Morphologie, biologie, écologie, sachez la reconnaître

L’Ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) fait partie de la famille des Asteraceae. C’est une plante annuelle à germination printanière-estivale et à croissance rapide. Sa morphologie se transforme au cours de son développement pour donner, au moment de la floraison, un buisson qui peut atteindre plus d’un mètre de haut.

Toute utilisation des photographies téléchargeables ci-après doit se faire en mentionnant de façon lisible et visible que la source de ces photographies est l’Observatoire des ambroisies.

MORPHOLOGIE

GERMINATION
JPEG - 11.5 ko
JPEG - 20.3 ko
A sa naissance, l’ambroisie montre deux cotylédons arrondis puis deux vraies feuilles, opposées, d’un beau vert franc, découpées en 3 à 6 folioles
MORPHOLOGIE DE LA PLANTE ADULTE
FEUILLES
JPEG - 3 ko
JPEG - 19.1 ko
JPEG - 21.5 ko
Larges, minces, très découpées, elles sont du même vert sur chaque face, qui distingue la plante de l’ambroisie.
Les feuilles, larges et opposées à la base des tiges, deviennent plus étroites et alternes vers le sommet.
TIGE
JPEG - 25.7 ko
JPEG - 20.6 ko
JPEG - 24.3 ko
La tige est dressée, haute de 30 à 120 cm (70 cm en moyenne). Elle est velue et peut devenir rougeâtre sur les plantes âgées.
Très ramifiée à la base, elle donne à la plante un port en buisson d’autant plus large que la plante dispose d’espace.
FLEURS
JPEG - 21.1 ko
JPEG - 15.1 ko
JPEG - 15.4 ko
Les fleurs mâles et femelles sont sur la même plante (plante monoïque). petites et verdâtres, elles sont disposées à l’extrémité des tiges. Les fleurs mâles sont groupées en longs épis bien visibles. Elles constituent l’essentiel de l’épi, regroupées dans de petits capitules en forme de cupule renversée, rattachée à l’épi par un pétiole. Un épi comprend de 20 à 50 capitules. les fleurs mâles, à maturité, libèrent le pollen Les fleurs femelles sont très discrètes, situées sous les fleurs mâles, insérées à l’aisselle des feuilles à la base des épis, isolées ou groupées par deux. deux longs stigmates filamenteux surmontent l’ovaire de chaque fleur femelle. Après fécondation par le pollen, chaque fleur donne un fruit appelé akène
SEMENCES
JPEG - 10.4 ko
JPEG - 14.9 ko
Chaque akène contient une seule graine. Il est muni de 5 à 6 épines. La graine ne se sépare jamais de l’enveloppe. Elle germe au printemps après que le froid de l’hiver ait fait disparaître sa dormance
RISQUE DE CONFUSION

A chaque stade de son développement, l’ambroisie peut être confondue avec d’autres plantes qui ne présentent pas d’inconvénients aussi importants pour la santé. Pour pouvoir lutter efficacement contre l’ambroisie, il faut donc savoir la reconnaître à coup sûr.

STADE PLANTULE
AMBROISIE
ANTHÉMIS DES CHAMPS
ŒILLET D’INDE
JPEG - 20.3 ko
JPEG - 32.1 ko
JPEG - 4.9 ko
Cotylédons charnus, moyens longuement persistants avec pétiole bien visible. Premières feuilles divisées en 3 folioles, parfois juste trilobées. Le nombre de divisions augmente sur les feuilles suivantes Cotylédons très petits, peu persistants et sans pétiole. Deux premières feuilles divisées en 5 folioles étroites et entières. 3ème et 4ème feuilles alternes à 6 ou 7 folioles lobées ou divisées Cotylédons moyens à grands, allongés, persistants. L’épicotyle devient rouge rapidement. Deux premières feuilles divisées en 5 folioles dont 2 plus petites non dentées. 3ème et 4ème feuilles à 6 ou 7 folioles dentées
STADE VÉGÉTATIF
AMBROISIE
ARMOISE COMMUNE
ARMOISE ANNUELLE
JPEG - 46.5 ko
JPEG - 62.2 ko
JPEG - 43.7 ko
FEUILLES
GIF - 3.9 ko
GIF - 6.1 ko
JPEG - 3.1 ko
Très découpées, face inférieure de même
couleur
que la face supérieure. Pas d’odeur particulière quand on froisse la feuille dans les doigts.
Divisées, alternes, la face inférieure est blanche argentée et duveteuse Très divisées, couleur vert clair. Très forte odeur quand on froisse la feuille dans les doigts
TIGE
JPEG - 45.2 ko
JPEG - 52.5 ko
JPEG - 47.4 ko
Velue et ramifiée à la base, devenant rougeâtre sur la plante âgée
Rougeâtre même sur les jeunes plants
Veinée de rouge, non velue
STADE FLORAISON
AMBROISIE
ARMOISE COMMUNE
ARMOISE ANNUELLE
JPEG - 46.8 ko
JPEG - 39.4 ko
JPEG - 40.5 ko
Inflorescence en longs épis situés au sommet des tiges. Capitules mâles pétiolés en forme de cupules renversées Tige ramifiée au sommet en grappe très rameuse en forme de panicule. petits capitules beaucoup plus espacés que chez l’ambroisie Extrémités fleuries ramifiées. Fleurs petites, groupées en glomérules blanchâtres disposés en panicules
JPEG - 37.8 ko
JPEG - 26.2 ko
JPEG - 35.1 ko

