Discours d’Agnès Buzyn, Inauguration du centre hospitalier de Gonesse, Lundi 25 juin

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le préfet,

Monsieur le sous-préfet,

Monsieur le député, cher Dominique Da Silva,

Monsieur le maire de Gonesse, et président du Conseil de surveillance, cher Jean-Pierre Blazy,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le directeur général adjoint de l’ARS, cher Nicolas Péju,

Madame la directrice du centre hospitalier,

Monsieur le président de la CME,

Mesdames et Messieurs les professionnels de santé, chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Il y a deux ans, presque jour pour jour, votre hôpital ouvrait ses portes, dans de nouveaux locaux, après sept ans de travaux.

Je comprends qu’il ait fallu sept ans, quand je vois l’envergure inouïe de ce que vous avez accompli, avec ce beau bâtiment, on ne peut plus moderne, de 80 000 m2.
600 lits de médecine – chirurgie – obstétrique ont été transférés dans ce nouveau bâtiment de 80 000 m2, les 400 autres lits de psychiatrie et gériatrie restant dans leurs bâtiments actuels.

C’est d’ailleurs, notons-le, une des opérations d’investissement les plus importantes de la région, avec un coût total de plus de 320 millions d’euros, financée avec une aide de l’ARS de 120 millions d’euros.

A ce propos, Monsieur le Maire, j’entends vos craintes quant à la reconversion de l’ancien site de l’hôpital.

-  J’ai demandé à l’ARS d’accompagner la reconversion du site libéré, et je vous promets de suivre ce point de très près.

-  J’ai bien conscience que l’inscription de l’établissement en COPERMO (Comité interministériel de performance) vous préoccupe.

o Je veillerai à ce que cette nouvelle démarche de redressement financière soit parfaitement accompagnée, je serai très attentive au COPERMO.

1. Toutes ces inquiétudes sont légitimes, quand je vois la formidable vocation territoriale de l’hôpital de Gonesse, la façon dont il se distingue par son ouverture sur la ville et son implication locale.

(i) Vous participez activement aux 5 contrats locaux de santé (CLS) de l’Est (avec Gonesse, Garges, Goussainville, Sarcelles et Villiers-le-Bel), et vous avez largement participé à la création du Conseil Local de Santé Mentale, que vous pilotez depuis 2014.

Vous avez également repris la gestion de la Maison des Adolescents ; et vous expérimentez un dispositif de coordination avec les professionnels de ville sur le suivi des patients diabétiques.
A votre façon, vous êtes déjà dans l’expérimentation de fonctionnements innovants.

Cessons en effet d’opposer la médecine de ville et l’hôpital, les établissements publics et privé :

-  pensons plutôt parcours, qualité et pertinence des soins, afin d’améliorer durablement notre système de santé :

o pour mettre fin aux fractures territoriale et numérique ; et pour que la santé rime pleinement avec les solidarités.

(ii) En parlant de coordination avec la ville, rappelons que Gonesse, comme les communes alentours, sont identifiées comme zones d’intervention prioritaire dans le nouveau zonage sur l’offre de soins ambulatoires.

Le virage ambulatoire, vous le savez, est un enjeu décisif.

-  L’hôpital, en effet, a pour vocation de devenir un lieu de prise en charge spécialisée, intégré dans un parcours de soin.
Qui dit virage dit accélération de la chirurgie ambulatoire. C’est une nécessité au regard de notre retard par rapport à d’autres pays :

-  pensons par exemple au Danemark et à la Suède, qui comptent 90% de leurs actes de chirurgie en ambulatoire.

(iii) Vos nouveaux locaux ont par ailleurs permis :

-  d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients ;

-  de réorganiser les services pour :

o fluidifier le parcours du patient,
o augmenter les prises en charge en chirurgie ambulatoire et en hôpital de jour,

o et améliorer le fonctionnement des urgences.

