Maladie à virus Ebola

La maladie à virus Ebola (appelée aussi fièvre hémorragique à virus Ebola) est une maladie grave, souvent mortelle chez l’homme. Le virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages (viande de brousse par exemple) et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine, principalement à partir des liquides biologiques des malades (salive, urines, vomissures, sang…). L’infection peut également se transmettre par voie sexuelle plusieurs mois après la guérison du malade.

Depuis le début du mois de mai 2018, plusieurs cas de maladie à virus Ebola (MVE) ont été rapportés dans le Nord-Ouest du de la République Démocratique du Congo. Les autorités sanitaires de ce pays, en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de nombreux Etats, dont la France, sont mobilisées pour prévenir l’expansion du virus à d’autres pays.

Une première réunion du comité d’urgence du Règlement sanitaire international (RSI) convoquée par le Directeur Général de l’OMS s’est tenue le 18 mai 2018. De l’avis du Comité, les conditions d’une urgence de santé publique de portée internationale ne sont pas réunies à l’heure actuelle.

Par ailleurs, selon l’évaluation de l’European Centre for Disease Control (ECDC) en date du 25/05/2018, le risque d’importation du virus Ebola par le biais des voyageurs au sein de l’Union Européenne est très faible mais ne peut être totalement exclu.

Les professionnels de santé se rendant dans la zone à risque sont invités à consulter les recommandations du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère des Solidarités et de la Santé.

Mode de transmission de la maladie

Le virus Ébola se transmet par contact direct avec :

  • des fluides corporels tels que le sang, la salive, l’urine, le lait maternel, le sperme, la sueur, les selles et les vomissures des personnes infectées, vivantes ou non. La présence du virus a été constatée dans le sperme jusqu’à plusieurs mois après la guérison de personnes contaminées. Bien que la transmission ne soit pas avérée, une protection des rapports sexuels est fortement recommandée ;
  • le corps des personnes décédées de la maladie à virus Ebola ; des cérémonies funéraires ont été à plusieurs reprises le point de départ de cas groupés ;
  • des objets qui ont été contaminés par les fluides corporels de patients infectés (par exemple, des aiguilles) ;
  • la viande de brousse issue de la faune sauvage (antilope, éléphant, chauve-souris, serpent, singe, etc.) est également une des sources de contamination.

Symptômes et durée d’incubation

Les premiers symptômes sont une fatigue fébrile à début brutal, des douleurs musculaires, des céphalées. Ils sont souvent suivis de vomissements, de diarrhée, parfois d’une éruption cutanée. Des hémorragies internes et externes peuvent également survenir (par exemple, hémorragies conjonctivales, saignements des gencives ou du nez, sang dans les selles, hématomes cutanés).

La durée d’incubation, c’est-à-dire le temps écoulé entre le contact avec le virus et l’apparition des premiers symptômes, varie de 2 à 21 jours.

Tant qu’elles ne présentent pas de symptômes, les personnes ne sont pas contagieuses.

Traitements

L’Inserm et ses partenaires d’Aviesan ont mis en place REACTing, un consortium multidisciplinaire rassemblant des équipes et laboratoires d’excellence, afin de préparer et coordonner la recherche pour faire face à l’émergence de maladies infectieuses telles que la maladie à Virus Ebola.

Actuellement aucun traitement spécifique n’a d’autorisation de mise sur le marché en France, mais plusieurs traitements sont en phase d’étude clinique chez l’homme. Par ailleurs, une prise en charge précoce axée sur la réhydratation et le traitement symptomatique améliore les taux de survie.

Un vaccin expérimental contre le virus Ebola-Zaïre s’est avéré très protecteur dans le cadre d’un essai de grande ampleur lors d’une épidémie en Guinée. En mai 2018, l’OMS déploie la vaccination en République Démocratique du Congo, uniquement dans des situations d’exposition bien déterminées (soignants au contact des malades, personnes de l’entourage des cas).

Recommandations pour les voyageurs

Les voyageurs à destination ou de retour d’une zone à risque sont invités à s’informer sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Il est par ailleurs rappelé aux Français résidant dans ce pays de se conformer aux recommandations sanitaires des autorités locales ainsi qu’aux recommandations émises par les postes diplomatiques français sur place.