Actions de lutte chez les particuliers et en milieu urbain

Les espaces verts sont des milieux végétalisés situés en milieu urbain ou périurbain. Le sol de ces sites est fréquemment remanié par les activités humaines. Il est donc susceptible d’être colonisé par l’ambroisie. Avec l’arrivée de la loi n° 2014-110 communément appelée « Zéro phyto », l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse pour l’entretien des milieux urbains est interdite depuis le 1er janvier 2017. Cette interdiction implique un remaniement obligatoire des méthodes de gestion de ces espaces.

Gestion préventive

La formation des agents techniques à la reconnaissance de la plante est indispensable pour assurer une prévention efficace. Une surveillance régulière de ces espaces permet une détection précoce de la plante et son éradication d’un simple arrachage. Il est également important d’éviter toute situation propice au développement de la plante comme les terrains à nu. La couverture du sol peut être assurée par végétalisation, paillage ou par l’installation de membranes textiles empêchant la germination de graines éventuelles et le développement des plantules.

Gestion curative

Les méthodes de lutte citées ci-dessous peuvent être utilisées seules ou combinées avec d’autres et doivent être adaptées au terrain traité : accessibilité, densité des plantes, etc. La lutte contre l’ambroisie est un travail de gestion sur le long terme qui nécessite du temps et un suivi annuel.

TECHNIQUESAVANTAGESINCONVÉNIENTSAPPLICATION/ PRÉCAUTION
Arrachage manuel Technique la plus efficace pour un nettoyage complet de la zone
Utilisable pour des actions de communication (Journée de l’Ambroisie, etc.)
Limitée à des surfaces réduites
Coût
Temps de travail
Pénibilité
Exposition au pollen
Port protections
Arracher avant la floraison pour une meilleure efficacité et pour éviter l’exposition au pollen. Les personnes sensibles ne doivent pas arracher les plants d’ambroisie.
Tonte
Broyage
Fauchage
Possibilité d’intervenir à grande échelle sur de larges surfaces Accessibilité aux sites envahis réduite
Plusieurs passages sont nécessaires (minimum 2)
Nécessité d’adapter les passages en fonction du stade de la plante
Dans l’idéal, effectuer trois passages : un premier en fauche haute (15 cm) et deux autres en fauche plus basse - une avant pollinisation et l’autre avant grenaison.
Désherbage thermique Technique efficace, peu de personnel requis.
Applicable sur jeune plant donc pas de contact avec le pollen.
Pas de perturbation du sol.
Coût en équipement
Fréquence d’intervention annuelle élevée
Bilan énergétique élevé (combustion de gaz)
Deux techniques :
- Flamme directe ou indirecte (plutôt en avril-mai, stade jeune de la plante),
- Eau chaude, vapeur (effets encore aléatoires) : utilisation au stade jeune de la plante même si efficace à tous les stades.

Précisions sur la loi « Zéro phyto »

Dans le cadre du plan Ecophyto I (2008-2018), la loi n°2014-110, dite loi Labbé, a vu le jour le 6 février 2014. Elle vise à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national notamment au sein des JEVI (Jardins, Espaces Verts et Infrastructures). En juillet 2015, la loi de transition énergétique (n°2015-992) est adoptée par l’Assemblée nationale et vient amender la loi Labbé en avançant les dates d’application des mesures :

  • Au 1er janvier 2017, l’usage de ces produits est interdit dans les milieux ouverts au public*. (*sur cette notion, se reporter au Guide des solutions Zéro pesticide référé dans la boite à outils ci-dessous)
  • Au 1er janvier 2019, la commercialisation et la détention de produits phytosanitaires à usage privé seront interdites.

Restent autorisés sur les milieux ouverts au public :

  • Les produits de biocontrôle (définis dans le projet de loi d’avenir du 10 septembre 2014 pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt),
  • Les produits qualifiés à faible risque (liste UE d’établissement en cours),
  • Les produits autorisés dans le cadre de l’agriculture biologique (CE 889/2008 modifié par le CE 354/2014).

Avant d’utiliser un produit, assurez-vous qu’il appartienne à l’une de ces 3 catégories.

Points de vigilance en milieu urbain

1. Les prairies fleuries

Elles répondent aux enjeux écologiques actuels et se multiplient en ville. A vocation ornementale ou environnementale (biodiversité), elles sont économiques car nécessitant peu d’entretien. Toutefois, ces prairies pourraient être milieu idéal pour le développement des ambroisies, pour les raisons suivantes :

  • Semis de printemps au mois d’avril-mai : correspond à la période de germination de la plante,
  • prairie avec une densité végétale souvent insuffisante pour concurrencer la plante et empêcher son développement,
  • présence éventuelle de semences d’ambroisies dans le semis,
  • deuxième fauche aux mois de septembre-octobre, période de grenaison de l’ambroisie, donc favorisant la dissémination des graines.

Une vigilance appropriée s’impose pour empêcher ces espaces de devenir des réservoirs d’ambroisie.

2. Les friches urbaines ou délaissés

Ce sont des terrains, bâtis ou non, ayant accueilli des activités et laissés à l’abandon. Ils peuvent être situés en périphérie urbaine ou à l’intérieur du tissu urbain. Ces sites, aux sols fréquemment perturbés par des activités humaines et/ou abritant des tas de terre dénudée, représentent une porte d’entrée idéale pour l’ambroisie en ville. S’ils ne comportent pas de dispositif permettant d’empêcher l’accès au public, ils sont concernés par l’interdiction d’utilisation de produits phytosanitaires tel que prévue par la loi Labbé. Ils sont souvent en attente de travaux ou en cours de réaménagement et s’apparentent alors à des terrains en chantier.
L’inventaire de ces milieux et leur surveillance renforcent l’efficacité de la prévention.

SOURCES D’INFORMATION ET OUTILS :

ILLUSTRATIONS

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