Ces locaux ont également permis :

-  de meilleures conditions de travail des agents ;

-  ainsi qu’un saut technologique avec :

o l’automatisation de certains circuits – je pense par exemple aux « tortues », ces robots qui transportent du matériel entre les différents services et les différents étages ;

o avec la numérisation des échanges d’informations – les infirmiers disposent maintenant d’un petit robot qui prend les constantes du patient et les envoie directement dans le dossier médical ;

o avec la modernisation des équipements et des appareils en biologie et en imagerie.
2. Qui plus est, vous avez intégré le Groupement hospitalier de territoire Plaine de France avec le centre hospitalier de Saint-Denis, et une convention a été signée avec l’AP-HP.

Les GHT sont essentiels à mes yeux, puisqu’ils luttent contre les inégalités sociales et territoriales, et ils contribuent à l’un des domaines d’action de ma stratégie nationale de santé :

-  offrir à chaque Français une santé de qualité, quel que soit son territoire.

Je sais, Monsieur le Maire, que la création du GHT a été un peu longue, et sa phase de rodage n’est pas tout à fait terminée.

-  Les changements prennent parfois du temps, c’est vrai,…
-  …mais le projet médical partagé et le projet de soins ont été bel et bien adopté ; et Nicolas Péju ne me contredira pas, l’ARS a souligné leurs très grandes qualités.

Votre GHT œuvre au bénéfice des patients du territoire, c’est l’essentiel.

Tous les acteurs doivent être réunis pour qu’au fur et à mesure, avec l’implication de chacun, ce GHT soit une réussite.

Je note aussi que les établissements privés de santé, notamment l’Hôpital-Privé-Nord-Parisien pour le Val d’Oise, ont été inclus :

-  dans la définition des besoins de santé du territoire, et plus généralement dans les partenariats.

Je me réjouis de cette coopération avec les établissements privés de santé, car je suis attachée, tout comme vous, à une approche participative et concertée des problèmes de santé publique :

– en favorisant les synergies territoriales, que vous incarnez à merveille.

3. Mais ce n’est pas seulement la ministre de la santé qui est heureuse d’être ici, dans ma première maison, l’hôpital ; c’est aussi la ministre des solidarités.

Votre centre hospitalier est, à mes yeux, parfaitement symbolique des difficultés que connaît votre territoire, et de votre détermination à les surmonter.

Je sais les difficultés socioéconomiques, je sais les indicateurs de santé défavorables qui touchent les 300 000 habitants du territoire Nord-Est du Val d’Oise :

-  avec, au nord, une zone rurale en plein développement démographique, proche de la plateforme aéroportuaire de Roissy ;
-  et, au sud, cette zone urbaine limitrophe de la Seine-Saint-Denis, avec des conditions de vie difficiles, mais aussi avec beaucoup de vitalité, puisque 3 habitants sur 10 ont moins de 25 ans.

Dans ce contexte économique et social particulièrement difficile, votre hôpital est plus que jamais essentiel,

-  puisque, rappelons-le, vous êtes l’opérateur public exclusif de soins du territoire nord-est du Val d’Oise.

Être ministre des Solidarités et de la Santé,

-  c’est, non pas mener deux politiques en parallèle, mais interroger l’une à l’aune de l’autre,

-  puisque toutes deux doivent tenir compte d’une même réalité sociale, celle de notre pays.

Aucun Français ne doit attendre d’être gravement malade pour se soigner,

-  non seulement en raison de notre idéal de solidarité, qui fait l’identité de notre république,

-  mais aussi en raison du coût et de l’inefficacité pour notre Sécurité sociale : c’est pourquoi tout le monde doit pouvoir aller à l’hôpital quand il le faut.

Mesdames, Messieurs,

Les inégalités de destin, comme les inégalités de santé, sont inacceptables.

La détresse des plus fragiles ne touche pas seulement leurs revenus, mais aussi leur santé et leur vie sociale.
Nous le savons, l’accumulation de fragilités dégrade l’estime de soi, la situation morale, affective, la santé de chacun.

Pour répondre à ces enjeux de santé, et de solidarité, que vous affrontez au quotidien, j’ai pleine confiance en vous :

-  pour développer votre art, si délicat, si essentiel, l’art médical,

-  pour concilier la cure et le care, le médical et le social, la science et le soin, la raison et l’affect,

-  en fait, l’humain, dans sa vulnérabilité, et dans sa dignité.

Encore une fois, bravo pour ces magnifiques locaux, que je suis fière d’inaugurer.

Je vous remercie.

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