Précautions d’emploi des amalgames dentaires

Le mercure

Le mercure est un élément naturel. Les effets sanitaires d’une exposition professionnelle, industrielle, alimentaire ou environnementale ont été, de longue date, étudiés et décrits avec précision.

La toxicité du mercure – sur le système nerveux et sur les reins notamment – est très variable. Elle dépend de :
- la forme de l’élément : mercure métallique, mercure organique ou dérivés minéraux ;
- et des modalités d’exposition : ingestion, inhalation, etc.

Les seuils de toxicité sont bien connus et identifiables, en particulier par la mesure du mercure présent dans le plasma et les urines.

Amalgames dentaires et exposition au mercure

En tant que dispositifs médicaux, les amalgames sont soumis à des exigences essentielles de santé et de sécurité. Ainsi, l’emploi d’une substance dont le potentiel toxique est connu ou présumé, comme le mercure, doit être justifiée au regard du risque inhérent à cette substance et du bénéfice apporté au patient par le dispositif susceptible de la libérer dans le corps.

Les amalgames dentaires libèrent une faible quantité de mercure, dont une partie est absorbée par l’organisme :
- soit sous forme de vapeurs de mercure, principalement au moment de la mise en place de l’amalgame (pose) et de son retrait (dépose) ;
- soit sous forme de particules, libérées et ingérées par usure des amalgames.

Néanmoins, les doses quotidiennes de mercure absorbées par l’organisme sont infimes et très en deçà (8 à 10 fois en dessous) des seuils auxquels des effets toxiques pourraient commencer à être observés. Il est à noter également que certaines prédispositions génétiques peuvent influencer la sensibilité individuelle au mercure.

A ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’a pu mettre en évidence d’effets néfastes des obturations par amalgame sur l’état de santé général des patients. Seules quelques réactions locales et réversibles d’intolérance à l’amalgame ont pu être signalées, mais jamais aucune pathologie avérée dont la cause serait imputable directement à la présence d’amalgames.

L’utilisation des amalgames doit être cependant réservée à des situations cliniques limitées et justifiées, comme la restauration des dents permanentes postérieures (molaires et prémolaires) en cas de prévalence carieuse élevée et de lésions multiples et étendues.

Les risques les plus élevés d’exposition au mercure interviennent lors de la pose ou de la dépose de l’amalgame. Lors de ces actes, des précautions doivent être prises par le praticien afin de protéger le patient, lui-même et son éventuel(le) assistant(e). Sauf situation particulière à évaluer au cas par cas, il n’apparaît donc pas justifié de retirer des amalgames dentaires satisfaisants cliniquement et bien tolérés.

En l’état actuel des connaissances, il n’est pas établi que les amalgames dentaires présentent un risque sérieux pour la santé de la population en général.

Cas particuliers contre-indiquant l’utilisation des amalgames dentaires

L’utilisation des amalgames est contre-indiquée chez les patients ayant des antécédents connus d’allergie au mercure ainsi que, en raison du risque de toxicité sur le rein, chez les patients souffrant de certaines pathologies rénales, en application du principe de précaution.

Il est également nécessaire d’être particulièrement vigilant :

  • chez la femme enceinte ou allaitante :
    • la dépose d’amalgames dentaires doit être évitée
    • la nécessité de la pose d’amalgames dentaires devra être évaluée
    • la présence d’amalgames dentaires ne contre-indique pas l’allaitement maternel

- chez l’enfant : l’utilisation d’amalgames dentaires pour les dents temporaires (« dents de lait ») ne doit s’envisager qu’en toute dernière intention

De plus, le blanchiment dentaire est fortement déconseillé sur les dents obturées par amalgame dentaire.

Protection des professions dentaires contre les risques liés à une exposition au mercure

La manipulation, la pose et la dépose d’amalgames au mercure pouvant être source de libération de vapeurs de mercure, des mesures sont prévues afin de protéger les professionnels dentaires (praticiens, assistants, etc.).

Par décision de police sanitaire du 14 décembre 2000, l’Afssaps (aujourd’hui Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)) a interdit l’importation, la mise sur le marché et l’utilisation des amalgames dentaires non conditionnés sous forme de capsules pré-dosées.

Ce conditionnement permet en effet de réduire les émissions de vapeurs de mercure lors de la préparation de l’amalgame et de standardiser la quantité de mercure ajoutée à l’alliage.

De plus, pour les amalgames mis sur le marché, des informations doivent figurer sur les notices d’instruction concernant notamment les conditions de stockage et d’utilisation des capsules d’amalgames par les professionnels.

Le code du travail prévoit par ailleurs la protection des travailleurs salariés dont l’activité peut comporter des risques pour leur santé et leur sécurité, notamment dans les cas d’interaction avec des substances ou préparations chimiques (art. L.4121-3 du code du travail).

Plus généralement, les dispositions de la directive 98/24/CE du Conseil, du 7avril 1998, concernant la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les risques liés à des agents chimiques sur le lieu de travail visent à protéger les travailleurs exposés des risques liés aux agents chimiques durant leurs activités professionnelles.

Source
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Actualisation : mai 2015