Les matériaux d’obturation alternatifs aux amalgames dentaires

Hausse du recours aux nouveaux matériaux d’obturation dentaire

En France, les informations recueillies sur l’utilisation des différents matériaux d’obturation montrent une diminution de l’utilisation de l’amalgame au mercure et une augmentation du recours aux matériaux alternatifs. Ces évolutions sont liées à plusieurs facteurs :

- La carie est une pathologie en régression : le nombre moyen de dents cariées par personne, à l’âge de 12 ans, a été pratiquement divisé par 4 ces vingt dernières années ;
- L’importance croissante attachée aux considérations esthétiques par la population entraîne une préférence pour d’autres matériaux d’obturation que l’amalgame ;
- Les progrès constants de la qualité des matériaux alternatifs (notamment les résines composites) permettent d’offrir des solutions de remplacement acceptables, qui seront probablement, à terme, en mesure de remplacer complètement les amalgames.

Les matériaux alternatifs représentent des solutions de substitution efficaces pour le traitement de la carie dentaire dans de nombreuses situations. Ils ont de plus permis de développer des techniques de restauration moins invasives et apporté un avantage esthétique au traitement de la maladie carieuse.

L’utilisation de ces produits nécessite néanmoins une bonne maîtrise technique du praticien et un temps de pause plus long que celui des amalgames. Ils peuvent également s’avérer être plus sensibles aux caries secondaires et peuvent, dans certains cas, durer moins longtemps que les amalgames.

Évaluation des risques sanitaires potentiels des matériaux alternatifs

Comme tout produit contenant des substances chimiques, les matériaux alternatifs sont susceptibles d’engendrer des risques pour la santé humaine. Ils suscitent donc des interrogations sur leurs potentiels effets indésirables.

Ainsi, certains types de résines composites peuvent contenir du bisphénol A (BPA), substance connue pour avoir des propriétés perturbant le système endocrinien (ensemble des glandes qui sécrètent des hormones). Le SCENIHR (Scientific committee on emerging and newly identified health risks), comité scientifique dépendant de la Commission européenne, a évalué la sûreté de l’usage du bisphénol A dans les dispositifs médicaux et conclu que la libération de BPA contenu dans les résines composites donne lieu à un risque négligeable pour la santé humaine.

Compte tenu de leur variété et leur complexité, leur composition exacte est parfois difficile à déterminer et complique leur évaluation toxicologique. De plus, il existe beaucoup moins de données scientifiques sur l’exposition des patients et des professions dentaires aux matériaux alternatifs qu’en ce qui concerne les amalgames dentaires et les conclusions des études menées ne sont pas toujours convergentes.

Il est donc nécessaire de développer davantage la recherche expérimentale, clinique et épidémiologique sur ces produits afin d’assurer la sécurité des patients et des professionnels dans le futur.

Sans minimiser les risques potentiels inhérents à ces produits ni constituer une preuve scientifique de leur innocuité, l’utilisation depuis plus de trente ans des matériaux d’obturation alternatifs à l’amalgame n’a, à ce jour, pas démontré que des effets indésirables récurrents et significatifs pourraient leur être imputés.

→ En l’état actuel des connaissances, il n’est pas établi que les matériaux d’obturation alternatifs à l’amalgame dentaire présentent un risque sérieux pour la santé de la population.

Source :
Direction Générale de la Santé
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Actualisation : mai 2015