Comment protège-t-on les femmes enceintes ?

Le Haut Conseil de santé publique (HCSP) a publié des avis sur les modalités de prise en charge des cas d’infection à virus Zika et les mesures de protection. L’hypothèse d’une relation de cause à effet entre la recrudescence de cas de microcéphalies fœtales ou néonatales et une infection par le virus Zika chez la mère est désormais confirmée. Les autorités sanitaires ont donc décidé de renforcer le suivi médical et la prise en charge des femmes enceintes adaptés aux contextes locaux dans les DFA et en métropole. La transmission sexuelle, même si elle est probablement moindre par rapport au mode de transmission principal par les piqûres de moustiques, a également été prise en compte du fait des cas observés en début d’année 2016.

Dans les zones touchées par une épidémie de virus Zika, une information spécifique des femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse et des femmes en âge de procréer est assurée par les professionnels de santé, concernant les risques de la transmission sexuelle, les risques de malformations congénitales et les autres complications pouvant survenir lors d’une infection par le virus Zika, et la conduite à tenir la plus adaptée selon la situation de chacune.

Les femmes enceintes sont sensibilisées sur l’importance de se protéger des nouvelles piqûres de moustiques (port de vêtements couvrant les jambes et les bras, usage de répulsif, de moustiquaire, destruction des gîtes larvaires et élimination des moustiques dans leur environnement, en respectant les bonnes pratiques d’utilisation des produits insecticides et des répulsifs). Au vu de la possibilité de transmission par voie sexuelle, il est recommandé aux femmes enceintes ou en âge de procréer vivant en zone d’épidémie d’éviter tout rapport non protégé.

Un suivi médical et une prise en charge renforcée ont été mis en place pour toutes les femmes enceintes qui ont été exposé au virus. Une surveillance échographique mensuelle est recommandée avec recherche d’anomalies morphologiques orientées sur les signes infectieux et les malformations neurologiques. Cette surveillance se fera de préférence dans un centre pluridisciplinaire de diagnostic anténatal (CPDPN). En cas de découverte à l’échographie d’anomalies congénitales, il sera nécessaire de procéder rapidement à un bilan pour en définir la cause. La patiente sera alors orientée vers un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) pour une évaluation étiologique et pronostique de l’affection fœtale dont les conséquences possibles lui seront expliquées.

Lorsque les symptômes liés à l’infection à virus Zika se manifestent chez la femme enceinte (examen de biologie médicale : RT PCR sur sang et urines, sérologie Zika), le traitement est symptomatique et repose sur le paracétamol et le repos. Il n’existe pas de traitement spécifique.