Foire aux questions : la vaccination des femmes enceintes, allaitantes ou en projet de grossesse

La vaccination des femmes enceintes, allaitantes ou en projet de grossesse

Dans son avis du 17 novembre 2021, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français recommande la vaccination de toutes les femmes enceintes, quel que soit le stade de la grossesse. En outre, dans sa note du 2 février 2022, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale rappelle l’importance de la vaccination, y compris en rappel, chez les femmes enceintes et les femmes ayant un désir de grossesse.

De manière générale, les femmes enceintes sont plus à risque de développer des formes graves de Covid-19 que les femmes du même âge qui ne sont pas enceintes. Cette plus forte vulnérabilité accroît les risques de complications de la grossesse, la survenue d’accouchement prématuré et de complications pour le fœtus et le nouveau-né chez les femmes enceintes infectés au Covid-19.

Alors que plusieurs centaines de milliers de femmes enceintes ont, à ce jour, été vaccinées avec un vaccin à ARNm, peu d’effets indésirables ont été recensés ; les femmes enceintes vaccinées au premier trimestre ne sont pas plus à risques de fausses couches.

La grossesse ne constitue pas une contre-indication à la vaccination et n’est donc pas une dérogation possible à l’obligation vaccinale.

A la suite de l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) du 13 juillet 2022, une deuxième dose de rappel est recommandée pour les femmes enceintes dès 6 mois après le dernier rappel, en respectant un délai de 3 mois après l’infection, en cas d’infection survenue après le premier rappel.

Pour aller plus loin, consultez notre flyer d’information à destination des femmes enceintes : Covid-19 et grossesse : pourquoi est-il important de se faire vacciner quand on est enceinte ?

Découvrez ci-dessous les réponses du Pr Alain Fischer à vos questions sur la vaccination et la grossesse

Selon une étude écossaise parue récemment dans Nature Medicine, les femmes enceintes non-vaccinées et leurs nouveau-nés sont particulièrement exposés aux risques de formes graves en cas d’infection au Covid-19. À titre d’exemple, l’étude en question indique que, 98% des admissions en soins critiques et des cas d’enfants mort-nés ont eu lieu chez des femmes enceintes non-vaccinées.

La non-vaccination entraine des risques pour la femme enceinte et son enfant.

Une femme enceinte infectée au Covid-19 a 22 fois plus de risques d’accoucher prématurément, 18 fois plus de risques de se retrouver en réanimation, 2,8 fois plus de risques d’avoir un enfant mort in utero et 5 fois plus de risques de voir son enfant en réanimation.

Les femmes enceintes, si elles ont le Covid-19, ont plus de risques que les autres de développer une forme grave de la maladie. Il est donc important pour elles de se vacciner. Les femmes enceintes qui se font vacciner transmettent des anticorps au fœtus et protègent ainsi le nouveau-né contre le virus. La vaccination des femmes enceintes est recommandée dès le 1er trimestre de grossesse.

Se faire vacciner lorsqu’on est enceinte, c’est se protéger et protéger son bébé.

Les femmes enceintes ont plus de risques que la population générale de développer une forme grave si elles ont le Covid-19, d’être admises en réanimation et de nécessiter une assistance respiratoire. Par exemple, elles ont quatre fois plus de risques d’être admises en soins intensifs que les femmes du même âge qui ne sont pas enceintes. Et ce risque augmente au fil de la grossesse.

Une femme enceinte infectée au Covid-19 a 22 fois plus de risques d’accoucher prématurément, 18 fois plus de risques de se retrouver en réanimation, 2,8 fois plus de risques d’avoir un enfant mort in utero et 5 fois plus de risques de voir son enfant en réanimation.

Les autorités scientifiques recommandent aux femmes enceintes de se faire vacciner. Une femme enceinte est une personne à risque de Covid-19 plus grave qu’une femme du même âge non-enceinte. Les études montrent que la vaccination des femmes enceintes les protège efficacement contre l’infection et contre les formes graves de la maladie. De plus, les études réalisées ont prouvé qu’il n’y a aucun sur-risque pour les femmes enceintes à se faire vacciner, ni pour elles-mêmes ni pour leur bébé, et ce quel que soit le stade de la grossesse.

Se faire vacciner lorsqu’on est enceinte, c’est se protéger et protéger son bébé.

Oui, il est normal qu’en étant enceinte, on puisse se poser des questions sur le bénéfice de la vaccination pour soi-même et son futur bébé.