Biologie

PNG - 347.4 ko

- Une extraordinaire capacité de reproduction

JPEG - 16.7 ko

L’ambroisie, dans les conditions idéales, émet de grandes quantités de pollen. Mais, même en conditions difficiles, elle est capable de produire de nombreuses fleurs qui libèrent du pollen. Ainsi, sur les bords de route, même après avoir été tondue, elle reste capable de fleurir et de faire des semences tout en conservant une très petite taille.







- Un pollen très léger transporté par le vent

JPEG - 10.5 ko

Le grain de pollen émis par les fleurs mâles est très petit (18 à 20 microns de diamètre), sphérique et léger. Il ne doit pas être confondu avec la graine. Il est en fait l’équivalent végétal des spermatozoïdes des animaux (gamète mâle). Sa surface est recouverte d’excroissances caractéristiques appelées « épines ».
En tant que plante anémogame (pollinisation assurée par le vent), l’Ambroisie à feuilles d’armoise émet du pollen en très grande quantité (un seul pied en libère plusieurs millions par jour) qui peut être aéroporté sur de très grandes distances (parfois plus de 40 Km).

L’émission est conditionnée par les conditions climatiques :
- la fraîcheur et l’humidité empêchent l’ouverture des fleurs mâles,
- un temps sec et venté, avec une température douce, facilite l’émission qui est à son maximum le matin et jusqu’en milieu de journée, ainsi que l’entraînement du pollen par le vent.

Écologie

L’Ambroisie à feuilles d’armoise est une espèce pionnière, opportuniste et peu compétitive. Elle s’installe, au début du printemps, dans toutes les terres dénudées, en particulier les terres agricoles préparées pour les semis.
Thermophile et nitrophile, elle s’installe préférentiellement dans les endroits chauds et offrant une bonne alimentation en azote.

- Une habitante des sols dénués

La répartition d’Ambrosia artemisiifolia L. est liée aux principaux caractères écologiques attribués à cette espèce :

    • faible compétitivité : elle ne se développe que sur des sols nus, abandonnés, privés de végétation. En première année de présence, elle pousse en abondance, mêlée aux armoises, aux orties, aux chénopodes, aux amarantes, et aux érigerons. L’existence d’un couvert végétal au printemps du fait de la présence d’espèces germant à l’automne, réduit la lumière disponible et empêche la germination de l’ambroisie. Celle-ci disparait donc assez rapidement d’une année sur l’autre, mais ses semences stockées dans le sol conservent leur capacité de germination pendant plusieurs années. L’ambroisie réapparaîtra donc immédiatement si une intervention quelconque (culture, travaux, mouvements de terre…) élimine le couvert végétal.
    • elle se développe abondamment sur les sols sablonneux mais est capable de pousser sur les terrains argileux.
    • en général elle ne s’installe pas en altitude et n’est que rarement rencontrée en montagne. Toutefois, des observations ont permis de la localiser jusqu’à 1 400 m d’altitude dans le massif du Ventoux. Il s’agirait alors de « contaminations » accidentelles.

