Fièvre du Nil occidental ou infection par le virus West Nile

L’infection par le virus du Nil occidental (VNO), en anglais West Nile virus (WNV), est une zoonose connue en France depuis les années 1960 et dont la diffusion à l’échelle de la planète s’est modifiée récemment.

Le VNO infecte l’homme accidentellement, essentiellement par piqûre de moustique infecté, mais l’infection peut être transmise par l’intermédiaire de certains produits de santé d’origine humaine.

L’analyse de cas humains et équins survenus en France - en Camargue et dans le département du Var - en 2003, ainsi que les données internationales, ont conduit à proposer une adaptation des mesures de surveillance et de protection qui étaient jusqu’alors en place.

La stratégie de réponse est graduée en fonction du niveau de risque observé. Elle repose sur le renforcement de la surveillance, destiné à mieux apprécier l’étendue et l’importance de la circulation virale, les mesures de protection individuelle, la mise en œuvre de mesures de lutte contre les moustiques, et la sécurisation des dons de sang et d’organes.

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Agent

Le VNO est un arbovirus du genre Flavivirus, comme les virus de la dengue, du zika ou de la fièvre jaune. Il est transporté par des oiseaux migrateurs. Le cycle de vie du virus implique un insecte vecteur, le moustique, et un réservoir animal, l’oiseau. Le cheval et l’homme sont des hôtes accidentels qui ne contribuent pas au cycle de cette zoonose. Ils constituent des culs de sac épidémiologiques, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas transmettre le virus à un nouveau moustique.

Réservoir

Les oiseaux constituent le réservoir habituel du virus et jouent un rôle d’hôte amplificateur. Les déplacements des oiseaux migrateurs expliquent la saisonnalité de la maladie.

Mode de contamination

Les moustiques vecteurs (75 espèces différentes dont culex, aedes…) s’infectent en piquant des oiseaux infectés. Ils peuvent contaminer, par piqûre, l’homme et les herbivores domestiques comme le cheval.

Plus rarement le virus peut être transmis par les produits d’origine humaine, lors de transfusion sanguine ou transplantation d’organe, de tissus ou de cellules. Des cas de transmission de la mère à l’enfant durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement ont également été décrits.

Transmission par le sang et les organes

La maladie est le plus souvent asymptomatique chez l’homme mais elle peut être grave chez les personnes recevant une greffe ou une transfusion sanguine. C’est pourquoi il est important d’écarter du don les donneurs ayant un risque non négligeable d’être infectés par le VNO. Il s’agit d’un ajournement temporaire.

Les autorités sanitaires sont attentives à la circulation du VNO à l’étranger, et les voyageurs revenus récemment de zones de circulation du virus sont temporairement exclus du don. En ce qui concerne une circulation virale sur le territoire national, deux attitudes sont possibles, en fonction de situations de tension sur l’activité de transfusion : soit les donneurs provenant d’une zone géographique sont exclus, soit tous les prélèvements effectués dans cette zone sont contrôlés biologiquement avant d’être utilisés ou écartés. Des traitements de viro atténuation sont possibles pour certains produits issus du don.

Le Haut Conseil de la santé publique a constitué un groupe de travail Sécurité des éléments et produits du corps humain (Secproch) qui a vocation à traiter l’ensemble des problématiques affectant les produits sanguins labiles, les organes, tissus, cellules et gamètes, avec deux objectifs distincts : faire des propositions au directeur général de la santé sur les mesures de renforcement de la sécurité sanitaire de ces produits en réponse aux alertes qui lui seront adressées par saisine ; lui fournir des analyses prospectives et des recommandations tenant compte d’un aspect coût-efficacité.

Epidémiologie

Le VNO, qui avait auparavant été responsable d’épidémies en Afrique, Europe de l’est, au Moyen Orient et en Asie, a été détecté pour la première fois sur le continent américain, aux Etats Unis, en 1999. Depuis, il diffuse à tout le continent nord-américain où la maladie se présente comme une maladie émergente.

