La politique de prévention du suicide

Le suicide est un phénomène complexe qui résulte de l’interaction de nombreux facteurs. Ces déterminants biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux sont de mieux en mieux connus. Parmi les principaux facteurs de risque figurent les troubles psychiques, les antécédents familiaux, l’appartenance à un groupe vulnérable, la précarité des conditions de vie, l’isolement, etc. Les idées suicidaires et des antécédents personnels de comportement suicidaire comptent également parmi les facteurs de risque les plus importants.

« Chaque suicide est une catastrophe, à l’origine de beaucoup de douleurs ou de traumatismes chez les proches, et il peut être l’un des évènements les plus difficiles auxquels sont confrontés les professionnels de santé. On considère qu’un suicide endeuille en moyenne sept proches et impacte plus de vingt personnes. Il est aussi démontré que le risque de suicide augmente significativement dans l’entourage d’une personne suicidée (famille, camarades de classe, collègues de travail, etc.)  », Pierre Thomas, « Prévention du suicide : l’évaluation est indispensable », Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2019, SPF.

Les études épidémiologiques de ces vingt dernières années ont permis d’identifier des actions permettant de diminuer la mortalité et la morbidité suicidaires de façon efficace : le suicide est en grande partie évitable.

Chiffres clefs :
 
  • Le suicide représente en France plus de 9 200 décès par an, soit trois fois plus de décès que les accidents de la route ;
  • 89 000 personnes ont été hospitalisées en médecine et chirurgie pour tentatives de suicide en 2017 mais on estime à 200 000 le nombre de tentatives de suicide au total ;
  • Le taux de suicide est en France l’un des plus élevés d’Europe avec 12,5 décès pour 100 000 habitants, pour une moyenne européenne de 10,3/100 000 habitants ;
  • Le suicide en France concerne en premier lieu les hommes, avec un taux de suicide de 19,4 sur 100 000 habitants, et dans une moindre mesure les femmes avec un taux de suicide de 6,0 sur 100 000 habitants ;
  • Chaque année le suicide est responsable de la mort de près de 400 adolescents en France, ce qui en fait la 2e cause de mortalité pour cette tranche d’âge.

Pour aller plus loin : Les données épidémiologiques les plus récentes avec le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France et les rapports de l’Observatoire national du suicide.

C’est pourquoi, l’une des recommandations principales du Haut conseil de la santé publique, dans son rapport d’évaluation du programme national d’actions contre le suicide 2011-2015, est de centrer les actions de prévention du suicide sur les populations à risque, en prenant en compte les catégories de comportement suicidaire et de troubles psychiques suicidogènes.

La prévention du suicide est un enjeu majeur de santé publique. C’est une priorité pour le ministère des Solidarités et de la Santé qui l’a inscrite dans l’action 6 de la Feuille de route santé mentale et psychiatrie de 2018.

L’objectif de la stratégie nationale de prévention du suicide consiste à mettre œuvre de façon coordonnée dans les territoires un ensemble d’actions intégrées de prévention du suicide qui sont :