Actions de lutte en bord de route

Les bords de route constituent à la fois une zone d’introduction et de dissémination de l’ambroisie. La vigilance est donc de mise dans ces milieux ainsi que le long des voies ferrées et sur les délaissés. La fauche est la technique la plus indiquée mais il faut prendre en compte la capacité de repousse de la plante, qui peut produire des semences six semaines après un passage.

Gestion préventive

Il est important de végétaliser les bords de route pour concurrencer les espèces invasives. Contrôler les matériaux apportés lors de travaux de terrassement ou de construction et végétaliser après les travaux. Si des populations d’ambroisie sont connues sur le réseau, il est important de les cartographier afin de maîtriser les vecteurs possibles de dissémination (engins de travaux et transports de terres) et de prévoir des interventions appropriées sur les zones concernées. Sur ces zones, les dérasages sont à éviter et à surveiller. La formation des agents à la reconnaissance et à la gestion de la plante est nécessaire.
Enfin, inclure une clause ambroisie dans les cahiers des charges pour les travaux routiers (cf. fiche chantiers) et instaurer des aires de lavage des roues des engins.

Gestion curative

TECHNIQUEAVANTAGESINCONVÉNIENTSAPPLICATION/PRÉCAUTION
Arrachage manuel Technique la plus efficace pour un nettoyage complet.
A utiliser dans des zones de début d’invasion.
Permet d’intervenir dans des zones difficiles d’accès.
Limitée à des surfaces réduites - Coût - Temps de travail - Pénibilité - Danger pour le personnel à pied lié à la circulation - Difficile en cas de sol sec. Port de protections
Arracher avant la floraison pour une meilleure efficacité et pour éviter l’exposition au pollen.
Arracher pendant les horaires de basse fréquentation des voies de circulation.
Fauchage Possibilité d’intervenir à grande échelle sur de larges surfaces Plusieurs passages sont nécessaires
Technique non sélective
Port de masque si présence de pollen. Deux passages sont nécessaires en plus de la passe de sécurité (schéma ci-dessous) Se limiter à une largeur de passe.
Brosse métallique Grand rendement sur des surfaces minérales imperméables, efficacité, résultat immédiat. Laisse de la limaille de fer, risque d’user rapidement le support Régler la pression au sol pour ne pas dégrader la surface trop vite. Un passage par an en juin – juillet élimine l’ambroisie.
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Ces dates de passage sont données à titre indicatif et sont à adapter au stade phénologique observé
Hauteur de coupe : pour la première coupe (printemps), 8 cm minimum. La fauche suivante (été) devra être plus basse pour contrer la repousse des plantes : moins de 6 cm.

Vers le zérophyto

Il existe une règlementation restrictive sur le recours aux produits phytopharmaceutiques sur les voiries : il faut donc se renseigner précisément auprès des administrations comme les Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt avant d’envisager un traitement herbicide. Les produits dits de biocontrôle restent autorisés. Le fauchage reste préférable à une gestion chimique car il permet à une végétation dense de se former et de concurrencer l’ambroisie.

Des méthodes alternatives expérimentées

Le traitement thermique : efficace en exposant les plants au stade 3-4 feuilles pendant 4 secondes. Des essais ont permis une réduction du nombre de plants de 80% en moyenne. Le traitement thermique peut également être utilisé pour détruire les semences présentes sur les plants à maturité. Attention, cette méthode n’est pas sélective.

La fauche-aspiration :
permet de valoriser la biomasse prélevée en la méthanisant. Elle peut être effectuée sans problème avant la floraison. Il est également envisageable d’intervenir après la grenaison. Cependant, des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer si les semences perdent bien leur viabilité quel que soit le type de méthanisation employé. Attention également à ne pas disperser d’autres espèces invasives telles que la renouée du Japon.

La brosse métallique : cet outil est efficace sur les surfaces minérales de type béton ou enrobé pour couper voire arracher les ambroisies. La brosse métallique enlève également les éléments fins accumulés, les poussières, qui offrent un support de germination à toute semence. Les caniveaux, les cunettes, les pieds de bordure de béton et autres surfaces minérales imperméables sont les surfaces cibles de cette technique alternative. Il convient d’associer une aspiratrice à la brosse pour ramasser et évacuer les déchets. La manipulation de la brosse métallique nécessite un apprentissage des bonnes pratiques, sinon elle risque d’éroder prématurément l’ouvrage.

La brosse produit de la limaille de fer due à l’usure.

Le sel en solution : ce procédé de désherbage n’est pas homologué en France ; il est donc interdit de l’utiliser.

Exemple de bonnes pratiques

La communauté d’agglomération ViennAgglo (Isère) a mis en place un plan de gestion de l’ambroisie sur les routes communales. Ce plan a concerné sept communes depuis 2012. Trois actions ont été associées pour une lutte efficace : la végétalisation, l’arrachage et un fauchage raisonné et spécifique des bords de route.

Un suivi cartographique de la présence d’ambroisie a été réalisé pour évaluer l’impact de ces mesures. Sur une des communes, les zones fortement infestées ont totalement disparu entre 2011 et 2015 et le nombre total de zones de présence d’ambroisie a été divisé par deux.

Ce plan de gestion a nécessité, en 2015, 380 heures de travail pour l’arrachage et 68 heures pour le fauchage spécifique.

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Suivi du plan de gestion de bords de route sur une des communes de ViennAgglo ayant participé, entre 2011 et 2015

Sources d’information et outils :

Études sur les régimes de fauche et les méthodes alternatives de lutte :

Le risque ambroisie sur autoroutes :

Documentation produite par l’Observatoire des ambroisies :

Illustrations

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