Allergies au pollen d’ambroisie

L’allergie est une réponse du système immunitaire dont la mission est de protéger l’organisme contre les particules qui tentent d’y pénétrer. En cas d’effraction de la barrière naturelle, il garde en mémoire une réaction programmée d’hypersensibilité spécifique d’un antigène (nom générique d’une substance étrangère) identifié dans ce cas comme « allergène ». L’allergique est sensibilisé et perd la tolérance naturelle vis-à-vis de certaines substances présentes dans l’environnement et normalement bien acceptées. Au niveau des zones de contact avec les pollens dispersés dans l’air ambiant, l’allergie est la réaction immédiate à chaque nouvelle exposition.

Le pollen d’ambroisie, tel d’autres pollens, peut entraîner une réaction allergique saisonnière. Elle se traduit par une crise paroxystique au niveau des zones de contact avec l’extérieur : muqueuses respiratoires et oculaires, peau. La pollinose (allergie aux pollens) à l’Ambroisie est fréquente : 6 à 12% de la population générale est sensibilisée et chez l’allergique il suffit de 5 grains de pollen par mètre cube d’air pour que les symptômes apparaissent.

Les symptômes

Chez l’allergique la réaction est généralement divulguée comme une maladie alors qu’elle traduit une réponse d’alerte du système immunitaire. La crise traduit la mise en œuvre immédiate de l’élimination des pollens.

Les symptômes et l’évolution paroxystique sont caractéristiques.

La crise de rhinite allergique est spectaculaire. Telle un classique rhume des foins elle associe :

- Éternuements en salves avec démangeaisons nasales (prurit)
- Nez qui coule (rhinorrhée aqueuse) et se bouche
- Conjonctivite prurigineuse bilatérale qui se traduit par des rougeurs, un larmoiement, et des démangeaisons.

Les symptômes associés sont inconstants :

- Une trachéite avec toux sèche, un accès de grande fatigue accompagnent particulièrement la rhino-conjonctivite allergique au pollen d’ambroisie
- Une respiration difficile, sifflante, en rapport avec une crise d’asthme (contraction spasmodique des bronches)
- La peau peut présenter des réactions prurigineuses localisées : rougeur, œdème, urticaire.

L’évolution de cet état de crise est caractéristique : le déclenchement est brutal, les symptômes sont d’autant plus prononcés que le taux de pollen dans l’air est élevé. Une crise d’asthme peut survenir d’emblée, des crises sévères, suffocantes sont possibles. Tout rentre dans l’ordre si l’exposition aux pollens est interrompue. Si elle persiste, l’inflammation s’installe. Cette réaction pérenne devient une maladie qui altère gravement la qualité de vie. L’asthme est une complication fréquente.

Dates d’apparition

Le diagnostic est assez facile à poser dans les régions où la plante est présente, ainsi que dans les zones où le vent disperse son nuage de pollens. Les allergies déclenchées par le pollen d’ambroisie débutent au mois d’août et peuvent se prolonger jusqu’en octobre, avec un maximum d’intensité en septembre. Le calendrier pollinique guide aussi le diagnostic des autres pollinoses saisonnières : les réactions allergiques aux pollens d’arbres surviennent en fin d’hiver/début du printemps, et le classique rhume des foins apparait de mai-juin à mi-juillet.

Public concerné et environnement

L’allergie au pollen de l’ambroisie peut concerner n’importe quel individu, pour peu qu’il ait subi une exposition suffisamment intense et prolongée. L’atopie est une prédisposition génétique qui favorise l’allergie. Beaucoup d’autres pollens sont allergisants : arbres ( surtout bouleau et cyprès ) graminées fourragères et céréalières , plantain , armoise …Le potentiel allergisant de l’ambroisie est un des plus élevé ; Le risque d’allergie induit est fonction de la région impactée, de la saison , de la température et du vent .De plus les changements climatiques augmentant la température moyenne et l’agressivité des polluants atmosphériques jouent un rôle important dans le déclenchement des réactions.

Recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP)

Les principales recommandations de prévention aux personnes allergiques sont rappelées dans l’avis du Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) du 28 avril 2016. Ces comportements permettent de réduire l’exposition aux pollens allergisants et d’atténuer les symptômes des personnes sensibles :

- éviter les activités extérieures qui entraînent une surexposition aux pollens ;
- éviter de faire sécher son linge à l’extérieur ;
- fermer les vitres des véhicules (et changer chaque année le filtre à pollen) ;
- se rincer les cheveux le soir (pour éviter de dormir la tête dans les pollens) ;
- aérer son habitation tôt le matin et tard le soir.

Recommandations de l’Allergologue

L’allergie se prouve grâce à un bilan allergologique simple et peu couteux. Outre les mesures de protection on dispose de moyens thérapeutiques comportant des médicaments : anti-inflammatoires locaux et antihistaminiques et surtout la désensibilisation spécifique. Celle-ci effectuée sur le mode pré et co-saisonnier, le plus souvent par voie sublinguale, « rééduque » le système immunitaire et permet à l’allergique de tolérer une quantité beaucoup plus importante d’allergène. Elle modifie également l’histoire naturelle de l’allergie évitant ainsi l’aggravation des symptômes et/ou l’apparition de nouvelles allergies.