Une femme peut se faire vacciner dès le 1er trimestre de la grossesse.

Dans son avis du 17 novembre 2021, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français recommande la vaccination à toutes les femmes enceintes, quel que soit le stade de la grossesse. En outre, dans sa note du 2 février 2022, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale rappelle l’importance de la vaccination, y compris en rappel, chez les femmes enceintes et les femmes ayant un désir de grossesse. Il n’y a pas de conséquences ni pour la maman, ni pour la grossesse, ni pour le futur bébé. De ce fait, les femmes enceintes peuvent se faire vacciner dès le début de la grossesse, il n’y a pas de raisons d’attendre.

Découvrez ci-dessous les réponses du Pr Alain Fischer à vos questions sur la vaccination et la grossesse


Le vaccin et le fœtus/nouveau-né

Le Covid-19 peut avoir des effets négatifs sur le fœtus si sa mère est porteuse du virus. Cela peut causer un retard de croissance et le risque de naissance prématurée est plus de 2 fois plus important. Il y a également un risque de mort fœtale in utero (c’est-à-dire durant la grossesse) près de trois fois plus important. La vaccination évite ces complications.

L’ARNm, le principe actif du vaccin, est éliminé par le corps de la mère quelques jours après l’injection du vaccin. Il ne circule ni dans le sang maternel, ni dans le placenta, contrairement aux anticorps qui eux se transmettent de la mère au fœtus : seule la réponse immunitaire persiste. Ainsi, lorsque la mère est vaccinée durant sa grossesse, l’enfant est protégé contre le Covid-19 dès la naissance et dans les premiers mois de la vie.

Par ailleurs une étude américaine récente montre le bénéfice de la vaccination des mères sur les nouveau-nés qui sont moins susceptibles d’être hospitalisés au cours de leurs 6 premiers mois de vie.

Les composants du vaccin restent, pour la très grande majorité, localisés au niveau de la zone d’injection. Ils sont ensuite rapidement dégradés par notre corps après injection. Ainsi, ils ne passent pas par le placenta et les conséquences sur le bébé à long terme sont donc très peu probables.

Plusieurs études et suivis étroits de pharmacovigilance ont été menées concernant l’impact de la vaccination contre le Covid-19 sur les femmes enceintes et allaitantes ainsi que pour le bébé. Aucun sur-risque n’a été détecté à ce jour.

Compte tenu des avantages pour la mère et l’enfant que représente l’allaitement maternel, l’OMS recommande de poursuivre l’allaitement au sein pendant une infection par le Covid-19 et après la vaccination. Cependant, l’OMS recommande de mettre en place des mesures d’hygiène telles que le lavage fréquent des mains et le port du masque afin de limiter le risque de transmission du virus vers le nouveau-né.


Vaccination et fertilité

À ce stade, aucune étude n’a démontré l’impact du vaccin sur la fertilité des femmes ayant un projet de grossesse. Il n’y a aucun délai à respecter entre une vaccination contre le Covid-19 et le début d’une grossesse.

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Le suivi des vaccinations réalisées chez les femmes enceintes nous permet aujourd’hui d’affirmer qu’aucun signal de sécurité particulier n’a été identifié à ce jour. Si une première dose a été administrée en début de grossesse non-connue, il n’existe à ce jour aucun élément permettant d’attester un quelconque risque relatif à la sécurité de l’enfant ou de la mère. Le schéma vaccinal peut donc être normalement poursuivi.


Troubles menstruels

En novembre 2021, une étude a été mise en place par l’ANSM pour mettre en place une surveillance des troubles menstruels déclarés après la vaccination par vaccin à ARNm. Depuis le début de la campagne vaccinale, 3 870 cas de troubles menstruels ont été observés après la vaccination avec Comirnaty et 562 cas après la vaccination avec Spikevax. Les effets se manifestent principalement de deux manières : par des saignements anormaux (les métrorragies, ménorragies) et par des retards de règles et aménorrhées. Ces effets sont survenus aussi bien après la première injection, qu’après la deuxième injection.

Il s’agit majoritairement d’événements non graves, de courte durée et spontanément résolutifs. À ce jour, les données disponibles ne permettent pas de déterminer le lien direct entre le vaccin et la survenue de ces troubles du cycle menstruel. Ces évènements restent sous surveillance.


Le Pr Olivier Picone, gynécologue-obstétricien, nous parle du virus du Covid-19 quand on est enceinte et de l’importance de la vaccination.