avec le vaccin AstraZeneca, les personnes de 50 à 65 ans avec des comorbidités. Chacun doit pouvoir se faire vacciner par un professionnel de santé à côté de chez lui, qu’il connaît, et en qui il a confiance.

À quoi sert le collectif de citoyens appelés à se prononcer sur la vaccination ?

Le collectif de citoyens comprend 35 citoyens tirés au sort. Sa composition a vocation à être la plus représentative possible de la société française.
Depuis le 16 janvier 2021, ses membres sont invités à émettre et à adresser au Gouvernement, au Conseil d’orientation pour la stratégie vaccinale présidé par le Professeur Fischer et à l’exécutif leurs questionnements relatifs à la vaccination, que ceux-ci soient d’ordre scientifique, sanitaire, technique ou financier. Ils peuvent également exprimer les craintes, les résistances ou encore les questions liées aux enjeux éthiques de la campagne nationale de vaccination. Le collectif n’a pas vocation à définir la stratégie vaccinale ou à se substituer au travail quotidien de lien avec les élus et les professionnels de santé, mais constitue un outil complémentaire pour assurer la réussite de la politique vaccinale.

La vaccination sera-t-elle gratuite ?

Etant donné l’enjeu de santé publique, l’absence de couverture médicale ne doit en aucun cas constituer un frein à la vaccination.
Le décret n° 2020-1833 du 31 décembre 2020 publié au JORF du 1er janvier 2021 garantit l’absence de reste à charge sur les frais de vaccination y compris pour les personnes ne bénéficiant d’aucune couverture sociale.

Comment peut-on faciliter l’accès à la vaccination des personnes âgées précaires ?

Les inégalités sociales ne doivent pas accroître les inégalités de santé, il est donc primordial que les personnes âgées précaires puissent bénéficier de la vaccination au même titre que tous les citoyens.
Les ARS, l’Assurance maladie, les préfets, les maires et les associations vont développer les opérations d’"aller-vers". Celles-ci permettent de proposer des vaccins qui peuvent être administrés dans des bus ambulants et des barnums temporaires directement installés dans les quartiers populaires.

Y a-t-il des avantages pour les personnes vaccinées, en matière de liberté de circulation par exemple ("Passeport Covid") ?

Non, la vaccination n’étant pas obligatoire, elle n’ouvre pas de droits supplémentaires aux personnes vaccinées.

À ce stade, il n’a pas été envisagé de « passeport sanitaire » pour plusieurs raisons :
- La vaccination est progressive et ne sera généralisée à toutes les tranches de la population qu’à partir du printemps.
- Le vaccin permet d’éviter les formes graves mais, à ce stade, l’effet du vaccin sur la transmission du virus est incertain. Ainsi, il demeure nécessaire, même quand on est vacciné, de limiter ses contacts et de respecter les gestes barrières jusqu’à la fin de la crise sanitaire.
- De plus, certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées car elles ont des contre-indications médicales.

Pourquoi vacciner contre un virus qui ne cesse de muter ?

Des recherches sont en cours afin de déterminer le niveau d’efficacité des vaccins contre les nouvelles variantes. On a de bonnes raisons d’espérer que le vaccin garde toute son efficacité étant donné la nature de la mutation.

Généralement, les virus mutent (le matériel génétique du virus change). Cela se produit à des rythmes différents selon les virus et les mutations n’affectent pas nécessairement l’efficacité du vaccin contre le virus. Certains vaccins contre les maladies virales restent efficaces de nombreuses années après leur mise au point et offrent une protection durable, comme les vaccins contre la rougeole ou la rubéole. D’autre part, pour des maladies comme la grippe, les souches de virus changent si souvent et à tel point que la composition du vaccin doit être mise à jour chaque année pour être efficace.

Compte tenu de la circulation importante de la souche initiale de SARS COV 2, il demeure essentiel de protéger la population des formes graves du COVID 19 par la vaccination.