Prévention des risques d’infection associés à l’utilisation des sondes d’échographie endocavitaire

Le ministère de la Santé a régulièrement été interrogé sur les risques d’infection associés à la pratique des examens d’échographie par voie endocavitaire (en particulier transvaginale) et les recommandations en vigueur.

Dans le cadre de la politique de qualité et de sécurité des soins, le ministère a saisi le Haut conseil de la santé publique (HCSP) à 3 reprises (2007, 2008 et 2016) sur le sujet de la désinfection des sondes d’échographie endocavitaire. Ces travaux ont été menés par des groupes de travail multidisciplinaires (associant des experts du HCSP, de l’hygiène hospitalière et des représentants d’usagers).

A l’issue de ces différents travaux, le HCSP a recommandé à trois reprises la pratique suivante : « l’utilisation d’une gaine protégeant un sonde d’échographie endocavitaire, dans le strict respect des recommandations émises dans le rapport du 14 décembre 2007, est une alternative aux procédures de nettoyage et désinfection de niveau intermédiaire telles que recommandées jusqu’alors ».

- Désinfection des sondes à échographie endocavitaire (SEE) (avis du 08/01/2016)
- Avis relatif à la désinfection des sondes à échographie endocavitaire (17/10/2008)
- Gaines de protection à usage unique pour dispositifs médicaux réutilisables : recommandations d’utilisation (rapport, 14 décembre 2007)

Ces recommandations ont été confirmées par la suite par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) en 2008 ainsi que par l’Académie de Médecine (2009). Ces deux rapports ont fait l’objet d’une publication.

Dans le cadre de la surveillance sanitaire, l’InVS a précisé en 2012 qu’il n’a pas été signalé d’épisode avéré de transmission croisée d’agents pathogènes pouvant mettre en cause ces examens. Enfin, on note qu’à ce jour, aucun établissement de santé français n’a rapporté de tels épisodes à travers le dispositif national de signalement des infections nosocomiales depuis 2012.

Par ailleurs, le ministère chargé de la santé a soutenu une étude dans le cadre du programme de recherche sur la performance du système de soins (PREPS), mise en œuvre pour analyser les risques de contamination par les virus de type papillomavirus humains (HPV) lors des examens endocavitaires. Celle-ci n’a pas objectivé de contamination du virus HPV après plus de 2.000 prélèvements réalisés sur sonde nue ou recouverte lors d’examens d’échographie endovaginale. Ces résultats, présentés en juin 2018 au congrès de la SF2H, sont en cours de publication.

Enfin, l’Agence Nationale de sécurité du médicament (ANSM) a également interrogé l’ensemble des fabricants de gaines de protection. L’agence n’a relevé aucun élément relatif à une « non qualité » des gaines.

Le ministère de la santé a rappelé la nécessité de mise en œuvre de ces recommandations dans le cadre d’une instruction diffusée le 10 mai 2016 aux agences régionales de santé (ARS). A ce titre, il est précisé la recommandation suivante : « Nous vous demandons de bien vouloir rappeler aux professionnels de santé pratiquant des échographies endocavitaires l’impératif de respecter les recommandations en vigueur du Haut Conseil de la santé publique aussi bien en établissement de santé que dans le secteur des soins de ville ».
- Consulter l’instruction

Par la suite, la ministre chargée de la santé a confié, par courrier du 20 avril 2017 au président de la Société française d’Hygiène Hospitalière (SF2H), une mission sur la prévention du risque infectieux associé aux actes d’échographie endocavitaire. Dans ce cadre, un groupe de travail a été mis en place et a élaboré, en juin 2018, des fiches techniques sur la désinfection des sondes d’échographie endocavitaire. Ces fiches sont actuellement soumises à la concertation de l’ensemble des sociétés savantes concernées. Les thématiques de ces fiches sont les suivantes :

- fiche 1 : fiche épidémiologique
- fiche 2 : principes du traitement
- fiche 3 : procédés de désinfection semi-automatisés,
- fiche 4 : autres procédés de désinfection
- fiche 5 : maitrise du risque infectieux lors de l’acte
- fiche 6 : bon usage du gel d’échographie
- fiche 7 : mesures de prévention pour les professionnels
- fiche 8 : formation des professionnels et indicateurs de suivi,
- fiche 9 : information des patients.

La fin de la concertation est prévue pour le 20 novembre 2018.