Professionnels : votre rôle pour préserver l’efficacité des antibiotiques

Les professionnels de santé sont les premiers acteurs de la mise en œuvre de la stratégie de juste utilisation des antibiotiques.

L’administration répétée d’antibiotiques chez l’homme ou l’animal crée une pression de sélection qui favorise l’émergence et la dissémination de souches résistantes aux antibiotiques.

Pendant de nombreuses années, les progrès pharmaceutiques ont offert de nouvelles molécules pour répondre aux impasses thérapeutiques générées par l’apparition d’un mécanisme de résistance. Aujourd’hui, les nouvelles molécules sont rares et la maîtrise de la résistance aux antibiotiques est devenue un enjeu majeur de santé publique.

La juste utilisation des antibiotiques (« quand il faut, juste ce qu’il faut ») permet à la fois une meilleure qualité de prise en charge des patients et une réduction des prescriptions et des consommations injustifiées ; le juste usage permet de préserver l’efficacité des antibiotiques en réduisant le risque de développement des résistances bactériennes (en allégeant la « pression de sélection » vers la résistance aux agents antimicrobiens).

L’antibiorésistance a des conséquences sur votre pratique quotidienne : elle peut vous confronter à d’avantage d’échecs thérapeutiques et une prise en charge plus complexe et elle met en danger la santé de vos patients et celle de la collectivité.

Améliorer la prise en charge par les antibiotiques

Pour que la prise en charge soit efficace le professionnel doit avoir à sa disposition des outils lui permettant de faire les bons choix, être formé aux spécificités des infections bactériennes, tout comme sur l’utilisation des antibiotiques et des phénomènes de résistance.

Il est également nécessaire que le patient soit confiant dans la démarche du professionnel et dans la solution thérapeutique qu’il préconise, afin que le traitement soit correctement suivi.

L’usage des antibiotiques doit être réservé aux seules situations dans lesquelles ils sont nécessaires. Suivre, lorsque les antibiotiques sont indiqués, les recommandations de bonnes pratiques pour choisir l’antibiotique le mieux adapté, la dose et la durée de prescription adéquate. Les recommandations prennent en compte l’évolution des résistances aux antibiotiques. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est nécessaire d’utiliser ceux qui sont préconisés en première intention.

Préserver les antibiotiques considérés comme « critiques »

Plusieurs instances au niveau communautaire et international (Organisation Mondiale de la Santé) ont engagé des réflexions sur la détermination d’antibiotiques dits "critiques", prenant en compte des considérations épidémiologiques spécifiques et la perception de la nécessité de renforcer l’encadrement de leur usage. En France, l’ANSM a établi la liste de ces antibiotiques dits « critiques ».

Ces antibiotiques "critiques" nécessitent une prescription et/ou une dispensation contrôlée par des mesures spécifiques. Ils regroupent à la fois ceux qui sont considérés comme particulièrement générateurs de résistances bactériennes, et ceux qui présentent un intérêt particulier en traitement dit de "dernier recours" de certaines infections.

JPEG - 78.8 ko

Les antibiotiques dits "de dernier recours" peuvent être des antibiotiques de dernière ligne sans autre alternative thérapeutique et s’adressent à des pathologies graves ou à des infections dues à des bactéries multirésistantes encore sensibles à ces antibiotiques de dernier recours. Leur utilisation en est principalement hospitalière.
Ces listes d’antibiotiques sont amenées à évoluer en fonction des données de surveillance de l’évolution des résistances et des bactéries et de la politique de gestion des antibiotiques, considérant le contexte national et européen tant du côté humain que du côté vétérinaire.

Pour en savoir plus :
- Les antibiotiques considérés comme "critiques" : premières réflexions sur leur caractérisation - Point d’information (ANSM)

La surveillance de la résistance

La surveillance des résistances et de leurs émergences est nécessaire pour proposer des actions adaptées à la réalité du terrain.
La surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques repose sur de nombreux partenaires et réseaux de surveillance dont la coordination est placée sous l’égide de Santé publique France.
Ciblée sur des pathogènes spécifiques, la surveillance repose sur le volontariat des laboratoires participants, dans les établissements de santé et en ville.

pdf Étude Burden BMR : estimation du poids des infections à bactéries (...) Téléchargement (913.9 ko)

Pour en savoir plus :
- Résistance aux anti-infectieux (Santé Publique France)
- Observatoire National de l’Epidémiologie de la Résistance Bactérienne aux Antibiotiques (ONERBA)

Cette surveillance française entre dans le cadre d’une surveillance à l’échelle européenne de la résistance aux antibiotiques en santé humaine (European Antimicrobial Resistance Surveillance Network, EARS-Net). En parallèle, un réseau de surveillance en santé animale (Resapath), piloté par l’ANSES recueille les données de surveillance de la résistance des bactéries pathogènes pour les animaux.

pdf Résistance aux antibiotiques dans l’Union européenne (en anglais) Téléchargement (1.1 Mo)