La politique publique de prévention du suicide


A la suite de la reconnaissance du suicide comme problème de santé publique dans le courant des années 1990, une politique publique spécifique de prévention du suicide a été mise en place.

Programme national d’actions contre le suicide 2011-2014

Un comité de pilotage, présidé par David Le Breton, sociologue à l’université Marc Bloch de Strasbourg a été mis en place pour travailler à une approche globale de la question du suicide : de la prévention à la prise en charge des suicidants et à la postvention, qui comprend toutes les actions de prise en charge de l’entourage de la personne décédée par suicide.

Certaines populations plus vulnérables au risque suicidaire ont fait l’objet d’une attention particulière : les personnes âgées, les jeunes homosexuels, les personnes placées sous main de justice les personnes souffrant d’addictions et les proches de victimes de suicides.

C’est sur la base du rapport de ce comité de pilotage que le programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 a été élaboré en partenariat avec les ministères concernés (ministères en charge de la justice, du travail, de l’éducation nationale, de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de la cohésion sociale) , dans la continuité de la stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005.

Ce programme a été lancé à l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide du 10 septembre 2011. Il fait une large place à la prévention, aborde la question du suicide dans sa globalité. Il définit les actions à mener dans le champ de la prévention et de l’amélioration de la prise en charge des suicidants et, le cas échéant, de l’accompagnement de leur entourage (« postvention »).

Il comporte 49 mesures, regroupées en six axes :

- le développement de la prévention et de la postvention,
- l’amélioration de la prise en charge des personnes en risque suicidaire et de leur entourage,
- l’information et la communication autour de la santé mentale et de la prévention du suicide,
- la formation des professionnels,
- le développement des études et de la recherche,
- l’animation du programme au niveau local.

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Dans le cadre du programme national d’actions contre le suicide 2011-2014, des documents de sensibilisation des détenteurs d’armes à feu à l’entreposage sécuritaire de leurs armes ont été élaborés par un groupe de travail composé, notamment, de la fédération nationale des chasseurs, de l’office national de la chasse et de la faune sauvage et de l’office national des forêts.

pdf Suicide par arme à feu : vous pouvez éviter le pire - Fiche Téléchargement (344.4 ko)
pdf Suicide par arme à feu : vous pouvez éviter le pire - Affiche Téléchargement (272.8 ko)

Le programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 soutient par ailleurs le programme Papageno, qui vise à sensibiliser les journalistes à un traitement médiatique juste et responsable de la question du suicide. Consultez le site du programme Papageno.

Le programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 porte une attention particulière à l’amélioration de la prise en charge des personnes en risque suicidaire.

Des recommandations sur le repérage, le diagnostic et la prise en charge de la dépression de l’adolescent ont été élaborées par la Haute autorité de santé (HAS) en 2014.

La dépression peut, chez l’adolescent, être difficile à repérer et passer inaperçue. On estime près de 8 % des adolescents entre 12 et 18 ans en souffriraient. Ces recommandations visent à aider les médecins de premier recours à repérer la souffrance dépressive de l’adolescent, diagnostiquer et évaluer l’intensité de la manifestation dépressive, repérer une crise suicidaire, instaurer une prise en charge adaptée et orienter l’adolescent vers des soins spécialisés si nécessaire.

>> Consultez la page Manifestations dépressives à l’adolescence : repérage, diagnostic et prise en charge en soins de premier recours : recommandation de bonne pratique (HAS - novembre 2014).

pdf Bilan 2011-2014 Téléchargement (2.1 Mo)

Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005

Après un premier plan lancé en 1998, la « Stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 » avait été lancée autour de quatre axes prioritaires d’intervention :

- favoriser le dépistage de la crise suicidaire,
- diminuer l’accès aux moyens létaux,
- améliorer la prise en charge des suicidants,
- approfondir la connaissance épidémiologique.

L’évaluation de la stratégie nationale d’actions face au suicide 2000-2005 a mis en évidence l’ampleur et la diversité des actions développées dans ce cadre. Près de 1,5 millions d’euros ont été consacrés à cette cause au niveau national entre 2000 et 2005 et près de 20 millions d’euros ont été engagés par les régions sur la période 2000-2004, grâce aux ressources de l’assurance maladie et aux crédits des services déconcentrés de l’Etat.

La prolongation des actions de la Stratégie 2000-2005 a été inscrite dans l’axe 4.1 « Dépression et suicide » du plan Psychiatrie et santé mentale 2005-2008.

La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique fixait dans son annexe un objectif quantifié de réduction du nombre des décès par suicide d’environ 12 000 à moins de 10 000 cas par an à l’horizon 2008.

Entre 2000 et 2008, le nombre de suicides a décru de 5 %. Les taux standardisés de suicide ont quant à eux diminué de 20% entre 1990 et 2008 et de 11% entre 2000 et 2008. La diminution a été la plus importante pour les plus âgés et pour les plus jeunes. Toutefois, les taux de décès par suicide ont augmenté de façon modérée chez les hommes de 45-54 ans (+5% entre 2000 et 2008). [1]

L’observatoire national du suicide (ONS)

L’observatoire national du suicide (ONS) a été créé par décret le 10 septembre 2013 par Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé. Cette instance réunit, autour de cette question, les représentants des acteurs institutionnels (ministères, opérateurs de l’Etat et caisses d’assurance maladie), des parlementaires, ainsi que des chercheurs, des professionnels de santé de diverses disciplines, des personnalités qualifiées et des représentants d’associations.

L’ONS a pour mission d’améliorer la connaissance des mécanismes conduisant aux suicides et de mieux coordonner et exploiter les différentes données existantes. Il se réunit deux fois par an en séance plénière. En parallèle, des groupes thématiques travaillent plus spécifiquement dans les domaines du suivi épidémiologique et de la recherche. L’ONS établit un rapport annuel, qui s’attache à développer chaque année un focus thématique.

pdf Suicide : État des lieux des connaissances et perspectives de recherche (...) Téléchargement (2.4 Mo)
pdf Discours de Marisol Touraine - Réunion de lancement de l’Observatoire (...) Téléchargement (34.2 ko)
pdf Décret no 2013-809 du 9 septembre 2013 portant création de l’Observatoire (...) Téléchargement (98.8 ko)

Source :
Direction générale de la santé (DGS)
Sous-direction « promotion de la santé et prévention des maladies chroniques »
Bureau Psychiatrie et santé mentale
14, avenue Duquesne
75007 Paris

[1L’état de santé de la population en France - Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique - Rapport 2011, DREES