Agir contre les végétaux à pollen allergisant

Les pollens sont reconnus comme pollution de l’air par la législation française, en tant qu’agents biologiques (article L.220-2 du code de l’environnement). Des actions de surveillance, de prévention et de réduction relative à la présence de pollens allergisants dans l’air sont menées aux différents échelons géographiques et sont présentées ci-dessous.

Au niveau national

Troisième Plan national en Santé Environnement (PNSE 3) (2015-2019)

A la suite des travaux qui ont été conduits dans le cadre du PNSE 1 et du PNSE 2, plusieurs actions de prévention des pollens ont été inscrites dans le PNSE 3 et seront mises en œuvre d’ici à 2019 :

- Action n°8 : renforcer la surveillance, les prévisions et l’information sur les concentrations de pollens et de moisissures allergisantes dans l’air extérieur.
- Action n°9 : réaliser un travail de hiérarchisation des pollens, surveiller le développement de nouvelles espèces végétales dont le pollen pourrait s’avérer nocif pour la santé, élaborer des recommandations pour limiter leur expansion.
- Action n°10 : inciter les collectivités à réduire la présence et le développement de végétaux émetteurs de pollens allergisants et inciter à la diffusion d’une information sur le risque allergique et ou toxique lors de la vente des végétaux concernés.
- Action n°11 : mieux évaluer l’exposition à l’ambroisie et surveiller son expansion géographique.
- Action n°12 : améliorer la gestion des risques sanitaires impliquant la faune et la flore sauvages.

Feuille de route issue de la Conférence environnementale de 2014

Il a été inscrit une action relative à l’ambroisie dans la feuille de route issue de la Conférence environnementale de 2014 :

- Action 62-f. Sensibilisation des citoyens aux enjeux liés à la qualité de l’air via la mise à disposition d’outils numériques permettant d’améliorer le repérage des espèces envahissantes dangereuses pour la santé, telles que l’ambroisie.

La lutte contre les ambroisies

Afin de pouvoir organiser la prévention et la lutte contre des espèces nuisibles à la santé humaine telles que les ambroisies, la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé a créé, à l’article 57, un nouveau chapitre intitulé « Lutte contre les espèces végétales et animales nuisibles à la santé humaine » dans le code de la santé publique (CSP). Ce nouveau dispositif législatif permet de prendre, à l’échelle nationale, des mesures réglementaires vis-à-vis d’espèces dont la prolifération est nuisible à la santé6. Ainsi sur ce fondement, l’article D. 1338-1 du CSP définit comme espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine trois ambroisies : l’ambroisie à feuilles d’armoise, l’ambroisie trifide et l’ambroisie à épis lisses. Les articles suivants du CSP définissent les mesures de prévention et de lutte à mettre en œuvre contre ces espèces aux échelles nationale et locale. L’arrêté du 26 avril 2017 relatif à la lutte contre les espèces végétales nuisibles à la santé complète ce dispositif en interdisant l’introduction et le transport intentionnels ainsi que l’utilisation, la cession, la vente et l’achat de ces trois ambroisies.

Au niveau local

Réduction des espèces allergisantes dans les espaces publics et privés

Il est essentiel que les divers acteurs concernés par l’aménagement des espaces verts (collectivités territoriales, paysagistes…), de même que les particuliers aménageant leurs terrains privés, soient informés des espèces dont il est préférable de limiter la plantation en raison du caractère allergisant de leur pollen.

S’il est important de mentionner les espèces à éviter, il est également très important de rappeler qu’il faut favoriser la biodiversité, et ne pas remplacer une espèce connue, dont le pollen est très allergisant par une espèce, moins connue, mais qui l’est également.

- Des guides d’information existent déjà dans ce domaine tel que le guide « Végétation en ville » édité par le RNSA, le guide « Prise en compte des risques allergéniques pour la gestion des espaces verts » élaboré dans le cadre du Second Plan régional Santé Environnement d’Aquitaine et le livret "Paysage, pollens et santé" sur les haies en climat méditerranéen.

Ils fournissent des informations sur le caractère allergisant de certaines espèces, ainsi que des conseils pour la substitution de ces espèces par des espèces peu ou pas allergisantes et des conseils de plantation pour limiter l’émission de pollens.
Par ailleurs, il est important de rappeler qu’il faut favoriser la diversification des végétaux afin de réduire les concentrations locales à certains pollens en particulier. En effet, c’est la trop forte concentration de certains végétaux dans certains secteurs du territoire, telle que le cyprès et l’olivier en zone méditerranéenne et le bouleau dans le nord et le centre de la France, qui est à l’origine d’une forte sensibilisation des populations locales.

Recommandations concernant les végétaux envahissants

Pour les végétaux à caractère envahissant qui ne sont pas natifs de France, tels que le houblon du Japon (Cf. photo ci-après), il peut être envisagé des moyens visant à éradiquer sinon à limiter la propagation de l’espèce.

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Houblon du Japon (Photo : A. Pinston)

Ces moyens sont par exemple :

- une lutte préventive contre les vecteurs de dispersion de l’espèce (à adapter à la biologie de chaque espèce) ;
- l’éradication des populations récentes sur les fronts de colonisation qui reste possible tant que les surfaces occupées sont réduites et donc avec des actions qui ont des effets collatéraux faibles ;
- une gestion intégrée des populations anciennes où les populations sont naturalisées avec pour objectif de réduire les effets des pollens sur la santé des individus.

Il est toutefois à noter que ces recommandations visant à lutter contre de telles espèces peuvent entrer en conflit avec d’autres intérêts (protection des milieux…) ou avec des réglementations (protection de l’environnement, gestion des déchets…).

Réduction des émissions de pollens

Que ce soit dans les espaces publics ou privés, il est possible de limiter les quantités de pollens émises dans l’air en agissant sur la taille des végétaux, de façon à favoriser la pousse végétative des arbres et éliminer les bourgeons floraux. Par exemple, une haie de cyprès taillée à l’automne produira moins de fleurs et donc moins de grains de pollen l’année suivante. De même, pour limiter les émissions de pollens des graminées sauvages (ex. Ivraie), il est recommandé de tondre les pelouses et de faucher les prairies pour limiter la floraison des graminées.


Les éléments présentés dans cette page sont majoritairement issus de l’avis de l’ANSES et du rapport d’expertise collective : "État des connaissances sur l’impact sanitaire lié à l’exposition de la population générale aux pollens présents dans l’air ambiant" (2014)