Quels sont les différents modes de prise en charge palliative ?

En phase palliative, les modalités proposées sont adaptées aux besoins des patients et à leur environnement.

La prise en charge peut se faire :

En établissement de santé

- en lit identifié en soins palliatifs (LISP). Ceux-ci sont au nombre de 5 040 au sein de services non totalement dédiés aux soins palliatifs mais confrontés à des fins de vie ou à des décès fréquents

- en unité de soins palliatifs (USP) pour les situations les plus complexes de fin de vie. Véritables services d’hospitalisation d’environ 15 lits, les 139 USP sont également des lieux de recherche et de formation des soignants. Au moins une USP est désormais implantée dans la majorité des régions.

- en lien avec une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) ou une équipe régionale ressource en soins palliatifs pédiatriques (ERRSPP). Les 430 EMSP et les ERRSPP sont des équipes pluri-professionnelles rattachées à un établissement de santé qui se déplacent au lit des patients et auprès des soignants, à la demande de ces derniers, pour apporter une expertise. Les EMSP interviennent également dans les structures et services médico-sociaux, en particulier au sein des établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Pour renforcer la prise en charge hospitalière, 32 postes d’assistant spécialiste en médecine palliative / médecine de la douleur sont financés chaque année depuis 2010.

En hospitalisation à domicile

L’organisation de soins palliatifs s’est développée de manière significative à domicile. En effet, l’HAD permet de dispenser des soins non réalisables par des professionnels de ville car trop complexes, trop intenses ou trop techniques à des personnes nécessitant des soins continus et l’attention d’une équipe médicale complète (infirmier, rééducateur, assistant social, psychologue, diététicien…).

Sans l’HAD, certaines personnes malades seraient maintenues en établissement hospitalier alors que leur séjour pourrait être raccourci voire évité. La décision de mettre en place l’hospitalisation à domicile est prise par prescription du médecin traitant ou hospitalier, qui reste ensuite le référent des professionnels intervenant auprès du patient.

A domicile

Hors HAD, le maintien à domicile des personnes malades qui le désirent peut se faire, sous certaines conditions, par un service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ou par des professionnels libéraux (médecins, infirmiers…). Mais aussi par un réseau de santé, qui coordonne l’ensemble des acteurs de la prise en charge afin de conserver le lien nécessaire entre eux. Chaque année, cela concerne environ 20 000 patients (5 000 par réseau polyvalent, 16 000 par réseau de soins palliatifs, 1 500 par réseau de cancérologie).

Que ce soit dans les unités hospitalières, les établissements médico-sociaux ou au domicile des patients, la priorité est à la diffusion et à l’appropriation d’une démarche palliative partout où elle est nécessaire, pour garantir l’accompagnement au plus proche du patient.

Quelle est la prise en charge la plus adaptée ?

Tous les établissements hospitaliers doivent garantir à leurs patients, le moment venu, une prise en charge palliative : c’est pourquoi celle-ci est proposée en priorité. Néanmoins, dans un cadre précis – et pour respecter la demande croissante des Français de finir leur vie chez eux – l’intervention de l’HAD ou de professionnels des soins à domicile peut être envisagée.

Le médecin est le seul à pouvoir estimer le mode de prise en charge le plus adapté aux besoins de santé et au confort de la personne nécessitant des soins palliatifs. En effet, même s’il apparaît envisageable par l’entourage, le maintien à domicile suppose certains pré-requis absolus :

- la capacité des proches à assurer ce maintien
- la disponibilité d’une équipe médicale proche
- l’intervention coordonnée de professionnels de santé au domicile de la personne malade ainsi qu’une expertise médicale spécialisée (évaluation et prise en charge de la douleur, en particulier)
- un suivi social et psychologique si nécessaire
- une mise en lien avec des associations de bénévoles d’accompagnement, si le patient le souhaite.

Quel que soit le mode retenu, la prise en charge palliative comprend obligatoirement l’évaluation des besoins de soins et d’accompagnement de la personne et de ses proches, la mise en place d’un projet de prise en charge, le traitement des questions d’ordre éthique, la formation et le soutien des soignants impliqués.