Communautés professionnelles territoriales de santé : se mobiliser pour organiser les soins de ville

Les CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) regroupent les professionnels d’un même territoire qui souhaitent s’organiser – à leur initiative – autour d’un projet de santé pour répondre à des problématiques communes : organisation des soins non programmés, coordination ville-hôpital, attractivité médicale du territoire, coopération entre médecins et infirmiers pour le maintien à domicile…

Concrètement, elles associent des professionnels de santé de toutes spécialités, du premier et du second recours, exerçant en structure d’exercice coordonné (maisons et centres de santé), en cabinet de groupe ou individuel voire en établissement médico-social (particulièrement en EHPAD). Les professionnels des établissements hospitaliers publics ou privés, notamment du fait de leur fonction de proximité, peuvent participer ou contractualiser avec les CPTS.

Leur déploiement doit permettre l’entrée d’une majorité de professionnels dans l’exercice coordonné, quelle que soit sa forme : ainsi, l’exercice isolé deviendra progressivement l’exception.

Contrairement aux maisons de santé, les CPTS n’impliquent pas de regroupement géographique des professionnels dans un même lieu d’exercice. L’objectif est plutôt d’organiser leur activité au quotidien autour d’objectifs partagé.

Les professionnels de santé se sont rapidement approprié ce nouveau dispositif que les ARS (agences régionales de santé) peuvent soutenir, sur la base de contrats d’objectifs, en mobilisant des crédits de leur fonds d’intervention régional. D’ailleurs, on recense aujourd’hui près de 200 CPTS, créées ou en projet : dans certaines régions comme le Centre-Val-de-Loire, l’ensemble du territoire est maillé par des CPTS.

Parce qu’elles assument dans leurs territoires certaines fonctions essentielles (accompagnement des nouvelles installations professionnelles, organisation des plages de soins non programmés, création de consultations avancées, orientation des patients vers un médecin traitant), les CPTS constituent un levier particulièrement prometteur pour la politique d’accès aux soins. Elles incarnent une démarche que l’on peut qualifier de « populationnelle » au sens où l’enjeu est dorénavant pour les professionnels de s’impliquer dans la prise en charge de la population d’un territoire et non plus de patientèles attitrées.


Du côté… du Centre-Val-de-Loire
La CPTS du Giennois-Berry

Située « dans le Loiret et dans le Cher, elle regroupe 280 professionnels de santé (médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, kinésithérapeutes…), certains installés en maison de santé, d’autres en exercice isolé ou en cabinet de groupe.
Elle s’est donné trois grandes priorités d’action : coordination ville-hôpital, articulation entre le premier et le second recours et réponse à la demande de soins non programmés. Elle conduit également des actions plus transversales pour créer du lien entre les professionnels de santé du territoire et pour promouvoir l’utilisation d’outils de communication communs, comme le dossier médical partagé.


Du côté… de l’Ile-de-France
La CPTS de Paris 13

A Paris, une CPTS couvre le 13ème arrondissement grâce à l’action d’une centaine de professionnels de santé qui travailler ensemble autour d’un projet médical commun allant de la création d’une maison de santé au parcours de santé des personnes migrantes en passant par le programme « Pas de personne âgée dépendante sans médecin traitant » ou encore les automesures tensionnelles assurées par des pharmaciens.
Objectif de la démarche : faciliter l’accès aux soins des patients et améliorer leur parcours de santé, mais aussi renforcer la qualité des soins, développer la prévention, l’éducation à la santé et l’éducation thérapeutique et, surtout, adapter l’offre de soins primaires.