- Dissémination

JPEG - 12.3 ko

Les semences d’ambroisie ne sont pas pourvues des dispositifs habituels permettant leur transport par le vent et leurs épines ne leurs servent pas à s’accrocher au pelage des animaux. Par contre, elles peuvent être entraînées par l’eau et elles collent parfaitement à la terre transportée par les pneus des camions et tracteurs, et tous les engins qui travaillent le sol.

Les transports de terres contribuent fortement à la dissémination des semences. Les machines de récolte agricole jouent aussi un rôle lors de la récolte de cultures contenant de l’ambroisie. Les semences sont donc disséminées essentiellement par l’homme (antropochorie).




- Les milieux favorables

Le milieu agricole
JPEG - 20 ko
JPEG - 24.8 ko
JPEG - 13.7 ko
JPEG - 18.5 ko
JPEG - 19.1 ko
JPEG - 19.1 ko
Sur les terrains agricoles elle croît dans les chaumes, dans les champs de maïs, de soja et de tournesol, sur des sols graveleux, sableux, silico-argileux ou limono-argileux, souvent acides et frais. Du fait des travaux superficiels du sol nécessités par les techniques culturales, le milieu agricole constitue un terrain de prédilection pour l’ambroisie et lui offre de très vastes surfaces.
De plus, l’ambroisie est souvent cachée au sein des cultures, ce qui peut inciter à relâcher la vigilance. C’est seulement après la récolte que l’on constate l’étendue de l’invasion dans les céréales notamment.
Le fait que les pieds soient sectionnés par les barres de coupes des moissonneuses ne fait qu’augmenter les dégâts : les pieds d’ambroisie produisent de nombreuses tiges secondaires capables de fleurir au mois d’août.
Enfin, dans certaines cultures, le désherbage chimique pratiqué habituellement est inefficace contre l’ambroisie. C’est en particulier le cas du tournesol qui appartient à la même famille botanique que l’ambroisie (Asteraceae).
Les chantiers de travaux publics et de construction
JPEG - 14.4 ko
JPEG - 14.9 ko
JPEG - 13.6 ko
JPEG - 32.8 ko
JPEG - 31.4 ko
Les chantiers de travaux publics et de construction génèrent de nombreux mouvements de terre, apports ou déplacements, des aplanissements qui dénudent le sol. De nombreuses zones libres restent ainsi disponibles à l’ambroisie, souvent pendant plusieurs mois, en attendant que les finitions du chantier puissent être réalisées. On retrouve ainsi souvent des populations d’ambroisie dans les zones pavillonnaires, les espaces verts en cours d’aménagement, les terrains incultes qui bordent les zones commerciales, etc. Pour ces espaces, il est essentiel que les terres nues ne restent pas sans protection, surtout si les travaux d’aménagement doivent s’étaler sur une longue période. Les zones de stockage des matériaux et de terre de décapage doivent être particulièrement surveillées.
Les voies de communication
JPEG - 22 ko
JPEG - 19 ko
Les bas-côtés des routes, les ronds-points, s’ils ne sont pas végétalisés très rapidement, sont facilement envahis par l’ambroisie qui forme parfois une bordure continue à la limite de la surface goudronnée. Les plants d’ambroisie qui croissent sur les bords des routes diffèrent remarquablement de ceux observés dans d’autres habitats. Si généralement cette plante atteint 50 à 70 cm de hauteur, les plants des bords de routes ont une taille très réduite (10 - 15 cm). Ceux-ci montrent une très forte densité allant jusqu’à 500 - 600 pieds / m2. Cette taille est due aux conditions défavorables que ces plantes rencontrent (substrat souvent pauvre et compact, forte exposition au soleil et au vent, agressivité des polluants des véhicules et du sel souvent épandu en hiver contre le gel, etc.).
Même sur les bordures enherbées, des tontes trop rases ou le décapage de la terre à l’occasion d’accidents ou de travaux d’entretien, permettent l’installation de l’ambroisie.
Les tontes de printemps, effectuées par les services des collectivités, ne suffisent généralement pas à supprimer l’émission de pollen : l’ambroisie est capable de fleurir et de faire des semences tout en conservant une taille très réduite.
Les bords de cours d’eau
JPEG - 19.4 ko
Le fonctionnement hydrologique des cours d’eau (crues, inondations, instabilité du sol, etc.) créé perpétuellement de nouvelles niches écologiques propices à l’établissement des plantes pionnières comme l’ambroisie. De plus, les semences de ces plantes peuvent flotter et être disséminées le long des berges.