Symptômes prolongés de Covid-19 : orienter les personnes concernées, informer leurs professionnels de santé

Après une infection par la Covid-19, des symptômes et signes cliniques peuvent persister chez certaines personnes, qu’elles aient été hospitalisées ou non. Pour les accompagner au mieux, le ministère, la Haute Autorité de santé et de nombreux acteurs sanitaires se mobilisent sur le terrain pour apporter des solutions, organiser des parcours de soins « post-Covid », informer les médecins et les soignants afin de garantir une bonne orientation et une prise en charge efficace.

Symptômes prolongés de Covid-19 : de quoi parle-t-on ?

Après un épisode symptomatique de Covid-19, nombre de patients conservent des symptômes au-delà de 4 semaines après leur infection et sans qu’un lien puisse les relier à une autre pathologie.

Ces symptômes, très divers d’une personne à l’autre, peuvent concerner tous les organes et se traduire, entre autres :
- Par des signes « généraux » : douleurs durables, faiblesses articulaires ou musculaires voire fatigue extrême, maux de têtes, gêne respiratoire, problèmes cutanés, anxiété, troubles du sommeil…
- Par des signes neurosensoriels, au premier rang desquels l’anosmie agueusie. Cette perte de l’odorat et/ou du goût est parmi les troubles les plus fréquemment rapportés, y compris lors d’infections peu sévères sans passage à l’hôpital.
- Par des complications rénales, digestives, pulmonaires ou neurologiques, notamment à l’issue d’une hospitalisation en réanimation.

Suivi « post-Covid » : dans quel but ?

En février 2021, on comptait en France 3,4 millions de personnes testées positives à la Covid-19 depuis le début de l’épidémie. Parmi elles, un nombre potentiellement important concerné par la persistance de symptômes incite les pouvoirs publics à apporter des solutions appropriées.

Par cette mobilisation, il s’agit avant tout d’éviter l’errance médicale des personnes concernées, le recours à des traitements non adaptés, voire des hospitalisations non nécessaires. Dans le même temps, il s’agit aussi d’informer les professionnels de santé pour qu’ils puissent prendre en charge leurs patients et au besoin, les orienter. Sans oublier d’organiser la recherche pour mieux connaître les facteurs de ces symptômes prolongés.

pdf Les recommandations d’organisation du suivi des patients présentant des (...) Téléchargement (691.4 ko)
pdf L’annexe 1 sur la prise en charge des patients présentant des symptômes (...) Téléchargement (574.5 ko)
pdf L’annexe 2 sur la prise en charge des patients présentant un syndrome (...) Téléchargement (682.3 ko)

 

Concrètement, quel suivi pour les personnes concernées ?

L’accompagnement des personnes présentant des symptômes prolongés de Covid-19, auxquels contribuent de nombreux acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux, repose sur :

L’information apportée aux professionnels

Après avoir été saisie par Olivier Véran, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié en février 2021 des recommandations à destination des professionnels de santé. Parmi les thèmes abordés, le rôle central du médecin traitant, l’écoute attentive avec une prise en charge globale et personnalisée des patients, les éventuels traitements ou rééducation nécessaires.

De son côté, le ministère des Solidarités et de la Santé travaille à définir des lignes directrices pour définir un cadre général de l’organisation des soins, structurer sur le terrain, la coordination des acteurs favorisant l’orientation des personnes atteintes et limite leur errance médicale, soutenir les Agences régionales de santé (ARS) dans la supervision de ces actions au niveau local.

Pour travailler ces lignes directrices, une « task force » dédiée, composée de médecins (pneumologues, réanimateurs, médecine physique et réadaptation, généralistes, infectiologues, et membres de différentes directions du ministère) travaille depuis décembre en lien avec la HAS. Tout comme les recommandations de la Haute Autorité de santé, ce cadre évolutif constitue une première étape et s’adaptera aux progrès des connaissances scientifiques.

L’orientation apportée aux personnes touchées

Si vous êtes concerné, prenez contact en priorité avec votre médecin traitant ou un médecin généraliste, quels que soient les symptômes persistants que vous ressentez.

Conformément aux recommandations de la HAS et aux lignes directrices du ministère, le médecin pourra par exemple :
- prendre en charge directement vos symptômes, déterminer avec vous l’intérêt d’éventuels examens complémentaires et identifier les traitements les plus appropriés ;
- vous aider à rééduquer voire autogérer les symptômes pouvant gêner votre vie quotidienne ;
- vous orienter vers le médecin spécialiste adapté à la prise en charge de vos symptômes, afin de disposer d’un avis spécialisé complémentaire ;
- vous orienter vers un centre « post-Covid » dédié si votre situation médicale nécessite l’intervention de plusieurs spécialités et d’un suivi renforcé.

Des cellules de coordination post COVID pour les situations les plus complexes

Face à des cas de symptômes prolongés de la Covid-19 trop complexes et nécessitant une prise en charge multidisciplinaire, le ministère a mis en place un réseau territorial de cellules de coordination post-COVID.

Celles-ci viennent en appui des médecins traitants, soit pour structurer une prise en charge globale du patient, soit pour accompagner directement ce dernier dans son parcours de soins et l’orienter vers les spécialistes les plus adaptés à sa situation.

Les cellules de coordination post-COVID sont portées prioritairement par les dispositifs d’appui à la coordination (DAC), les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ou tout autre acteur (maison de santé, ex-PTA) qui permet l’animation d’un réseau d’acteurs pluri professionnel au service du patient.

Pour assurer un diagnostic global des patients, chaque cellule est constituée de différents spécialistes : médecin généraliste interne ou infectiologie, masseur-kinésithérapeute, ergothérapeute, pneumologue, neurologue, psychiatre, psychologue, médecin réanimateur, cardiologue, rhumatologue, nutritionniste.