Conférence ministérielle sur la santé mentale des jeunes vulnérables

Les 14 et 15 mars, ministres européens de la santé, professionnels et experts de la société civile en santé mentale se réuniront afin d’identifier les leviers politiques et financiers permettant une meilleure prise en compte des besoins en santé mentale des jeunes vulnérables de toute l’Europe.

La première journée de conférence laissera la parole aux experts institutionnels et de terrain : Unicef, Mental Health Europe, l‘Organisation internationale des migrations, l’OCDE, le Bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé, Housing First Europe Hub et des représentants de la Commission européenne, du Parlement européen et du ministère des Solidarités et de la Santé. La seconde journée réunira les ministres européens chargés de la santé, et sera ouverte et clôturée conjointement par Olivier Véran, ministre français des Solidarités et de la Santé et la commissaire européenne à la santé Stella Kyriakydes. Les débats des deux jours seront animés par Stéphanie Seydoux, ambassadrice pour la santé mondiale.

Les questions de santé mentale, que ce soit pour les soins qu’elles réclament ou les handicaps qu’elles génèrent, pèsent désormais financièrement davantage sur nos systèmes de santé que les pathologies cardio-vasculaires ou que les cancers : elles représentent plus de 4% du PIB de l’Union européenne (source : Commission européenne).

Ce fardeau sociétal est pourtant en partie évitable. La conjonction de la pandémie de Covid-19, qui a entraîné une forte augmentation des problèmes de santé mentale, et d’un sous-financement historique de la santé mentale a fortement creusé l’inadéquation entre l’offre et les besoins, à laquelle s’ajoute parfois un retard des politiques de prévention et de promotion de la santé mentale.
Le contexte récent du conflit en Ukraine va encore, dans certaines régions, augmenter les besoins de soutien psychosocial aux populations déplacées, et plus généralement de prise en compte de l’impact psychologique d’une guerre aux frontières de l’UE.

Les jeunes vulnérables, une catégorie particulièrement concernée

Parmi les populations vulnérables, les jeunes constituent une catégorie particulièrement concernée par les problèmes de santé mentale. Le soutien à la santé mentale des enfants et des jeunes est d’autant plus utile que le potentiel de résilience chez ces futurs citoyens est important. Ainsi, des actions efficaces en matière de santé mentale sont possibles, nécessaires et constituent un véritable investissement humain et même économique. Enjeu de santé publique tout autant que de société, la santé mentale des jeunes en situation de vulnérabilité nécessite la mise au point de réponses multisectorielles.

Cet événement se concentrera sur les jeunes ni en formation, ni en emploi, et sur les jeunes migrants, comme modèles de conception de politiques différenciées. Il visera à éclairer les leviers politiques et financiers permettant de répondre aux besoins identifiés par les experts professionnels et de la société civile. Cet événement contribuera à maintenir la dynamique internationale en faveur de la santé mentale et appuiera les travaux en cours au sein de l’UE27.

Organisée sur deux jours, la conférence permettra dans un premier temps à des experts de formuler des propositions d’actions concrètes et prioritaires à travers l’animation de deux tables rondes. Ces dernières viseront à discuter des instruments à mobiliser pour la mise au point de politiques de santé mentale multisectorielles, de l’intégration de l’expertise des jeunes concernés dans la conception et la mise en œuvre de ces politiques et du développement d’indicateurs de suivi des politiques de santé mentale partagés au sein de l’Union. Cette session accueillera également le témoignage de deux jeunes ambassadeurs de l’Unicef, anciens mineurs non accompagnés.

Puis une session ministérielle permettra aux participants de réagir sur les grands thèmes identifiés, de témoigner des actions déjà mises en place et d’appeler à une mobilisation intersectorielle.