En France métropolitaine, détecté dès les années 1962-1963 en Camargue, le virus a été retrouvé de nouveau en 2000 chez des chevaux. En 2003, 7 cas humains ont été diagnostiqués dans le département du Var et en 2006, 5 cas équins ont été détectés dans les Pyrénées Orientales. L’analyse de ces cas groupés humains et équins ainsi que les données internationales ont conduit à proposer en 2004 une adaptation des mesures de surveillance et de protection jusqu’alors en place.

En 2018, 25 cas d’infection humaine autochtone à VNO ont été identifiés par le dispositif de surveillance du VNO et des arboviroses sur le pourtour méditerranéen français.

Surveillance

Le dispositif de surveillance du virus VNO est pluridisciplinaire, dans une approche « one health » et associe les secteurs de la santé humaine et de la santé animale (équine et aviaire) ainsi que des entomologistes. Les professionnels de santé, les ARS, les agences sanitaires, les laboratoires de référence et des centres d’expertise y participent.

La surveillance humaine du VNO repose sur la déclaration obligatoire, à compter de 2021. Le centre national de référence (CNR) des arbovirus contribue également à la surveillance, en apportant son expertise aux microbiologistes et cliniciens pour le diagnostic, et en signalant immédiatement aux ARS et à Santé publique France tout cas confirmé.

Cette surveillance est renforcée chaque année, du 1er mai au 30 novembre dans 10 départements du pourtour méditerranéen pendant la période d’activité des vecteurs : les Alpes-Maritimes, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, l’Hérault, le Gard, les Pyrénées-Orientales, le Vaucluse le Var, la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Cette surveillance humaine saisonnière vise à la détection des infections neuro-invasives à VNO en réalisant des analyses de confirmation devant chaque cas cliniquement compatible (‘cas suspect’) même en absence de circulation documentée du virus. Cette surveillance repose sur les cliniciens, les laboratoires hospitaliers et le CNR.

Stratégie de réponse en cas de mise en évidence d’une circulation du virus du Nil Occidental

La stratégie de réponse est décrite dans l’annexe 2 de l’instruction INSTRUCTION N° DGS/VSS1/2019/258 du 12 décembre 2019 relative à la prévention des arboviroses

Clinique

La période d’incubation dure classiquement de 2 à 6 jours mais peut se prolonger jusqu’à 14 jours. L’infection passe la plupart du temps. Dans 20 % des cas, la maladie se présente sous forme d’un syndrome de type grippal avec une fièvre, des maux de tête, des courbatures. Dans des cas beaucoup plus rares (un cas sur 150 environ), la maladie se présente sous une forme neurologique sévère (méningite aseptique, méningo-encéphalites, paralysie flasque aiguë, syndrome de Guillain Barré) principalement décrite chez des sujets fragilisés. La létalité a été évaluée à 2% des infections.

Diagnostic

La confirmation biologique des cas repose sur l’identification du VNO dans un échantillon biologique, par méthode directe (mise en culture ou détection du génome viral) ou indirecte (détection IgM, augmentation des taux d’IgG).

Traitement

Le traitement des infections à VNO est symptomatique et nécessite une hospitalisation en réanimation pour les formes les plus graves.

Prévention

En cas de circulation du virus du Nil Occidental, les mesures de protection individuelle revêtent une importance majeure dans la réduction du risque de transmission du virus, en l’absence de moyens permettant d’éradiquer totalement ce risque :
- destruction des gites larvaires à proximité et dans les habitations,
- utilisation de moustiquaires, de préférence imprégnées : moustiquaires de lit, de porte ou de fenêtre, (en particulier moustiquaire de berceau)
- imprégnation insectifuge de tissus : rideaux, vêtements,
- port de vêtements adéquats, amples et longs,
- utilisation de répulsifs cutanés,
- limitation des activités en extérieur aux heures où les moustiques sont les plus actifs.

Les répulsifs cutanés
Dans la stratégie de protection contre les moustiques vecteurs, les répulsifs sont un complément à la tenue vestimentaire, à l’utilisation de moustiquaire et à la lutte contre les gîtes larvaires. Les répulsifs sont composés d’une substance active qui éloigne les insectes sans les tuer. Ils sont appliqués sur toutes les parties du corps non couvertes en évitant les muqueuses et les yeux. Ce sont des produits biocides de type TP 19.

Recommandations d’utilisation des répulsifs et biocides contre les moustiques (HCSP)

Pour en savoir plus :