Une micropompe 20 fois plus fine qu’un cheveu au cœur du cerveau

3 questions à Christophe Bernard, neurobiologiste et directeur de recherche INSERM à l’Institut de neurosciences

Qu’est-ce que votre innovation apporte aux patients ?

Un traitement plus efficace pour des maladies comme Parkinson, Alzheimer ou l’épilepsie, dont certaines ne peuvent être soignées aujourd’hui ou le sont avec d’importants effets secondaires. Car les médicaments actuels doivent être absorbés par voie orale à des doses très fortes pour pénétrer dans le cerveau en traversant la paroi des vaisseaux sanguins. Dans d’autres cas, il faut opérer, ce qui reste un acte lourd, voire impossible dans certaines zones du cerveau comme celle du langage ou de la motricité.



Comment fonctionne votre solution ?

Il s’agit d’une micropompe organique implantée directement dans la zone à traiter. Reliée à un boîtier sous claviculaire, elle diffuse le médicament au bon endroit et au bon moment. Faite en carbone et en or, elle est biocompatible, ne mesure que quelques microns, c’est à dire 20 fois moins qu’un cheveu et ne coûte que 0,5 € à fabriquer. Résultat : plus de chirurgie, plus d’effets secondaires et la possibilité d’utiliser des molécules moins puissantes.



Quand pourra-t-on l’utiliser ?

L’essai clinique devrait démarrer d’ici 4 ou 5 ans avec des patients atteints d’épilepsie et pour les-quels il n’y a aucun autre espoir. Rien qu’en France, cela représente 150 000 personnes. Nul doute qu’un industriel sera intéressé.