La politique de prévention du suicide

"Chaque suicide est une catastrophe, à l’origine de beaucoup de douleurs ou de traumatismes chez les proches, et il peut être l’un des évènements les plus difficiles auxquels sont confrontés les professionnels de santé. On considère qu’un suicide endeuille en moyenne 7 proches et impacte plus de 20 personnes. Il est aussi démontré que le risque de suicide augmente significativement dans l’entourage d’une personne suicidée (famille, camarades de classe, collègues de travail, etc.) » [1]

Le suicide est un phénomène complexe qui résulte de l’interaction de nombreux facteurs. Ces déterminants biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux sont de mieux en mieux connus. Parmi les principaux facteurs de risque figurent les troubles psychiques, les antécédents familiaux, l’appartenance à un groupe vulnérable, la précarité des conditions de vie, l’isolement, etc. Les idées suicidaires et des antécédents personnels de comportement suicidaire comptent également parmi les facteurs de risque les plus importants.

Les études épidémiologiques de ces 20 dernières années ont permis d’identifier des actions permettant de diminuer la mortalité et la morbidité suicidaires de façon efficace : le suicide est en grande partie évitable.

Chiffres clefs :
  • Le suicide représente en France près de 9 300 décès et 200 000 tentatives de suicide par an, soit plus de 24 décès par jour.
  • Le taux de suicide est en France l’un des plus élevés d’Europe avec 14/ 100 000 habitants, pour une moyenne européenne de 10,3/100 000 habitants.
  • Le suicide en France concerne en premier lieu les hommes, avec un taux de suicide de 22/100 000 habitants, et dans une moindre mesure les femmes avec un taux de suicide de 5,9/100 000 habitants.
  • Chaque année le suicide est responsable de la mort de près de 400 adolescents en France, ce qui en fait la 2e cause de mortalité pour cette tranche d’âge.

Pour aller plus loin : Les données épidémiologiques les plus récentes avec le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France et les rapports de l’Observatoire national du suicide.

C’est pourquoi, l’une des recommandations principales du Haut conseil de la santé publique, dans son rapport d’évaluation du programme national d’actions contre le suicide 2011-2015, est de centrer les actions de prévention du suicide sur les populations à risque, en prenant en compte les catégories de comportement suicidaire et de troubles psychiques suicidogènes.

La prévention du suicide est un enjeu majeur de santé publique. C’est une priorité pour le ministère des solidarités et de la santé qui l’a inscrite dans l’action 6 de la Feuille de route santé mentale et psychiatrie de 2018 et dans l’instruction du 10 septembre 2019 relative à la stratégie multimodale de prévention du suicide. Leur objectif consiste à mettre œuvre de façon coordonnée dans les territoires un ensemble d’actions intégrées de prévention du suicide qui sont :
- le dispositif VigilanS de maintien du contact avec la personne qui a fait une tentative de suicide,
- la formation actualisée au repérage, à l’évaluation et à l’intervention de crise suicidaire,
- les actions de prévention de la contagion suicidaire,
- et la mise en place d’un numéro national de prévention du suicide.

[1Pierre Thomas, "Prévention du suicide : l’évaluation est indispensable", Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2019, SPF.