Les inégalités de santé bucco-dentaires

Malgré la tendance générale à l’amélioration, constatée notamment chez les enfants d’âge scolaire (enquête UFSBD 2006) et qui bénéficie aux enfants de toutes les catégories socioprofessionnelles, les inégalités de santé bucco-dentaire restent marquées

Une pathologie très inégalement répartie

A 12 ans, 6% des enfants non-indemnes cumulent 50% des dents atteintes et 20% cumulent 72% des dents atteintes.

Des inégalités liées à la situation sociale des parents

Les enfants d’agriculteurs, d’ouvriers, d’inactifs, de même que les enfants scolarisés en ZEP ou en zone rurale, sont plus significativement atteints par la carie.

L’indice CAO [1] à 12 ans est de :

  • 1,55 chez les enfants d’ouvriers ; 0,90 chez les enfants de cadres supérieurs
  • 1,59 en zone rurale ; 1,16 dans les petites agglomérations

La corrélation des inégalités de santé bucco-dentaires et sociales

De manière générale, dans l’ensemble de la population, les inégalités de santé bucco-dentaire sont fortement corrélées avec les inégalités sociales :

  • Les renoncements aux soins pour les jeunes sont 2 fois plus importants dans les classes sociales défavorisées. (source Enquête 2000 sur la Santé bucco-dentaire des jeunes franciliens de moins de 20 ans – URCAM d’Ile de France)
  • Selon la catégorie socioprofessionnelle : le pourcentage d’adultes ayant des dents manquantes non remplacées varie du simple au double (21% à 43%), le recours au chirurgien-dentiste à titre préventif varie de 25.7% à 46,7%, les renoncements aux soins ou prothèses dentaires varient de 4% à 12% (source CREDES – enquête 2000)
  • Selon les enquêtes de l’IRDES (ESPS 2000 notamment), 45% des ouvriers non qualifiés déclarent au moins une dent manquante non remplacée contre 29% des cadres. De même, l’enquête « Précalog » du CREDES (2000) et l’étude d’ATD-quart monde de juillet 2005, ainsi que l’étude de l’observatoire régional de santé d’Ile de France « Etat bucco-dentaire et recours aux soins préventifs et curatifs de la population francilienne adulte » (octobre 2008), viennent confirmer la relation étroite qui lie mauvais état de santé bucco-dentaire et précarité.
  • Le recours aux soins, mesuré par la « consommation » de soins dentaires, fait aussi apparaître des inégalités significatives : ce recours est fortement lié au niveau de revenu et au niveau de couverture par l’assurance maladie complémentaire, le taux de renoncement à des soins bucco-dentaires étant significativement plus élevé parmi les ménages disposant de faibles revenus ou d’une faible couverture complémentaire.

Des inégalités d’exposition au risque et de recours aux soins

Les inégalités constatées traduisent :

  • d’une part, une exposition inégale au risque : les habitudes favorables à la santé bucco-dentaire(brossage biquotidien, exposition aux fluorures, alimentation variée) sont plus répandues dans la population qui bénéficie d’un meilleur niveau d’éducation et de revenus,
  • d’autre part, un recours aux soins inégal lui aussi : les cadres consultent plus fréquemment un chirurgien-dentiste que les catégories sociales peu qualifiées. Plusieurs facteurs contribuent à expliquer ce moindre recours aux soins dans les populations les moins favorisées : un facteur financier évident (certains actes et traitements dentaires sont coûteux et laissent à la charge du patient une large part des honoraires) ; mais aussi un facteur socioculturel : la peur de soins réputés douloureux, l’attention apportée à son corps, et le niveau d’information en matière de santé ne sont pas également répartis dans la population.
Documents à consulter :
pdf La santé bucco-dentaire des enfants de 6 et 12 ans en France, en 2006 (Fiche (...) Téléchargement (24 ko)
pdf La santé bucco-dentaire des personnes handicapées (DGS, septembre (...) Téléchargement (306.9 ko)

Source :
Direction Générale de la Santé
Sous direction Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques
14 avenue Duquesne
75350 PARIS SP 07

[1L’indice CAO est le nombre de dents cariées ©, absentes (A) ou obturées (O) par personne. Le CAO moyen à l’âge de 12 ans est très utilisé pour comparer l’état de santé bucco-dentaire de différentes populations